Journal Intime (3) : De mieux en mieux !

Journal Intime (3) : De mieux en mieux !
sam. 6 août 2022, Journal intime, par Fatima

De retour à la maison vers midi. Eh oui, je suis du genre à renter direct après les cours, pas de Takhawlou quoi. Alors vers 13 heures je suis à la maison.

Coucou Tati Tati : coucou ma grande, comment c’était ta première journée ? Moi : Ouuuh, ne m’en parle pas. Lol Tati : Ok. Le déjeuner est bientôt prêt. Tu vas devoir manger seule. Amina et Jules passent la journée à l’école. Moi : Ok. Je mange avec toi alors. Tati avec un sourire : si tu veux. Après le déjeuner j’ai fait une sieste. J’ai été réveillée par Be qui déboulait dans la chambre. (Non qui vrai Blair Waldorf leu quoi ! c’est sa chambre certes mais quand même !!) Elle : Je ne t’ai pas réveillé j’espère ? Évidemment que si idiote, vu le bruit que tu viens de faire. Mais puisque je suis bien éduquée, je lui fais signe que non de la tête. Elle se jette sur le lit en criant GRRRRRRRRRR (Faut croire qu’elle a un blem celle-là.) Moi : Qu’est-ce que t’ as ? Be : C’est cette Pim bêche là, cette idiote, non mais elle se prend pour qui S…. Moi un peu choquée : Ouh lààà, de qui tu parles ? Be : Nanoushh, une peste qui tourne autour de Mon mec. Mais attend que lui règle son compte. Non mais t’imagine, je les i surpris en train de bécoter tout à l’heure. Moi : ok. Et au lieu d’en vouloir à ton mec, tu lui en veux à elle ? Elle n’est pas la seule fautive je crois. Be : non c’est elle qui cherche Moh (c’est le nom de son petit ami) Moi : Bon attends, je fais la prière du crépuscule et après tu me racontes toute l’histoire. Be : hum, pieuse ? C’est bien. Moi : quoi ? Tu ne pries pas toi ? Be : sisi de temps à autres rek. (Et puis elle se permet de rigoler c’est grave.) Moi : ok. Bon pour être honnête je suis pieuse certes, mais aussi le coup de la prière c’était un prétexte pour ne pas l’écouter me raconter ses histoires de petite fille pourrie gâtée quoi. Après la prière, diner, puis comme d’habitude, dodo. Cette nuit encore j’ai du mal à fermer l’œil. Mes pensées ne vont pas cette fois-ci vers ma famille, mais bizarrement vers Ibou. Oui. Son visage, son sourire m’était resté gravé dans la tête. Il est un peu plus grand que moi, teint noir, assez mignon, mais pas le beau gosse parfait quoi. Sans le faire exprès je souriais bêtement en répétant son prénom. Ibou. Depuis le jour de l’amphi de rentrée je ne l’ai plus revu d’ailleurs, alors que j’en mourrais d’envie. Un jour, alors que j’étais à la bibliothèque, quelqu’un vient se mettre derrière moi et mis ses mains sur mes yeux. Moi : qui est-ce ? Aveu : j’ai de suite compris que c’était lui. Comment ? Aller savoir. Mon cœur battait à tout rompre. Lui : Dieu dit-il en riant. Aaaaaaah ce rire. Le son de sa voix me transportait je vous dis. Il enleva ses mains et me fit pivoter. J’étais là, face à lui. On était assez près l’un de l’autre. Je souriais bêtement. Maintenant que j’y pense. Moi : toi là t’as complétement disparu depuis l’autre jour. Lui : c’est vrai qu’on n’a pas eu l’occasion de se revoir. En fait j’étais absent ces derniers jours. Moi : hum, c’est trop tôt pour faire l’école buissonnière. Lui : lol, non en fait j’étais hors de Dakar pour le boulot. Moi : tu travailles ? Lui : oui. J’essaie d’allier les deux mais j’avoue que ce n’est pas évident. Moi : j’imagine Lui : alors t’a fini tes cours normalement pour le matin non ? Qu’est-ce que tu fais à la bibliothèque, tu ne rentres pas ? Moi : non je passe la journée ici. C’est mieux que de rentrer et de revenir l’après-midi. J’ai cours à 15 heures. Lui : Ok, j’imagine que tu n’as pas encore déjeuné. Moi : je vais m’acheter un sandwich après je n’ai pas trop faim. (Walay c’est faux. Je mourrais de faim. Mais je ne pouvais pas me permettre d’aller avec mes camarades de promo dans les restos de la ville où il faut casquer des milliers de francs pour déjeuner. Un sandwich de 600 rek wala un biscream de 250 