Journal Intime (5) : Provocation

Journal Intime (5) : Provocation
ven. 12 août 2022, Journal intime, par Fatima

Je hais les débuts de semaine !

Je ne suis jamais en forme je ne sais pas pourquoi. Et puis il y a trop de monde à l’arrêt du bus. Deux sont passés mais je n’ai pas pu monter « ndax fess « ! tchiipp. Je suis seule aujourd’hui. Mademoiselle Be fait tout pour qu’on ne sorte pas de la maison ensemble. Devant Tati et Tonton on fait semblant de nous entendre, mais au fond on ne se parle plus depuis la fois où j’ai refusé de la couvrir pour qu’elle sorte. Elle est quand même partie je ne sais pas « nak » comment elle s’y est prise. Bref, le matin c’était juste bonjour, bonjour. Alors en attendant qu’un autre bus passe, un scooter vient se garer à mes pieds. Devinez qui c’est ! -IBOU : Mademoiselle -MOI tout sourire: Monsieur ! -IBOU : dépêche de monter sinon tu seras en retard. Je ne me fais pas prier cette fois-ci. Il était sept heures quarante-cinq et le prof que j’ai à huit heures ne supporte pas les retards. Ibou a raison, le scooter est le meilleur moyen de locomotion dans Dakar. Fallait le voir se faufiler entre les voitures. Sept heures cinquante-huit nous arrivons. Je descends et entame les escaliers en courant. Je n’ai même pas eu le réflexe de dire merci au pauvre qui s’est contenté de me regarder courir en souriant. Sûrement il me prenait pour une folle. J’arrivais dans la salle complètement essoufflée (je ne fais pas de sport « motakh ») et trouve mon groupe de timbrées. -MOI : salut les filles -EN CHOEUR : salut ! -PHILY: « Do bayi tardé yow? » Où t’a passé la nuit pour arriver à cette heure ? Au même moment le prof faisait son entrée et on baisse nos voix. -MOI : je n’arrivais pas à avoir un bus. (J’ai préféré ne pas leur dire que c’est Ibou qui m’a ramené avant que cette folle ne s’écrie encore une fois.) Dix heures, fin du cours, on enchaîne avec un autre jusqu’à midi. Je ne suis pas sortie entre les deux cours. Je suis restée en classe. A midi on décide de se faire une petite virée entre copines à Sandaga histoire de tuer le temps jusqu’à quinze heures, heure du prochain cours. Le marché Sandaga est par excellence celui des étudiantes. Surtout le « roukhou » disquette. Je suis sûre que vous lectrices, savez où c’est lol. Il parait que c’est là où les étudiantes viennent claquer tout leur pognon quand elles reçoivent leurs bourses. Je n’avais que trois milles francs sur moi, j’ai décidé de ne rien acheter. Le shopping ce n’est pas trop mon truc. Jusqu’ici c’est ma maman où ma grande sœur qui se chargeait de ça pour moi. Les autres filles elles ne faisaient que ça. Binette a dû dépenser presque 30 milles je crois. Mais d’où est ce qu’elle sort tout cet argent ? -PHILY : tu n’achètes rien toi Fatima ? -MOI: heuu non je n’ai besoin de rien. Binette rigolait je ne sais pas pourquoi. Soudain mon "call" signale un message … pause déjeuné ??? C’est qui ça ? Je lui demande « c’est qui ? » Il me répond « Dieu ! » J’ai de suite compris qu’il s’agissait d’Ibou. -MOI : Mon Dieu enfin vous donnez signe de votre existence, merci ! J’espère que vous avez entendu toutes mes prières. Mdr -IBOU: mdr !! T’es folle toi ! Tu es où ? -MOI: en ville avec Phily et des copines. Désolée je te fausse compagnie aujourd’hui. -IBOU : ok. Mais prends un déjeuner ok ? Ne reste pas le ventre vide. D’accord ? -MOI: oui papounet -IBOU : cool, sage fille ! lol Mais attends, où est ce qu’il a eu mon numéro « sakh » lui ? Je me posais cette question quand Phily s’adressa à moi. -PHILY: on mange quoi ? -MOI : j’ai envie de mens. J’ai repéré une dame qui vend ça à côté de l’école, on y va si vous voulez. Direction chez la dame. « Thiopp » vite fait et retour à l’école. Dix-neuf heures la fin des cours je rentre chez moi. C’est Be qui vient m’ouvrir la porte. Même pas un salut je vous dis, elle est de suite retournée sur ses pas. « Mofa diaye pagne » !! Non mieux « Kétiakh ! » Je retrouve Tati dans la cuisine. On s’entend