Journal intime (2), ma vie à Dakar

Journal intime (2), ma vie à Dakar
jeu. 4 août 2022, Journal intime, par Fatima

20 heures, oncle Lamine revient du travail...

- Lui : Bonsoir tout le monde - Tati : Bonsoir Pa ! (En fait c’est sa fille, ma cousine qui a l’habitude de l’appeler ainsi. Au fini tout le monde s’y est mis. Même Tati. Mais puisque je suis nouvelle ici, je m’en limite à Tonton.) - Pa : Tati où sont les filles ? Ndiaye m’a appelé tout à l’heure pour me dire que Fatima est arrivée. - Tati : elles sont dans leur chambre, dit cette dernière avant de nous appeler. “Les filles Pa est là.” De mon côté j’avais commencé à ranger mes affaires. Sous les yeux de ma cousine. Au lieu de me donner un coup de main elle me regarde comme un zombie. tchiiiip! Je sors mes cahiers, mes livres et un petit carnet, mon journal intime que je dépose sur la table de chevet. Tout de suite elle reconnut le carnet. - Blair : c’est un journal intime ça n’est-ce pas ? - Moi : oui, c’est ça. - Blair : alors t’en a un ? Hum (Je vous jure cette fille pense que je suis une villageoise. Et puis quoi encore, les villageoises ne peuvent pas tenir un journal intime ? pfff !!) - Moi : pourquoi « hum » - Blair : non rien, c’est juste que… laisse tomber. Au même moment les voix de Tati qui nous informe que Pa pour elle et Tonton pour moi (lol) est là. Priiip, Be sauta du lit et s’écria : « Paaaaaaaaaaaaaaaaaaaa » Comme « domou toubab » je vous jure ! mdr !! (on dirait une poupée) Je la suis, mais pas en courant bien sûr. J’arrive dans le salon après elle. - Pa : Hey ma petite nièce chérie est là. Alors prête pour le grand jour demain ? dit-il en me serrant dans ses bras. - Moi : salut Tonton, oui ça va. (D’un ton assez timide) - Pa : tu as peur c’est ça ? Mais ne t’en fais pas, suis sûr que tout ira bien. Je lui offre mon plus beau sourire. - Tonton s’adressant à Blair : alors Tabata la sorcière, c’était comment ta journée à l’école ? - Be faisant un peu la moue : normal, naze à vrai dire. Je t’ai dit que je voulais ne pas être dans cette école cette année encore. - Pa : chérie tu ne peux pas changer d’école chaque année ce n’est pas possible enfin. Tu es en terminale, il ne te reste que cette année là-bas fais un effort rek nak ! - Be : mes professeurs sont trop ringards, méchants! Trop casse-pied ! - Tati entrant dans le salon avec une carafe d’eau pour mon oncle: dis plutôt que c’est toi qui fais tout pour t’attirer leurs foudres - Be : Pa, ce n’est pas à elle que je m’adresse. Hey, modère ton langage quand tu t’adresses à Tati, elle n’est pas ton égale je te le répète encore une fois. Amina (je préfère la surnommer Be une bonne fois, c’est mieux quoi) a grandi sans sa mère. Ses parents ont divorcé alors qu’elle avait 15 ans. Aujourd’hui elle en a 18. Elle est en terminale dans une « prestigieuse » école de Dakar. Vous savez, ces établissements où les jeunes se croient en occident. Sa maman s’est remariée et vit actuellement aux États Unis avec son mari. Elle n’est pas la seule fille de mon oncle. Elle a deux frères. L’ainé de la famille, Ousmane est parti en France après son Bac, son autre petit frère, jules est au primaire. Ils sont tout le contraire de leur sœur. Il paraît que Be a très mal vécue la séparation de ses parents. (C’est ma mère qui m’a raconté l’histoire.) Si mal qu’elle enchainait bêtise sur bêtise. Ses parents ont pensé que c’était une conséquence de leur séparation et que cela lui passerait. En d’autres termes, au lieu de bien la chicoter comme à l’ancienne, ils l’ont laissé faire. Quand ses frasques dépassaient l’entendement, on allait voir un psychologue. Elle a fait le tour des toubibs de la ville de Dakar je vous dis. Le problème, c’est que ces bêtises n’ont pas cessé contrairement à ce qu’elle laisse croire. Non, maintenant elle le fait en cachette. Et c’est