Comment la France profite-t-elle du Franc CFA ?

Comment la France profite-t-elle du Franc CFA ?
jeu. 22 sept. 2022, Investigaction

L’État français a montré, à travers l’histoire de la colonisation, qu’il savait défendre ses intérêts, par tous les moyens, y compris par le recours aux meurtres et aux massacres.

En dépit des discours des dirigeants français et de leurs marionnettes africaines, c’est un fait indéniable que la France trouve son intérêt au maintien du franc CFA. Monsieur le président, vous-même savez bien que les accords monétaires avec les pays africains permettent aux entreprises françaises de jouir d’un statut privilégié dans ces pays, dans lesquels elles occupent les secteurs-clés de l’économie, y compris au Sénégal. Alors quand certains disent que "la France ne gagne rien avec le CFA", on entend la voix des défenseurs de la servitude monétaire, qui cherchent à faire perpétuer celle-ci. Depuis quand a-t-on vu un Etat occidental soutenir une action qui ne soit pas dans ses intérêts ? Mais peut-être que ces agents de la servitude ont oublié la fameuse remarque du général de Gaulle, qui disait que “les États n’ont pas d’amis, ils n’ont que des intérêts”. Et l’État français a montré, à travers l’histoire de la colonisation, qu’il savait défendre ses intérêts, par tous les moyens, y compris par le recours aux meurtres et aux massacres. Alors, dire que la France ne “gagne rien avec le CFA” est une absurdité et une ignorance crasse de la réalité des relations internationales. La France a bel et bien intérêt à garder le franc CFA et à arrimer les économies africaines à la sienne. Surtout dans la situation mondiale actuelle où la France et la vieille Europe cherchent par tous les moyens - exemple, les APE (accords de partenariat économique) - à s’accrocher à l’Afrique comme à une bouée de sauvetage. N’est-ce pas un rapport du Sénat français d'octobre 2013, qui parlait de l'Afrique comme l'avenir de la France ? Et vous-même, Monsieur le président, lors de votre discours devant les ambassadeurs de France réunis à Paris au mois d’août 2017, vous disiez “qu’une bonne partie de l’avenir du monde se joue en Afrique." Ainsi, vous-même confirmez à quel point l’Afrique est importante pour la France. Dès lors, votre discours de Ouagadougou sur le franc CFA ne pouvait pas convaincre grand monde.