Journal intime (24), confusion

Journal intime (24), confusion
lun. 26 sept. 2022, Journal intime, par Fatima

Je ne cessais de penser à ma conversation avec Ibou. Mon Dieu qu’est ce qui se passe encore ?

J’avais hâte d’être à lundi matin. Qu’on en finisse une bonne fois. Le dimanche soir je n’ai pas pu fermer l’œil de la nuit. Je me suis réveillée à cinq heures trente. Ndiaya, assise sur sa natte, attendait l’heure de la prière, chapelet à la main : « Waw ! Mba diam ? Tu fais quoi debout à cette heure « yow ? » Hum ! Si seulement tu savais ! Je n’ai pas fermé l’œil de la nuit chère maman ! -MOI: ah ! T’as oublié que je vais à Dakar aujourd’hui ? -NDIAYA : je sais mais ne me dis pas que tu quittes à cette heure quand même ? « moh ! » -MOI: le temps de me préparer et prendre mon petit déjeuner, il sera sept heures ! De toute façon je n’ai pas sommeil. -NDIAYA : ok ! Va prendre ta douche sinon tu risques de rater la prière du « Fadiar ! » Après la prière j’ai envoyé un texto à Phily pour lui demander à qu’elle heure on se retrouve au garage. On a prévu d’y aller ensemble, elle va s’inscrire aussi. -PHILY : j’ai fini de me préparer. Tu peux quitter. On se retrouve au garage. -MOI : ok ! Tout à l’heure. Je suis allée dire au revoir à Ndiaya. Elle m’a accompagné jusqu’à la porte et m’a précédé pour verser de l’eau tiède à la porte. C’est toujours comme ça quand quelqu’un part en voyage ! Ah Ndiaya avec ses manières ! -NDIAYA : bon voyage ! Une fois arrivée, fais-moi signe. Tu reviens aujourd’hui n’est-ce pas ? je te garde ton repas ? -MOI : je reviens aujourd’hui, mais pas la peine de me garder à manger. Je trouverai quelque chose là-bas, ne t’inquiète pas. Ciao. Direction le garage, Phily était déjà sur place. Nous avons pris un mini car. Durant tout le trajet j'étais hyper anxieuse. -PHILY : « tchiip ! nobaté ba deh ! » il ne va rien se passer de grave. Il veut juste discuter, arrête de faire cette tête « way ! » -MOI : comment dire, je sens qu’il va se passer quelque chose Phily. J’ai peur je te jure. Comme quand un malheur approche. Mais bon, tu as raison, pas la peine d’être dans cet état. Nous ne cessions de parloter dans le mini car. La dame à côté de nous nous lançait des regards amusés. Arrivées, nous avons rempli les formalités « taf taf. » Vers 11 heures, nous avions tout fini. Je me décide à envoyer un texto à Ibou. -MOI : salut, je suis à l’école. J’ai fini. -IBOU : ok, je passe te prendre. Quelques minutes après, il était là. -IBOU : on va à la maison, c’est plus tranquille. Tu viens avec nous Phily. -PHILY : non, je rentre à Thiès moi. -MOI : moh ! Attends-moi toi aussi, on rentre ensemble. S’il te plaît « way. » -PHILY: hum! Vous avez besoin de discuter, je ne veux pas être de trop. -IBOU : mais non, la maison est assez grande, ne t’inquiète pas tu ne déranges pas. Une fois à la maison, Phily est allée dans la chambre d’Isac, Ibou et moi étions au salon. A cette heure Isac était au boulot, mais il a demandé à Phily de l’attendre pour manger. Ibou est parti chercher des rafraichissements. A son retour, il s’est assis en face de moi. Rien qu’à voir sa tête, on sent que ça ne va pas. -IBOU : alors ? Ndiaya va bien ? -MOI : oui, elle va bien. -IBOU : et Codou ? -MOI : elle va bien aussi Al hamdoullah. -IBOU : Et… Je le coupe : bon dis-moi Ibou, tu m’as fait venir ici pour demander des nouvelles de ma famille ou quoi ? Tout le monde va bien dans le meilleur des mondes. -IBOU : excuse-moi ! Là il s’est tu. Un bon moment, ni lui ni moi ne parlions. Il me regardait, tendrement, ce regard, je m’en souviendrai toute ma vie. Puis il se décida à parler. -IBOU : Fatima, depuis le premier jour que nos regards se