fera l’affaire. Vous me direz, pourquoi tu ne vas pas au resto de l’université. J’y suis allée une fois. Dotoul niare. Je me suis donnée en spectacle je ne vous dis pas. Bon je vous raconte. C’était pour le petit déjeuner. J’y étais avec Phily. Nous sommes les deux seules filles d’ailleurs de ma classe à y aller. Nous sommes les have not du groupe quoi (mdr). Il y avait une longue, longue, très longue mais alors très longue queue. Après près de 30 minutes nous voici à l’intérieur. J’étais devant Phily. Arrivée la serveuse qui avait la tête d’une déterrée me regardait bizarrement. Je me mis devant elle attendant qu’elle me donne un plat. Ndékétéyooo, je devais prendre un plat à l’entrée. Loumaci xam (qu’est-ce que j’en sais ?) alors elle me fixe dans les yeux avant de me dire : tu veux que je mette le riz dans tes mains ou tes poches peuvent être ? Phily pouffa de rire. La peste m’a laissé faire, en me retournant je la vis avec son plat. Comprenant que j’étais hyper mal à l’aise, elle me tendit son plat et décide d’aller s’en chercher un autre. La dame me mit une poignée de riz, un semblant de sauce (lol) et je partis m’asseoir. J’avais l’impression que tous les regards se posaient sur moi. Phily : Chiii boy tu m’as tué je te jure. Moi : ce n’est pas gentil ce que t’a fait. T’aurais pu me prévenir quand même. Phily : ne sois pas fâchée voyons, wa excuses moi, mais bilay j’ai rigolé. Je n’ai pas touché à mon plat, tout ce que je voulais c’était sortir de ce resto bondé de monde. Bon revenons à nos moutons. Vous vous imaginez que je n’ai pas raconté ça à Ibou quand même. Lui : pas question de te laisser manger un sandwich, allez suis moi, je t’invite. Mais à propos, où es ta protectrice ? lol Phily c’est ça ? Moi : oui c’est ça. Elle n’est pas venue aujourd’hui. Je ne sais pas pourquoi. J’ai tenté de décliner son invitation mais avant que je n’ai fini ma phrase il prit ma main et avança. Une fois dehors il partit s’installer confortablement sur son scooter et me tendit un casque. Moi : ahhh non, ça jamais. Je ne monte pas sur ces engins désolée. Lui après un fou rire: quoi ? T’as peur ? Moi : oui oui et oui. Vas-y je reste ici ce n’est pas grave je t’assure. Lui : il ne t’arrivera rien. Pas de vitesse promis. C’est le meilleur moyen de locomotion dans Dakar avec l’embouteillage. Allez ! Monte je te dis. Pour moi c’était hors de question. J’ai une peur bleue des deux roues comme on dit. Je déteste même. Mais ce gars à ce pouvoir de persuasion sur moi…. Hum je n’aime pas ça ! Il insiste, insiste, insiste…. Finalement je me jette à l’eau. Je mis le casque, monta. Lui : accroches toi, c’est partit. Dès qu’il démarra je mis mes mains autour de lui. C’est un réflexe que j’ai tout de suite eu. Je pensais que j’allais tomber. J’étais presque couchée sur son dos. Humm !!! Le vent dans mes cheveux… mon cœur faisait des Dakar-paris-Dakar. J’avais tellement hâte qu’on arrive en fin. Après quelques minutes, nous voici devant un resto assez simple. Il n’y avait pas beaucoup de monde. On dirait que c’est un habitué des lieux. A notre entrée, l’une des serveuses est venue le prendre dans ses bras. -Mon chou est là, dit-elle en lui faisant la bise. Tu vas bien. (Hé ho c’est quoi ces manières-là ??? mohhh !!)Elle ne m’a même pas calculé je vous dits. J’étais juste derrière lui. Lui : oui je vais bien. Wa laisse loi saluer les autres toi aussi. Il leva la main en signe de salutations aux autres filles qui étaient dans un coin. C’étaient aussi des serveuses. Il m’indiqua une table et on alla s’asseoir. Entre temps, Mlle la sangsue était allée chercher deux verres et une bouteille d’eau. (Deux verres, ah donc elle m’a vue, c’est déjà ça. mdr) elle revient. Je vais la surnommer l’idiote (je suis méchante je sais, mais j’aime bien, l’idiote.) L’idiote : yow tu étais où cette semaine ? Lui : boulot bou beuri rek ! Ah je te présente Fatima, c’est une… Moi : Je le coupe, camarade d’école. L’idiote : ah, ça