Journal Intime (9) : Prise de tête, prise de bec

Journal Intime (9) : Prise de tête, prise de bec
sam. 3 sept. 2022, Journal intime, par Fatima

Enfin les fête de fin d’année. Nous avons pris nos vacances le vingt-deux décembre, le lendemain, direction Thiès. Mon anniversaire c’est le vingt-quatre décembre et hors de question de passer ça à Dakar. Je suis partie avec Phily, elle aussi est de Thiès.

Le monde est petit hein ! Marie est allée à Mbour, Binette était donc la seule du groupe à rester à Dakar puisque sa famille vit là-bas. Ibou aussi est obligé de rester à cause du boulot. J’étais hyper heureuse de me retrouver en famille. Ndiaya et Codou ne cessaient de ma harceler de question sur Claudel et notre vie là-bas. Le vingt-trois décembre au soir bien avant minuit je recevais déjà des « joyeux anniversaires, happy birthday… » lol ! vingt-trois heures cinquante-neuf, Ibou appelle : « Joyeux anniversaire. » -MOI : merci !! Comment t’as su ? -IBOU : mes renseignements généraux toi aussi !! -MOI : ah j’avais oublié, merci c’est gentil ! -IBOU : Ramène ma part de gâteau « Nak ! » -MOI : ok promis -IBOU : on aura l’occasion de fêter ton anniversaire à ton retour j’espère. -MOI : Oui, oui, les filles aussi veulent qu’on fête ça ! -IBOU : ok, à part ça ? Comment ça se passe en famille ? -MOI : ça va tout le monde va bien (y avait ma folle de nièce qui criait à tue-tête « joyeux anniversaire maaaaa » c’est comme ça qu’elle m’appelle.) -IBOU : waouw, c’est qui celle-là ? mdr -MOI : ma nièce, une vraie folle ! Excuse-moi, mais les filles appellent et si je ne les prends pas ça risque de chauffer pour moi, tu les connais. -IBOU : sisi t’as raison ! Tu les salueras de ma part. Je te rappelle demain si ça ne te dérange pas ! Ciao ! -MOI : ok ça marche, ciao ! Allooooooooooo -BINETTE : s’il te plait dis que je suis la première à appeler, stp -MOI : « mbeulé », ton parrain « djitouneuleu » -BINETTE : » wa li tam deug leu ??? Ah beuss !!! » « mom » il ne pouvait pas attendre que j’appelle d’abord !!! pfff, mais bon puisque c’est mon parrain ça revient au même !! « Happy birthday » mon ange !! « All the best Just for u… » je te souhaite pleins de bonheur, santé, paix et surtout, que mon parrain ait enfin le courage de faire le pas, vous serez trop mimis comme couple !! « amiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiine !! » -MOI : attends, c’est à toi ou à moi de dire amine ? -BINETTE : c’est du pareil au même. lol -MOI : t’es malade, bon Phily appelle, donne-moi deux minutes Je réponds à Phily : -PHILY : Ma puce Joyeux anniversaire !! Tout le meilleur « way !!! » -MOI : merci chérie, comment c’est les retrouvailles avec Sarah ? -PHILY : je suis aux anges !! Elle a grandi « yow » et parle comme une « guéwel » je te jure !! Les pas de danse « nak ??? hihihi -MOI: hahahha, Ndèye Guèye et compagnie ont du souci à se faire alors !! Je passerai la voir ces jours-ci avant la fin des vacances. -PHILY : ça je ne te le fait pas dire ! On sentait de la joie dans ses propos, elle était heureuse, heureuse de retrouver sa raison de vire. Marie la dormeuse du val « mom » ne m’a appelé que le lendemain pour me dire qu’elle aurait voulu le faire à minuit mais qu’elle s’était endormie. Comme promis je suis passée voir Phily le vingt-neuf décembre. « Oh my god », elle est tellement mignonne Sarah! Elle appelait Phily par son prénom, pas de maman. Ah les enfants d’aujourd’hui. Toutes les trois avons décidé de faire un tour en ville. Nous étions à la promenade Thiessoise. Ce samedi, il y a avait pas mal de monde, Phily avait Sarah dans ses bras quand un homme s’est approché. « Elle est très mignonne votre fille » -PHILY : merci -LUI à Sarah : Salut toi, tu t’appelles comment ? « Sarah » avait répondu cette dernière en sautillant presque. Eh les mômes d’aujourd’hui, à deux ans on dirait qu’elle en avait cinq. Elle parle on dirait Viviane Ndour ! -LUI en riant: enchanté Sarah. La petite souriait. -LUI : je peux lui faire la bise ? -PHILY: bien sûr ! Il lui fit la bise et Sarah lui tendit ses mains ! « héhéééé ki moy seytané !! pépépé ! » Il l’avait dans ses bras tout en discutant avec nous Alors les Thiessoises, j’aime bien votre ville, c’est calme tout le contraire de Dakar. -MOI : hiii Thiès et Dakar « kay » il n’y a même pas photo. -LUI : vous êtes de Dakar aussi. -MOI : non, non nous sommes de Thiès mais nous sommes étudiantes à l’UCAD. -LUI : ah d’accord !! C’est bien. On discutait lui et moi, Phily elle ne disait rien. A un moment elle a décidé de reprendre Sarah qui était toujours dans les bras de monsieur l’inconnu. La «seytané » n’a pas voulu. Mais c’est sans connaître sa mère. Elle l’a en quelque sorte disons pris de force. -PHILY : bon, nous on s’en va, hein les filles ? -MOI : ok, on peut y aller. -LUI : excusez-moi on ne s’est même pas présentés. Moi c’est Isaac et vous ? Pendant que je me présentais, Phily nous avait déjà tourné le dos. -MOI: c’est Fatima, elle s’est Phily. -ISAC : Ok, apparemment Phily est pressée ! lol ! Bon ce fut un plaisir vraiment. Au revoir. Je partis rejoindre Phily qui m’attendait un peu plus loin avec Sarah. -MOI : Wa Phily c’est quoi ces manières ? Le monsieur voulait juste être gentil ! Ce n’est pas « nice » ta réaction. -PHILY : tant mieux alors ! Que ça soit « nice » ou pas je m’en tape. Nous étions venues passer du bon temps, pas chercher des connaissances. Maintenant que j’y repense c’est vrai que depuis que je connais Phily ça a toujours été comme ça ! Elle peut certes taquiner les autres en ce qui concerne leurs relations, mais elle et les mecs, ce n’est jamais le grand amour. Elle a reçu plusieurs fois des avances à l’école, mais fallait voir la manière avec laquelle elle les envoyait balader. C’est ça aussi le drame quand on vit une déception amoureuse. La confiance disparait. C’était son cas. Le trente et un décembre arriva. Je ne suis pas sortie. En fait je ne suis pas trop fan des virées nocturnes. Du moment qu’il y a à manger et à boire à la maison et que tout le monde est là, la vie est belle pour moi. Comme vous avez pu le devinez, Ibou m’a appelé, nous sommes restés à discuter durant près d’une heure. -MOI : « khana » tu n’as rien de prévu pour ce soir ? -IBOU : pour aller où ? Les sorties ce n’est pas trop mon truc de toute façon... et puis… tu m’as faussé compagnie en me laissant seul ici. -MOI : ooooooh le pauvre chéri… mdr -IBOU : c’est ça moque-toi. Et toi, monsieur ne veux pas sortir ou quoi ? Qui lui a dit que j’ai un monsieur ? -MOI : je n’ai pas de monsieur ! -IBOU qui paraissait heureux d’entendre ça : ah oui ?? pff excuse-moi mais je ne te crois pas. Avec qui est-ce-que tu discutes tout le temps pas sms alors ? -MOI : ma sœur, Codou est un vrai perroquet. Et toi tu as quelqu’une ? -IBOU : non plus, vous les filles vous êtes trop compliquées et imprévisibles. -MOI : et c’est ce qui fait notre charme. Non ? -IBOU : hum, parfois, je dis bien parfois. -MOI : mdr, ok comme tu veux. Retour des fêtes, Je déteste ces moments. Mais bon, j’allais retrouver les filles, c’est déjà ça. -BINETTE une fois que nous étions toutes réunies à Claudel : Allez les filles, racontez, c’était comment vos fêtes ? - MARIE : non toi, tu racontes d’abord, apparemment tu en meurs d’envie. -BINETTE : vous n’imaginez même pas « sakh !! » « Woooouuuu », je l’ai eu, je l’ai trouvé !! Je vous avais bien dit qu’il devait en exister au moins un, c’est fait je l’ai. -MOI : de quoi tu parles « yow ? » -BINETTE : de qui plus tôt devrais-tu dire cocotte. « Wouy sama mignon mom fila yémm!! Teint choco, un mètre quatre-vingt environ, namoul dara!! » Il a fait ses études aux États unis et est revenue récemment s’installer définitivement au Sénégal. Sa famille vit aux Almadies ! Je vous dis que « namoul Dara ! » -PHILY : waouw !! Binette t’as pu savoir tout ça en même pas deux semaines ?? Eh, bien, c’est vrai que t’as pas chômé toi durant les fêtes. -MARIE : Il s’appelle comment, vous vous êtes rencontré où ? Détails « way yow !! » -BINETTE : au duplex ! J’y étais avec Fa. Fa est une de nos voisines de chambres de Claudel. Une vraie « hit girl » comme on dit. On croirait voir Serena van der woodsen. Dès le