bien elle et moi. Elle est très douce je vous jure. « Tati yow » dis-je en lui faisant la bise -TATI : oui ma grande ! Ça a été en cours ? -MOI : ouais comme d’hab « rek. » Tonton est là ? -TATI : Il vient d’arriver il prend sa douche je crois bien. Direction la chambre. Be était confortablement assise sur le lit. Je la salue quand même. Je ne voulais pas que mademoiselle dise que c’est moi qui aie commencé quoi. -MOI : Amina ça va ? Elle fait la sourde et commence à chantonner. Ok là c’est clair. Je pars prendre une douche et faire ma prière. Après je m’installe sur la table de chevet pour réviser mes cours quand je reçois un nouveau message de Ibou -IBOU : « Mba » ton prof ne t’a pas devancé en classe ce matin « rek » ? -MOI : non heureusement. Excuses mois « deh », je ne t’ai même pas remercié. Mais mieux vaut tard que jamais. « Tanks » -LUI : « amoul blem » je comprends. C’était comment avec tes copines aujourd’hui en ville ? -MOI : bien, bien. Au fait, dis-moi, comment t’as eu mon numéro ? Si je me souviens bien je ne te l’ai pas donné -IBOU : mes renseignements généraux. Lol -MOI : hum, ok ! -IBOU : tu fais quoi là ? -MOI : je révise. -IBOU comme s’il avait senti quelque chose : et comment ça va avec la ta famille à Dakar ? -MOI : ça va couci couça ! -IBOU : couci couça ? -MOI: mon oncle se comporte bien avec moi, mais ma folle de cousine me fait la tête. C’est son « blem » -IBOU : que s’est-il passé si je ne suis pas trop indiscret ? -MOI : il m’a demandé un service que je ne peux pas lui rendre alors elle me fait la tête. -IBOU : dommage, mais ça va passer. Ce sont des histoires de filles. -MOI : oui t’inquiète. -IBOU : bon je te laisse réviser. Ciao, ciao -MOI : ciao ! Le lendemain c’était la cérémonie de parrainage à l’école. Les aînés parrainent les nouveaux. C’est par tirage au sort que ça se fait. Je rêvais secrètement de tomber sur Ibou. Mais malheureusement c’est un Alassane, étudiant dans la même classe qu’Ibou que j’ai pris. Un gars cool, drôle, on dirait « saneex ». Devinez qui est tombée sur Ibou, Binette. Eh oui !! Après le tirage il est venu vers nous. -IBOU s’adressant à nous : Mes filleules adorées ! -BINETTE : hé ho, comment ça « mes » ? Tu n’as qu’une seule filleule et c’est moi, ok ? Tout le monde éclata de rire. -IBOU : Oui filleule spéciale, mais admets que je suis un peu votre parrain à vous toutes depuis le début, bien avant le tirage. C’est vrai. C’est lui qui nous informait de tout. Il nous aidait très souvent pour les exos, les exposés. Il nous filait ses cours de l’année dernière. Vraiment très disponible avec nous. -BINETTE : Bon d’accord mais il va falloir que tu marques carrément la différence entre ces trois et moi dans ce cas. -IBOU : comment ? mdr ! -BINETTE : bah, par exemple, moi tu m’appelleras filleule adorée de moi et elles, filleule tout court. A prendre ou à laisser, dit-elle d’un ton de chef. -IBOU : d’accord filleule de moi « adorissimo », t’es contente ? -BINETTE : aux anges même !! mdr !! Ce jour-là on a déjeuné ensemble tous les cinq. Nous sommes retournés dans le fameux restaurant de Ibou avec l’idiote vous vous souvenez ? Heureusement elle n’était pas là ce jour-là. Ibou passa les commandes. -IBOU : alors les filles, vous vous plaisez à l’école ? -PHILY : “école bi kay patiakh ladef” Moi j’adore, c’est trop cool. -MARIE: « Mane deh » si on pouvait décaler les cours de huit heures jusqu’à neuf heures ce serait vraiment bien. (J’ai oublié de vous dire que c’est une vraie dormeuse celle-là. On dirait qu’elle a été piquée par la mouche Tsé Tsé. Lol. Même en classe elle pique un « som » devant tout le monde. Un des gars de la classe l’a une fois surnommée la dormeuse du val ! mdr) -BINETTE : moi je ne me plains pas trop. A part que je pense que l’on devrait rénover l’école, donner un peu de vie dans les salles. Des tableaux d’art par exemple ou des trucs comme ça ! C’est trop terne, flippant à la limite. Moi je ne disais rien. J’étais plongée dans mes pensées