va, fit-elle du bout de la langue. Pourtant je lui ai bien démontrée que je n’étais pas une conquête. Je croyais qu’ils sortaient ensemble quoi. L’idiote : bon, je te prépare ta commande habituelle du lundi ? Lundi c’est paella pour lui. Lui : non attends, tu prends quoi toi ? Me demanda-t-il ? Moi : heu, du riz au poisson. Lui : alors deux plats de riz au poisson. Tu les mets ensemble ok. Hiii, cela n’ pas l’air de plaire à Mlle l’idiote qui une fois au comptoir me jeta un de ces regards qui voulait tout dire. Je m’en fous d’elle. J’ai quand même apprécié le fait qu’il change de menu juste pour moi. Chéééé bien. Quelques minutes plus tard, c’est une autre serveuse qui arrive avec le déjeuner. Toute gentille. La gentille : jeune fille, bon appétit. Je lui fis un beau sourire, histoire d’agacer l’autre qui me jetait de temps à autre des regards. Je mangeais doucement di diaye Yarou alors qu’en matière de boufff, wooou je ne rigole pas. Lui : je comprends pourquoi tu es aussi petite. C’est comme ça que tu manges réellement ou c’est parce que t’es gênée ? Pffff, et puis quoi encore Moi : pourtant je mange, regarde mon côté Lui : regarde de mien. Lol ! Il continue. Tu habites Dakar ? Enfin je veux dire, tu vis avec ta famille ici ? Moi : non, je suis de Thiès. Je ne sais rien de Dakar. Lui : ok. Et tu commences à t’habituer à cette nouvelle vie ? Moi : est-ce que j’ai le choix ? Il le faut de toute façon. Lui : tu vis avec qui ? Moi : avec mon oncle et sa famille. Lui : ah ok c’est bien. Moi : et toi ? Lui : je suis comme toi. Je suis originaire de Saint-Louis. Mais je suis à Dakar depuis un bon bout de temps. Après le bac, j’étais à la faculté de droit. J’ai eu ma maîtrise là-bas avant de m’inscrire dans cette école. Moi : ok. Il était bientôt 15 heures. Il fallait que j’y aille si je ne veux pas rater le début du cours. Il m’a ramené jusqu’à l’école, lui n’avait pas cours l’après-midi, il est donc reparti. En entrant dans la classe je vois Plily qui me fait signe de venir m’asseoir près d’elle. Phily : Hum, t’étais où toi ?? Hein ! Moi : c’est plutôt à moi de te poser cette question. T’es pas venue ce matin. Plily : Doyaloumawone nélaw (j’avais encore sommeil). Mais ne fuis pas ma question. Je t’ai vu avec monsieur sur son scooter. Moi un peu gênée : ah lui, on a déjeuné ensemble. Rek, la folle se mit à crier : héé héééééééé DINAMA NEKH, je le savais ! Des étudiants se retournèrent. Ki mo eupeul Moi : Arrêtes de crier, t’es folle ou quoi ? Non en fait il m’a trouvé à la bibliothèque tout à l’heure et m’a proposé d’aller manger, je n’ai pas pu dire non. Et puis pourquoi tu dis que tu le savais ? Tu savais quoi ? Plily : l’autre jour quand nous étions ensemble tous les trois. Vous vous jetiez de ces regards. Vous êtes amoureux fou l’un de l’autre. Moi : pfffffffffff toi alors tu vois l’amour partout. (C’est vrai. l’autre jour en cours elle m’envoie un texto pour me dire que notre prof qui se tenait juste devant moi, était amoureux de Coumbiss, une étudiante. Et ça, juste à cause d’un regard. Mdr) Plily : ok, je ne dis plus rien. Qui vivra verra !!! Plus folle que cette fille tu meurs Durant le cours j’avais carrément la tête ailleurs. Je rêvassais Ndeysan. Le trajet avec sa moto jusqu’au resto, le fait qu’il ait changé de menu, son souriiiiiiire, hé Allah son sourire me faisait sourire quand soudain j’entendis quelqu’un dire mon nom. Je fis un « oui ! » c’était le prof N’est-ce pas mademoiselle Goubiaby ? Moi : heuu pardon Monsieur vous dites ? Le prof visiblement irrité par ma réponse : apparemment mademoiselle nous a faussé compagnie. Vous rêvez de quoi là ? khana linga agné mo nekh ? (ton menu du déjeuner devait être succulent). Walay tu ne crois pas si bien dire sakh ! Woouy la honte. Je ne répondais pas, les étudiants riaient. Histoire de me rattraper!! je vous aime fort!! Mouahh bou pataaaa! clin d'œil à Lashuana et les autres.


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