sont croisés, j’ai su que tu étais celle qu’il me fallait. Mon autre. Je t’aime et je ne cesserai de te le rappeler. Tu as quelque chose que les autres filles que j’ai connues jusqu’ici n’ont pas. Je ne saurai te dire ce que c’est. J’aime tout chez toi. Ton calme, ta timidité, ta douceur ! Tout ! Ton rire, tes petits yeux, ton sourire… ! Mon vœu le plus cher aurait été de passer le reste de ma vie avec toi. Parce que je sais que l’homme qui t’auras à ses côtés sera le plus chanceux de la terre. -MOI : aurait voulu ? -IBOU : laisse-moi terminer s’il te plaît. Je t’aime Fatima ! Et s’il y a bien une chose que je veux, c’est ton bonheur. Malheureusement… je pense qu’il vaut mieux qu’on mette un terme à notre relation. -MOI complètement abasourdie : quoi ? Il me plaque ? Comme ça ! Après ce beau discours ? Mais pourquoi ? Qu’ai-je fait ? Je tentais de retenir mes larmes mais c’était plus fort que moi. -IBOU : oh non s’il te plait ! Je t’en prie ne pleure pas. Il voulut me prendre dans ses bras, je le repousse violemment. « Ne me touche pas espèce de salaud ! Oui, c’est ce que tu es ! Un salaud de la pire espèce. » -IBOU : je comprends ta réaction. -MOI : pourquoi Ibou ? -IBOU : je veux être honnête avec toi. Je quitte le pays dans une semaine. Et je ne sais pas quand est ce que je reviendrai, ni même si je reviendrai. -MOI: comment ça tu quittes le pays ? Comment ça tu ne sais pas quand tu reviendras ? C’est quoi cette histoire ? -IBOU : je ne peux pas t’en dire plus. Comprends juste que je ne le fais pas de gaité de cœur. J’y suis obligé Fatima. Pour ton bien, pour le bien de ma famille, pour mon bien, pour le bien de tous. J’avais l’impression d’être dans un cauchemar. -IBOU : crois-moi, c’est la décision la plus difficile que j’ai eu à prendre. Mais il faut que je le fasse. Au même moment Isac franchissait la porte du salon. -ISAC: hey les tourtereaux. Ni Ibou ni moi, n’avons répondu. -ISAC : oh ! Excusez-moi je ne voulais pas déranger. -MOI : tu ne déranges pas Isac, nous avons fini. Je pris mon sac et décida de quitter la maison. J’avoue que je ne savais même plus où se trouvait la sortie. -IBOU : pas si vite, on n’a pas fini. -MOI : oh que si Ibou. Bon voyage ! En sortant je me suis rappelée le pendentif que j’avais autour du coup, pauvre idiote. Je l’ai enlevé et me suis retournée vers lui. -MOI : tiens ! Tu as oublié ça ! -IBOU : je ne le prendrai pas ! Je le lui ai lancé en pleine figure, avec toute la rage du monde ! J’aurai aimé avoir une brique à la place de ce pendentif. Direction la sortie en courant. Isac est allé fermer la porte avant moi. -MOI en pleurs : s’il te plaît Isac, ouvre la porte, je t’en prie. -ISAC: il faut que vous discutiez ! Fatima comprend le, on ne lui a pas laissé le choix, ils allaient… Ibou le coupa avant qu’il ne termine sa phrase. -IBOU : Arrête Isac, elle n’a pas à savoir tout ça ! Laisse là en dehors. En dehors de quoi ? Donc on l’oblige à partir ? Qui ? Et pourquoi je ne peux pas être mise au courant moi ? -MOI : je n’ai pas à savoir quoi ? Que tu n’es qu’un salaud de la pire espèce. Je criais tellement fort que Phily a accouru au salon. En me voyant en pleurs elle a compris que ma discussion avec Ibou ne s’était pas bien passée. -PHILY : qu’est ce qui se passe ici ? -MOI : rien ! On y va Phily ? Ou bien non, reste, je te devance, on se reverra à Thiès. -PHILY : hors de question que je te laisse rentrer seule dans ton état. Attends moi je prends mon sac. La pauvre n’a même pas eu le temps de se retrouver avec son Isac. Dans le taxi j’ai laissé libre cours à mes émotions. Je pleurais comme une madeleine ! lol ! J’avais mal « nak » ! Très mal. La première fois que je tombe