Ce qui n’a pas échappé à Ibou -IBOU : et toi Fatima ? -MOI : tout va dans le meilleur des mondes pour moi. Il avait senti dans ma réponse que ça n’allait pas trop. C’est vrai, je repensais à ce que ma cousine m’a fait hier soir. Au moment d’aller dormir elle a appelé son Papa. -BE : Paaaaaaaaaaaaa tu peux venir dans la chambre s'il te plaît ? Il accourut « ndeysan » -PA : qu’est ce qui se passe ? -BE : j’ai envie que tu me fasses un bisou au front pour que je puisse dormir tranquillement. (Elle était déjà au lit, moi sur la table de chevet.) -PA : tu ne grandiras donc jamais toi. -BE d’un ton de fillette de cinq ans: s’il te plaît papaaaaaaaa, juste un bisou. Son père s’avance et lui fit pleins de bisous sur le front et se retourna pour sortir. Une fois à la porte il lança : bonne nuit ma chérie. Je ne sais pas à qui été destinée cette phrase. Dès qu’il referma la porte, Be se mit à rigoler. -BE : aaahhhh que c’est bon d’avoir un papa qui vous adore plus que tout ! Je dormirai comme un bébé ce soir. Dès qu’elle prononça cette phrase des larmes perlèrent sur mes joues. J’avais mal, très mal. Cette scène m’a rappelé à quel point ma famille, mon, père me manquait. Il est décédé quand j’avais six ans, je ne l’ai pas connu. Ma mère se trouve à 70 kilomètres de moi. Et mon oncle, par son geste vient de démontrer clairement qu’il n’a qu’une seule fille et elle était couchée sur le lit. Je me suis retournée pour pas que Be voit mes larmes. Au même moment mon téléphone sonne. Devinez qui m’appelle, ma maman. L’instinct maternel existe donc. Je me dirige vers la salle de bain pour prendre l’appel. -MOI : allô, ma. -NDIAYA : comment va mon bébé ? -MOI : je vais bien. (D’habitude je criais au téléphone quand je lui parle mais là ma voix était toute triste, c’était plus fort que moi. Et elle le senti.) -NDIAYA : qu’est ce qui se passe ? ca va pas, t’a pleuré ? -MOI : mais non, je suis juste fatiguée, j’ai terminé mes cours tard aujourd’hui. -NDIAYA : t’es sûr ? Je te sens toute triste. -MOI : je ne suis pas triste je t’assure, promis tout va bien. Et toi, et les daltons ? (mes frères ils sont au nombre de trois et adorent s’appeler ainsi.) -NDIAYA : ils sont là « deh », je vais bientôt en tuer un si ça continue. Plus terrible qu’eux tu meurs. Je ne fais que crier. Ton oncle est prêt de toi j’aimerai le saluer. (hum, qu’elle ne compte pas sur moi, je n’en avais pas envie.) -MOI : non il est déjà au lit je crois. Je lui dirai demain que tu as appelé. -NDIAYA : ok, bisous, bisous, bisous, que mes prières t’accompagnent. Je t’adore mon bébé ! -MOI en pleurs, je n’ai pas pu m’en empêche : Je t’aime ma, je t’aime. Bisouuuuu. Je me suis préparée et direction le lit. La folle n’était pas encore endormie ? Je fais comme s’il n’y avait personne à côté de moi. Je laisse la lampe comme ça, « ma Tèye ». Après avoir rouspété elle se lève pour aller l’éteindre. Revenons au resto « nak » ! mdr ! Ibou ne cessait de me regarder bizarrement durant tout le déjeuner. Il n’y avait pas cours l’après-midi donc chacune est rentrée direct chez elle. Enfin je pense. Phily et moi prenons le même bus mais elle descend avant moi. Dès que je descends du bus je reçois un message d’Ibou « Qu’est ce qui ne va pas ? » -MOI : tout va bien. -IBOU : c’est ça et moi je suis le roi d’Espagne. Je sais que c’est faux arrête ! Tu étais toute triste tout à l’heure au resto. Tu veux en parler ? -MOI : laisse tomber. Il ne m’a pas répondu. Je suis arrivée à la maison et me décide d’aider Tati à préparer le dîner. Je voulais m’occuper un peu quoi, me changer les idées. C’était cool. Après le dîner je retourne dans la chambre où Be avait mis la musique à fond. Il fallait que je révise et je ne peux le faire dans ce vacarme. Je me décide alors à lui dire de baisser un peu le volume si elle ne peut pas mettre ses écouteurs. -BE : et puis quoi encore ? Je te signale que c’est ma chambre ici. Tu n’as pas d’ordre à me donner. -MOI: c’est ta chambre certes, mais on la partage