Journal Intime (4) : Escapade

Journal Intime (4) : Escapade
mar. 9 août 2022, Journal intime, par Fatima

Les choses suivent leurs cours normal. Déjà deux semaines de cours. Je commence à me faire de nouveaux amis.

Dans ma classe et dans les autres promotions. Notre groupe à Phily et moi s'est agrandi. Deux autres filles de notre promotion sont souvent avec nous ces temps-ci. On s’entend plutôt bien. Marie et Binette elles s’appellent. Bon je vous brosse leur portrait vite fait. Marie Sène est sérère, une fervente chrétienne. Elle habite Mbour mais vit à Dakar avec son frère. Plutôt belle fille, joviale, tête en l’air même. Elle est spontanée, dit ce qu’elle pense sans se soucier des dégâts que ça peut faire. La langue de bois elle ne connaît pas. Mdr !! Binette mom c’est une autre affaire. C’est moi qui traitais Phily de "eupeul" ? je retire mes propos. Avec Binette, n’y a pas photo. Chiiiiiiiiiiiiiii, une vraie gaga je vous dis. Teint noir, très belle machallah, un peu élancée. Elle prend le monde pour un royaume dont elle est la reine et nous ses sujets. Je me souviens que la première fois qu’on l’a remarqué en classe Phily et moi l’avions surnommé Cléopâtre. Elle ne passe jamais inaperçue. Ses déhanchements, ses airs de grande dame, sa façon de s’exprimer… il faut avouer qu’elle a de la classe "nak", vraiment. Presque tous les mecs de l’établissement rêvent de l’avoir. Des avances elle en reçoit tous les jours je vous dis. A première vue on se dit qu’elle doit avoir plus d’un copain et que ce sont des hommes pleins aux as et beau comme des dieux. Mais en réalité Binette est encore en quête de l’homme parfait. Eh oui. Pas question pour elle de sortir avec un étudiant. « Un cas social "mom" je n’en veux pas ! Que vais-je faire d’un étudiant, touche du bois. Ils ne savent pas prendre soin d’une femme, ne sont pas galants et n’ont que leur bourse qu’ils sont obligés de se partager avec leurs familles. » A-t-elle l’habitude de dire. Coté famille les choses commencent à se gâter avec ma folle de cousine. Be "dal" veut faire de moi sa couverture pour ses escapades nocturnes. Je l’ai accepté une fois et la deuxième j’ai refusé. Ce qui l’a mise dans tous ses états. Résultats des courses, elle a décidé de me pourrir la vie. "Walay" c’est qu’elle ne me connaît pas. Méfies-toi de l’eau qui dort dit l’adage. Je vous raconte. Durant le premier semestre je ne fais pas cours le samedi. Be revient de l’école vers midi et me trouve dans la chambre en train d’écrire dans mon journal intime. Comme d’habitude elle déboule sans frapper à la porte. -BE : Hey baby girl ! -MOI : lol ! Alors aujourd’hui je suis ta « baby girl ? » c’est bien ! -BE : "Wakhouma lolou" attends (elle s’en va refermer la porte et revient s’asseoir sur le lit avec moi.) Faut que tu m’aides pour ce soir. -MOI : ce soir ? Y a quoi ce soir ? -BE : j’ai un rencard avec Moh, on doit se rendre ensemble à une Party qu’organise un de ses potes chez lui aux Almadies. -MOI : Et…… (Comme si je sentais ce qui allait suivre.) -BE : Et…. J’aimerai m’y rendre -MOI : je ne vois toujours pas ce que j’ai à voir dans l’affaire. Où est le problème. Vas demander la permission à Tonton. -BE : t’es folle ou quoi ? Il ne me laissera jamais y aller. Il n’aime pas que je sorte la nuit. La seule fois qu’il m’a laissé sortir c’était pour aller à une matinée qui devait se terminer à vingt-deux heures. Figures toi qu’à vingt et une heure quarante-cinq, il est venu se poster devant la maison où se tenait la fête et à vingt-deux heures pile il me fait savoir qu’il est dehors, que si je ne sors pas il vient me chercher. J’ai un peu traîné et il est entré. Il a surpris un couple à l’entrée en train de se bécoter et pense que c’est ce que j’étais venue faire là-bas. Même si c’est vrai. Depuis plus de sortie le soir. -MOI : il a raison d’une part. Be excuse-moi d’être franche mais t’as pas de très bonnes fréquentations. Toutes tes copines se comportent comme des personnages de Gossip girl. Les histoires que tu me racontes sur elles en disent long sur leurs personnalités. -BE : "chiiiii boy" ne me fais pas la morale, "diap si rek" ! -MOI : tu veux que je fasse quoi concrètement ? -BE : voilà…. j’aimerai que tu m’aides. La porte principale de la maison ne s’ouvre pas de l’extérieur mais de l’intérieur. Je vais prendre en catimini la clé que détient Tati et te la donner. Une fois que je serai de retour je te fais signe et tu m’ouvres. -MOI : héhéééééééééééé, on dirait un film que tu me racontes." Wa yow" est ce que tout va bien dans ta tête ? -BE : s'il te plaît Timita (elle m’appelle comme ça) stppppppppp et me prend mes deux mains. -MOI : Be je ne peux pas excuse-moi. Si jamais tonton nous attrape je ne vaudrai plus rien à ses yeux. Je ne peux pas. Là elle fait la mine triste, je n’arrive pas à supporter qu’elle soit ainsi et je fini par abdiquer. -MOI : c’est la première et la dernière fois. Est-ce que je suis claire là-dessus ? Elle n’a même pas le temps de me répondre, me saute au coup et commence à me donner des bisous. Une vraie folle. -BE : je t’adore je t’adore je t’adore. La journée se passa normalement. Après le dîner c’était séance cinéma puisqu’il n’y a pas cours le lendemain. Vers vingt-deux heures je décide de me retirer dans notre chambre. Be m’y retrouve. -MOI : ça tombe bien viens on répète le scénario. Alors à minuit, Tonton devrait être au lit et Tati aussi. Tu t’en vas. Je mets mon réveil à quatre heure pile. Si tu ne donnes pas signe de vie, sois sûr que tu seras dehors au petit matin. Clair ??? -BE : Oui chef de gang ! "ya aye deh"!! mdr ! Ok ça marche. A minuit comme prévu elle s’en alla. Tonton et Tati étaient déjà dans les bras de Morphée "ndeysan". "Mane" je n’arrivais pas à fermer l’œil. Je venais de regretter ce que j’ai fait. Je n’aurai jamais dû accepter d’entrer dans son jeu. Et si Tonton se réveille et demande après elle ? Et si elle faisait un choc ? Et si elle se faisait violer ou tuer là-bas ? Et si et si… je flippais grave. Trois heures trente je la bipe histoire de lui rappeler que l’heure du couvre-feu approche. trois heures quarante-cinq, rien, trois heures cinquante, toujours pas de mademoiselle Be. Quatre heures ! "rek" je l’appelle. -MOI : qu’est-ce qu’on s’était dit ? Tu es où toi ? -BE : hééé pas la peine de me crier dessus j’arrive "way" ! J’étais excédée, non mais elle s’est bien foutue de moi celle-là. Attend qu’elle revienne ici. Ce n’est que vers quatre heures trente qu’elle m’envoya un texto pour me dire qu’elle était devant la porte. Je saute du lit, ouvre la porte de la chambre et me dirigea vers la porte de la véranda. Je ne portais pas de chaussures de peur de faire du bruit. Dès que je touche à cette porte, j’entends celle de la chambre de mon oncle s’ouvrir. "Wouy sama tey ma deh", "rek" je fis demi-tour direction ma chambre en courant carrément. "Yi" cent mètres !!! péééé ! J’arrive dans la chambre je referme la porte et même pas 2 minutes mon oncle frappe. Toc toc toc. -MOI complètement perdue : c’est qui ? -TONTON : Fatima, c’est toi qui étais dans le couloir tout à l’heure ? J’ai entendu un bruit et la porte de la chambre de Tati est fermée. -MOI ne sachant quoi répondre : heuuuuu, non non ce n’est pas moi. -LUI : ah, excuses moi de t’avoir réveillé je croyais avoir entendu du bruit à la porte. Amina dort elle ? -MOI en bégayant : oui elle dort. -LUI un peu hésitant : ok C’est foutu nak, c’est pourri gâté complétement. Au même moment cette écervelée m’appelle. Je décroche -MOI: quoiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii ! -BE : yow qu’est-ce que t’attends pour m’ouvrir la porte ? Je suis là depuis bientôt dix minutes. MOI: Sakh fa garab ! Ton père a failli me chopper en train d’ouvrir la porte de la véranda. -BE : "Wouy sama" c’est fermé ? D’habitude il laisse ça comme ça. Pourquoi il l’a fermé ce soir ? -MOI : ne m’emmerde pas ! essaie de trouver une solution parce que là il est réveillé c’est sûr. -BE : je suis dans la voiture de Moh. Timita s'il te plaît ressaie s'il te plaît il ne t’attrapera pas, s'il te plaît. S’il apprend que je suis dehors à cette heure je suis foutue. -MOI : attends "yow" tu me prends pour une idiote ou quoi ?? Je te dis qu’il est réveillé. La seule solution c’est d’attendre qu’il parte à la mosquée pour la prière du Fadjr. -BE : et moi je fais quoi pendant ce temps ? -MOI : tu meurs et tu ressuscites, merde "way" ! Mdr, j’étais hyper énervée quoi, je n’ai pas pu m’empêcher de lui raccrocher le call au nez. C’est bien fait pour moi. Vers cinq heures trente, j’entends mon oncle déambuler dans la maison. J’envoie un texto à l’autre idiote pour lui dire qu’il s’en irait d’un moment à l’autre. Je ne sais même pas où elle était entre temps. Je m’en fous. Elle me répond que Moh l’a amené chez lui et qu’elle se mettait en route. A peine 2 minutes après que mon oncle soit partie, elle me fit signe et j’allais lui ouvrir. Y’avait son immature de copain qui me faisait un signe de la main, je ne lui ai même pas répondu. Je suis retournée à l’intérieur. Elle entra. -BE : Hiiii j’ai eu chaud ! -MOI complètement ahuri qu’elle n’ait pensé qu’à elle : et moi ? "xamna" je n’ai pas eu chaud ! C’est la dernière fois que tu m’entraînes dans tes combines. C’est fini "diouli toubab". Idiote que t’es. -BE : hé arrêtes de m’insulter "now", ok, je m’excuse. Sans le faire exprès on haussait le ton. A un tel point que Tati se réveilla et tapa à notre porte. -TATI : qu’est ce qui se passe vous deux ? On vous entend crier dans tout le quartier. -BE surprise : rien je lui donne une bonne fessée mdr ! -TATI : non mais vous avez vu l’heure ? Je suis retournée me coucher direct. Cette fois je peux dormir. Quelques semaines plus tard mademoiselle veut récidiver. J’ai dit niet. Ce qui ne lui a pas plus. Iran Irak démarra "nak" !! A vos armes !!


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