amoureuse et voilà le résultat. Il me fait courir pendant des mois avant de déclarer ses sentiments et à peine a-t-on commencé à vivre notre amour, il me plaque. Génial! Après avoir refermé la porte Isac est allé rejoindre Ibou dans le salon. Ce dernier se tenait la tête entre ses mains. -ISAC : mais pourquoi tu l’as laissé partir sans lui expliquer toute l’histoire ? Ce n’était pas ça que t’avais prévu mec. -IBOU : je sais, mais c’est mieux ainsi. Mieux vaut qu’elle reste en dehors de ça ! Je ne veux pas lui attirer des problèmes. - ISAC : mais elle va-t’en vouloir, elle ne saura pas ce qui se passe « boy ! » faut que tu lui parles. -IBOU : non ! Je risque de gâcher sa vie. Elle a le droit d’être heureuse, même si ça doit être avec un autre que moi. -ISAC : tu es bizarre je t’assure. -IBOU : non ! Je l’aime, c’est tout. Je vais me reposer un peu. Il s’est retiré dans sa chambre. Nous sommes venues jusqu’à Dakar sans même voir Binette. Pourtant nous avions prévu de faire un crochet chez elle après. Phily lui envoie un message. « Boy désolé on ne pourra pas passer. Nous sommes en route pour Thiès comme ça, on t’explique après. » C’est que la demoiselle ne comprend pas bien français quoi. « On t’explique après », elle appelle tout de suite. -BINETTE : c’est quoi ce plan ? -PHLY : « chii» boy je suis dans un transport en commun, je t’appelle une fois arrivée, on ne peut pas parler de ça maintenant. -BINETTE : ok ! Vous avez intérêt à avoir une justification qui tient « dal ! tchiip ! » Et Fatima ? Elle est avec toi ? -PHILY : oui elle est là. -BINETTE : passe la moi, pour que je lui dise « sa tête » mdr !! Je fais signe à Phily de ne pas me passer le « call. » Je n’avais vraiment pas la tête à ça ! -PHILY : heuu, elle dort là. Je te rappelle ! « ciao » Durant tout le trajet, je n’ai pipé mot. Je me repassais sans cesse la scène dans ma tête. C’était donc la dernière fois que je voyais la tête d’Ibou. On s’est quitté sans même un bisou ! Triste. Une fois au garage Phily a voulu me raccompagner, j’ai refusé. Connaissant Ndiaya et ses questionnements, elle aurait trouvé ça louche. Elle est donc partie, moi aussi. Une fois à la maison j’ai voulu me diriger direct dans ma chambre, mais c’était sans compter sur « ma casse pied » de petite sœur. -CODOU : « hé sama seurithieu ? » Qu’est-ce que tu m’as acheté ? J’ai fait semblant de n’avoir rien entendu et mademoiselle s’est emparée de mon sac. Ce qui m’a mis hors de moi. -MOI : imbécile ! Rends-moi mon sac tout de suite. Tu te prends pour qui ? Tu m’avais donné des sous pour ça ! Si tu ne me donnes pas ce sac tout de suite je te casse la gueule ! J’avais sorti ces mots avec tant de haine, de méchanceté que Ndiaya a crié mon nom. Codou elle, était comme tétanisée. C’était la première fois que je lui parlais ainsi. -NDIAYA : depuis quand tu insultes toi ? Espèce d’impolie ! C’est quoi ces manières de crier sur les gens. Elle n’a plus le droit de te taquiner ? Mais qu’est ce qui te prend ? C’est à ce moment que je me suis rendu compte que j’étais en colère certes, mais pas contre Codou. La pauvre était seulement au mauvais endroit, au mauvais moment. Alors que Ndiaya continuait son sermon j’ai rejoint mon lit en pleurs. Phily m’a envoyé un texto, je n’ai pas répondu. Binette aussi, même chose. A force de pleurer, j’ai fini par m’endormir. C’est mon petit frère qui est venu me réveiller pour diner. D’habitude Cocou se fait une joie de le faire, mais ça se voit que je l’ai vexé tout à l’heure. -MOI: va dire à maman que je n’ai pas faim. Après le diner, Ndiaya m’a retrouvé dans la chambre. J’avais mis mon oreiller sur ma tête, elle l’enlève. -NDIAYA : « yow louxew ? » toi là