donc… -BE : j’ai dit que je ne baisserai pas le son. Si ça te dérange vas voir ailleurs. Non mais tu te prends pour qui espèce que « comon town » pour me donner des ordres, normal t’es qu’une pauvre villageoise, pffffff ! « Rek » je lui envoie une gifle paaaafff ! Je n’ai pas pu me retenir. Faillait voir ses yeux, elle était à la fois surprise et apeurée. Elle se mit alors à crier à tu tête comme une siphonnée. Son père accourut -PA : qu’est ce qui se passe ici. Je me tenais à l’écart à côté de la table de chevet. Je savais que je venais de tomber dans son piège. -BE en pleurs : elle m’a frappé Pa, elle m’a frappé ! -PA : comment ça frappé ? Fatima tu l’as touché, qu’est ce qui s’est passé ? Avant que je n’ouvre la bouche Be entame « J’étais là en train d’écouter de la musique quand elle est venue me trouver et m’a demandé d’éteindre. Le temps que je m’exécute elle me gifle et se met à me rouer de coups en m’insultant de mère. Regarde papa (en lui tendant sa joue) regarde. Patissankana ??? Ladjilaaaaaaaaaaa ??? Eh Allah ! Non mais je n’y crois pas. Quelle menteuse. Comment est-ce qu’elle peut se permettre ? Mon oncle me fusilla du regard. Il ne m’a même pas laissé m’expliquer. -PA: mais qu’est ce qui t’as pris Fatima ? Tu te prends pour qui ? Tu es folle de la frapper ? Est-ce que depuis que tu es là tu m’as vu lever la main sur quiconque dans cette maison. Que je ne t’y reprenne plus. Est-ce que c’est clair ? Tu es de deux ans son ainée, au lieu de la considérer comme ta petite sœur tu te permets de la frapper. (Mes larmes coulaient à flot en ce moment. Les paroles de mon oncle étaient comme des balles de fusil. Je tombais des nues. Je fixais Be qui me faisait un sourire coquin. Je ne me souviens même pas des dernières paroles de mon oncle. Je fixais toujours le visage d’ange de cette gamine de dix-huit ans à peine qui maîtrisait à merveille l’art de faire semblant. Je fixais Be et je me revoyais chez moi à Thiès, dans ma grande maison où il y a toujours des chambres inhabitées, tellement c’est grand. Elle a raison, c’est sa chambre. Elle a raison, elle est sur son territoire. Elle a raison, c’est Son Papa. Je ne suis rien ici. ) Mon oncle sortit et claqua la porte. Je restais seule avec cette fille que je ne reconnaissais pas. Elle jubilait. Elle riait, je pleurais. Je n’arrivais pas à détourner mon regard d’elle. J’étais comme hypnotisée. Quand je repris mes esprits je partis me débarbouiller et rejoignis le lit. Je continuais à pleurer. Au même moment Ibou appelle. Je rejette l’appel une fois, deux fois, trois fois je décroche avant de lui crier dessus. « Tu ne peux pas me foutre la paix toi. Fais chier « way ». «Tchiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiip» avant de raccrocher. Il n’a pas rappelé. Le lendemain j’ai quitté la maison très tôt. Je suis arrivée à l’école à sept heures dix. J’étais dans mon coin, en repensant à ce qui s’était passé la veille je recommence à pleurer. Je me précipite pour sécher mes larmes. Des étudiants venaient d’entrer. Bonjour Fatima ! T’es matinale aujourd’hui. -MOI : Bonjour. Je n’ai rien suivi du cours de huit heures et dix heures. J’étais ailleurs. A midi, pas de nouvelles de Ibou. D’habitude il m’envoie un texto à cette heure pour voir si j’ai mangé ou pas. Mais c’est à Binette qu’il s’adresse cette-fois. -BINETTE : Fatima, pourquoi mon parrain de moi me demande de tes nouvelles, « Khana » il n’a plus ton numéro ? -MOI: je ne sais pas. Qu’est-ce qu’il dit ? Binette me montre le texto « salut filleule de moi, comment va ? Est-ce que Fatima est venue en cours aujourd’hui ? Est ce qu’elle va bien ? » J’étais mal à l’aise. Je venais de me rendre compte de la boulette que j’ai faite hier soir. -MOI : laisse tomber je lui envoie un texto. A ibou : « Fatima va bien, t’aurais dû lui demander directement. -IBOU : pour qu’elle m’envoie encore chier ? -MOI : excuse-moi. Je ne sais pas ce qui m’a pris. -IBOU : il faut qu’on se voie. Je peux passer chez toi