début elle s’est liée d’amitié avec Binette, disant qu’elle lui plaisait trop, qu’elle a de la classe et savait prendre soin d’elle et se mettre en valeur. Nous c’est à peine si elle nous considérait. -PHILY : donc si je comprends bien tu es allée en soirée au Duplex avec Fa, Binette ? -BINETTE : quoi ? Où est le mal ? Elle me l’a proposé, j’ai accepté. C’est elle qui m’a présenté Don Omar d’ailleurs. Mais je vous dis, un vrai canon. -MARIE : Don Omar, on se croirait dans un film hahahaaa, non Binette t’es unique quoi. -MOI : et vous sortez ensemble ? -BINETTE : je le fais languir encore un peu, mais j’ai peur de ne pas pouvoir lui résister encore longtemps. Vous n’avez pas vu le gars « motakh. » -PHILY : Ma pauvre, j’espère que tu sais où mettre les pieds « rek ». Ce genre de mecs sont pour la plus part des s… alors fais gaffe. -BINETTE un peu frustrée : Phily, je suis une grande fille qui sait ce qu’elle a à faire. Ne te fais pas de soucis pour moi, je gère. -PHILY : ok comme tu veux. Les jours suivants Binette ne cessait de nous bassiner avec son Don je ne sais quoi. Son téléphone kirrr kirrrr !! Elle enchainait les sorties. « Don m’a invité à diner, Don m’a invité à aller à la plage… Don m’a invité à manger une glace…. Don… Don… Don… » Le drame c’est que personne ne pouvait la raisonner sans se prendre une raclée. « Laissez-moi vivre, c’est ma vie, je l’aime… » Elle n’avait même plus de temps pour les études entre ses sorties avec Don et Fa. Elle a raté plusieurs de ses évaluations et nous avons donc décidé de tirer la sonnette d’alarme. Un soir, vers minuit alors qu’elle revenait d’une de ses soirées, nous avons voulu lui parler. -PHILY : Binette, il faut qu’on te parle sérieusement. Depuis quelques temps tu as complètement changé. Tu ne tiens plus en place, sortie sur sortie. Et tu ne rentres qu’à des heures tardives. « Khana » ton Don je ne sais quoi ne sais pas que tu étudies, ou bien tu te crois en vacances ? -MOI : ma grande, n’oublies pas qu’on est là pour les études. Personne ne t’empêche de t’amuser. Mais il y a un temps pour tout. Tu as raté plusieurs de tes évaluations, si tu continues ainsi tu risques de reprendre l’année bêtement. -MARIE : tu peux quand même décaler tes sorties le weekend. Les jours de la semaine tu te concentres sur tes cours. Et puis regarde la manière dont tu t’habilles maintenant. On dirait une « Gaga ». -BINETTE : Vous avez fini ? A mon tour de vous dire mes quatre vérités. Toi d’abord Phily, ce n’est pas parce que t’as été trahie par un mec que tous les autres son pareils, désolée poupée, tu as tiré le mauvais lot, je n’y suis pour rien. Fatima toi « mom », je ne te parle même pas. Normale que tu sois aigrie, tu n’as personne dans ta vie. Le seul mec qui t’aime à peur de te l’annoncer avec tes airs de conservatrices. Marie, mon habillement ce n’est pas tes oignons. Même si je sortais nue, c’est mon corps, j’en fais ce que je veux. -MOI : t’as raison Binette, je suis peut être conservatrice et c’est peut être un défaut à tes yeux, mais moi au moins je ne me donne pas au plus offrant, je connais ma valeur, je ne sers pas de mouchoir à jeter. « Rek » la bagarre éclata. Binette s’est jetée sur moi avant que Phily et Marie ne l’arrête. -PHILY : yow tu as disjonctée ou quoi ? Tu vas la frapper parce qu’elle t’a dit la vérité ? On n’est pas dans l’arène ma pauvre. Binette était comme en transe. Elle insultait tout le monde. Fa, entendant le vacarme Fa a déboulé dans notre chambre. Nos chambres sont côte à côte. -FA : Wa Binette What’s up ?? -BINETTE : ce n’est pas ces envieuses, aigries et méchantes ! -FA : je te l’avais dit ma chérie. Tu ne peux pas avoir que des amies dans la vie. Viens tu vas passer la nuit chez moi avant que quelqu’un ne te tue ici en plein sommeil. Elle nous lançait un de ces regards. Binette la suivit. -MARIE : non mais je rêve ou quoi là ? J’ai toujours cru que ça n’allait pas dans sa tête, elle vient de le confirmer. Nous nous sommes couchées. Demain est un autre jour. Have a Nice night mes loulous.


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