ce que j’allais bientôt découvrir. Quand sa mère est partie, mon oncle a demandé à Tati de s’installer définitivement à la maison, histoire de jouer à la maman avec Be et jules quoi. Au fond, Be adore Tati, seulement elle a un petit problème avec le respect. Bref après le diner je pars me mettre au lit. Il était 21 heures. Mon Dieu !! C’était la première fois de ma vie que je me couchais aussi tôt. A Thiès même quand j’ai cours le lendemain je ne dors pas avant 23 heures. Mais ici, la règle c’est, « après le diner au lit ! » Mes larmes commencèrent à couler sans que je m’en rende compte. J’étais hyper triste. Ma famille me manquait déjà. Je m’imagine l’ambiance à la maison actuellement, c’est dur de grandir. Je ne sais pas à quelle heure je me suis endormie. Le lendemain 6H00, le réveil sonne. Je pars prendre une douche puis c’est au tour de Be. Son école se trouve sur le chemin de l’Université donc on part ensemble. Jules lui son école est à deux pas de la maison donc il peut dormir jusqu’à 7 heures. Je m’habille simple. Pantalon, chemise. Pas de maquillage. J’ai horreur de ça bizarrement. Juste un gloss et suis prête. A l’arrêt du bus Be me montre le bus qu’on doit prendre. L’amphi de rentrée était prévue à 8 h30 à 8h j’étais déjà sur place. J’étais hyper stressée. Tellement que ça se voyait. Je décide de me mettre dans un coin, loin des groupes formés çà et là. Une fille attira tout de suite mon attention. Elle semblait perdue comme moi. Elle tournait en rond comme si elle cherchait quelqu’un du regard. Je décidais d’aller vers elle. Peut-être qu’elle aussi se sentait seule comme moi. - Moi : Salut - Elle : Salut - Moi : Heu tu es nouvelle ici on dirait. - Elle : Oui (Bon pour être honnête e l’ai confondue à une étrangère. Ivoirienne, Béninoise, gabonaise…) - Moi : tu es de quelle nationalité gabonaise ou ivoirienne ? Une phrase que je n’aurai jamais dû sortir de ma bouche - Elle : j’ai l’air d’une niak ?? (Au Sénégal on utilise ce terme pour dire les non sénégalais quoi. Mais ce n’est pas méchant, même si certains n’aiment pas.) - Moi : heuu… - Elle : Phily Diop sénégalisée (Wooouy la honte, je voulais juste disparaître. Mais sérieux nak elle ressemble à ça !! lol) - Moi : excuses moi, je suis désolée. - Phily qui finit par sourire : t’inquiète, t’es pas la première à me confondre à une Niak, ce n’est pas méchant. Le directeur de l’école et son équipe entrèrent dans la salle. « Bonjour tout le monde. Bienvenu aux nouveaux arrivants. » Et s’en suit le discours habituel quoi… nous sommes une famille… A la fin de la cérémonie un pot de bienvenue est organisé à notre honneur, les nouveaux, par les étudiants de deuxième et troisième année. Phily et moi étions toujours côte à côte. A un moment elle dû me laisser seule pour aller aux toilettes. … perdue ?? - Moi : pardon dis-je en me retournant pour voir qui parlait. Je tombe nez à nez sur un jeune homme. - Lui : tu te sens perdue je disais. Je t’ai vu depuis tout à l’heure t’agripper à ta copine. - Moi : Je suis nouvelle en fait, je n’ai pas encore trouvé mes repères c’est tout. - Lui : sisi tu as raison. Mais ce n’est pas en restant dans ton coin que tu te feras intégrer. Essaies d’aller vers les gens. Je me présente Ibrahima Coulibaly. Je suis e deuxième année. - Moi : Fatima Goudiaby, nouvelle bachelière. - Phily est de retour : Salut moi c’est Phily Diop (elle ne se fait pas prier pour se présenter.) - Ibou lui répond : Salut Phily ravi de faire t connaissance, moi c’est Ibou. Bon je vous fausse compagnie malheureusement. C’est un plaisir. On aura à se voir très souvent, donc ce n’est qu’un au revoir. Ciao les filles. Nous avons rencontré presque tous nos profs. Y en a de tout genre. Les has been, les in, les comon town... mdr !! Demain 8 heures, démarrage effectif des cours.


Lisez toute la chronique