après tes cours ? -MOI : oh non, mon oncle est trop compliqué laisse tomber. -IBOU : d’accord alors à la fin des cours fait moi signe je passe te prendre. -MOI : on va où ? -IBOU : tu verras. Dix-sept heures, fin des cours, Ibou est à l’entrée de l’école. Entre temps je me suis confiée aux filles. Elles étaient tout feu, tout flamme. Binette dit que « dama niak fayda ! » Pourquoi tu t’es laissé faire? « Ay » si c’était moi ? héhéééééééé, j’allais la chicoter bien bon au point qu’elle n’aurait même pas la force d’appeler son père. » -PHILY : donne-moi l’adresse de son école j’envoie mon gang lui casser la gueule à celle-là. Marie elle m’a prise dans ses bras, je recommençais à pleurer (dama beuri larmes deh. Mdr) Ibou m’a amené à la mosquée de la divinité, vous voyez ces rochers, c’était son endroit préféré. Il dit qu’il y va souvent quand il a envie d’être seul. En route il a acheté des chips et des boissons. -IBOU : qu’est ce qui s’est passé hier. Si tu vois que je ne t’ai rien dis après que tu m’aies envoyé balader c’est parce que je savais que ça n’allait pas. S’il te plaît dis-moi ce qui se passe tu me fais peur à la fin. Là je recommence mes pleures. Il était désemparé le pauvre. Il ne savait plus comment s’y prendre. Moi je mettais mes deux mains sur mon visage et je pleurais carrément. Il m’a laissé faire en me prenant dans ses bras. Après une bonne dose de pleures, je me ressaisis et lui raconte l’histoire. Il ne disait rien et me laissait parler. Quand je finis il me dit. -IBOU : Ne la suit pas sur son terrain. Ignore-là. Ton oncle sera toujours ton oncle, tu as bien fait de ne pas lui répondre. Continues de bien te comporter avec tout le monde là-bas. « Lou méti Yagoul ». Je suis là, tu peux me joindre à n’importe quelle heure ne te gènes surtout pas. Et si ça continue je pense que le mieux serait que tu codifies et que tu viennes vivre à Claudel, si tes parents sont d’accord bien sûr. Maintenant arrêtes de te prendre la tête, cela peut affecter tes études tu sais. Il a le don de m’apaiser ce mec. Vers dix-neuf heures j’ai pris un taxi et je suis rentrée. En cours de route je repensais aux réactions des filles et d’Ibou. Certes Ibou a raison, je dois la zapper, mais « Tamit », pas avant que je n’ai pris ma revanche. Oh non, elle n’allait pas s’en sortir aussi facilement. Quand je suis arrivée Tati m’appelle dans sa chambre. Elle paraissait gênée, male à l’aise. -MOI : Tati qu’est-ce qui se passe ? -TATI : heeuuu, ton oncle demande que tu ramènes tes affaires dans ma chambre. Désormais tu vas dormir avec moi. Attends, je rêve ou quoi ? -MOI : ok. La chambre de Tati était la chambre d’une bonne typique. Un petit lit d’une place, pas d’armoire, elle avait ses affaires dans un sac, pas de salle de bain. Genre un débarras quoi. Je suis retournée dans la chambre de Be pour faire ma valise. Elle était au téléphone quand j’entre. En me voyant, elle me fit un de ces « xélou », je n’avais qu’une envie en ce moment c’était lui sauter dessus et la rouer de coups. Mais j’ai mieux comme plan dans ma tête. Je ne suivrai pas les conseils d’Ibou. Il faut que celle-là sache de quel bois je me chauffe ! -BE au phone: je te jure chou, heu attends il y a des microbes qui viennent d’entrer dans ma chambre, je désinfecte après je te rappelle. Elle raccrocha. Au même moment, je vidais mon armoire dans mon sac de voyage. Elle s’avança vers moi. -BE : alors cocotte, on déménage ?? hahaha, bon séjour chez Tati. Remarque, papa ne pouvez pas trouver meilleure place pour toi, vous appartenez au même monde. Il fallait que je garde mon calme, il le fallait pour pouvoir mettre mon plan à exécution. J’ai donc passé la nuit chez Tati. Qui n’a pas vécu ce genre de misère à Dakar. Où les gens pensent que nous qui venons des régions ne valons absolument rien. Mais ma chère Be, j’ai perdu une Bataille, PAS LA GUERRE ! Ps: Caprice, « today mom » tu ne diras pas que c'est court. Mouah!


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