qu’est ce qui se passe ? -MOI en remettant l’oreiller : rien ! Je n’ai pas faim c’est tout. Elle s’asseya sur le lit. -NDIAYA : Fatima ! Lève-toi ! Je ne me répéterai pas. Je me suis levée -NDIAYA : maintenant tu vas me faire le plaisir de me dire ce qui se passe. Et tout de suite. Il fallait que je trouve une excuse. Elle ne gobera pas n’importe quoi. Et hors de question que je lui dise ce qui se passe réellement. -MOI : c’est un de mes profs qui m’a énervé « way ! » il veut que je reprenne une matière que j’ai déjà validé. -NDIAYA : ah !! Comment ça ? « mom khana » il est fou ? -Moi : il dit qu’il a égaré ma feuille. La direction dit qu’il faut que je patiente encore, le temps qu’il discute avec lui. -NDIAYA : ah ! Et c’est pour ça que tu casses tout sur ton passage ? Attends la réponse de ta direction « kay » Maintenant va présenter tes excuses à la petite. Elle n’a presque pas mangé au diner, tellement elle était vexée par ton comportement. -Moi : je sais. T’inquiète. J’ai même une surprise pour elle. J’ai appelé Codou dans ma chambre pour lui donner un top qu’elle ne cessait de me supplier de lui offrir. Elle a souri. -MOI : « sorry » pour tout à l’heure ! Mais c’est que toi aussi « dangay warou » quoi ! -CODOU : oh mais tu es toute pardonnée sœurette de moi. Je devrais apprendre à t’énerver plus souvent ! lol. Ces deux-là ont réussi à me réveiller ! tchip ! J’en profite pour parler aux filles sur Skype. -PHILY : coucou puce ! Comment ça va ? -MARIE : « moh ! » c’est quoi ces salutations ? Fatima tu es malade ? -MOI : non Marie ! -BINETTE : et c’est quoi cette tête que tu fais ? Bon il se passe quoi là ? Parce que j’ai compris que tout à l’heure dans le mini car tu ne dormais pas comme l’a dit Phily. -MOI : excuse Binette mais je n’avais vraiment pas la tête à ça ! -MARIE : « wa louxew »toi aussi ? -MOI : c’est fini Ibou et moi ! -BINETTE : « la taxara boussina ! » Touche du bois « gaw !» T’es sérieuse ? -PHILY : Binette ne me fais pas rire « wayow »ce n’est pas le moment ! -MARIE : mais qu’est ce qui s’est passé ? Je leur ai raconté l’histoire. -BINETTE : attends, y a une chose que je ne comprends pas, pourquoi il ne veut pas d’une relation à distance ? Personne ne l’empêche de partir, mais on ne plaque pas celle qu’on aime juste parce qu’on quitte le pays quand même. Ce n’est pas cohérent. -PHILY : d’après ce que j’ai compris on l’a contraint à partir. -MARIE : quoi ? Qui ? C’est quoi cette histoire ? -MOI : je n’en sais pas plus que vous les filles. Phily était là. C’est tout ce qu’Ibou a voulu dire. Moi je pense que c’est parce qu’il ne tenait pas assez à moi. -BINETTE : je n’arrive pas à y croire ! Mon parrain lui aussi « deh ! » Je recommençai à pleurer. Faut croire que je l’aime vraiment hein ! lol -MARIE : oooh la puce ne pleure pas toi aussi ! J’aurai aimé être à tes cotés en ce moment ! J’imagine ce que tu endures ! -MOI : merci les filles ! Il faut que je vous laisse, je dois dormir un peu. Faux, je me sentais mal de pleurer pour un salaud qui ne le mérite pas. Je me sentais mal de pleurer devant mes copines à cause d’un mec qui m’a plaqué. Je me sentais mal de l’aimer lui ! Je ne me suis même pas changée. Mon téléphone signale l’arrivée d’un message. « Où que j’aille, où que tu ne sois, jamais, au plus grand jamais je ne pourrais t’oublier. Je t’ai aimé, je t’aime t je t’aimerai. Mais dans la vie, il faut savoir faire des choix. J’ai fait le choix de me priver de l’être que j’aime, PAR AMOUR. Je comprends que tu m’en veuilles, que tu me haïsses, rien de plus normale ! Pardonne-moi de vouloir ton bien.» Pas besoin de vous dire de qui c’est !


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