Journal intime (15), Sarah

Journal intime (15), Sarah
mar. 13 sept. 2022, Journal intime, par Fatima

Nous les femmes, nous aimons les hommes qui ont confiance en eux. Qui savent ce qu’ils veulent et comment faire pour l’avoir.

Isac avait sorti le grand jeu pour séduire Phily. Quand je parle de grand jeu, je ne fais pas allusion à l’aspect financier, non, mais de ces petites attentions qui feraient perdre la tête à n’importe quelle femme. Il passait la prendre souvent à la fin des cours pour des ballades, des diners en tête à tête. Parfois nous étions tous ensemble. Conscient de l’amour que Phily a pour sa fille, il a fait de Sarah son atout lol. Des cadeaux, encore des cadeaux, toujours des cadeaux. De petites attentions pour la mère et la fille. Ses deux rayons de soleil comme il les appelait. Pourtant Phily ne voulait toujours rien savoir de lui. « Restons amis » lui a-t-elle proposé. Malicieux et sûr de lui, il a accepté sachant qu’il arrivera à lui prouver qu’il n’était pas un Léo. Eh oui, Phily ne voulait pas revivre la même histoire. -PHILY : tu ne peux pas savoir à quel point j’ai souffert. La plaie n’est pas encore cicatrisée. Ce gars a foutu ma vie en l’air. Il y a des choses que je ne peux malheureusement pas te raconter Isac, mais je n’accepterai pas de souffrir une deuxième fois, ça non. -ISAC : crois-moi si je te dis que je te comprends. Mais tous les hommes ne sont pas pareils. Tout ce que je te demande c’est de me faire confiance, de me laisser te le prouver. Alors qu’il parlait, les larmes de Phily coulaient. -ISAC : non non … arrête s’il te plait. S’il y a bien une chose que je ne supporte pas ce sont les larmes d’une femme et d’un enfant. Je ne veux plus te voir verser des larmes. Ce salaud ne sait pas la chance qui vient de lui passer sous le nez. Mais Sarah mérite d’avoir un père, un protecteur, quelqu’un qui veillera sur elle, tout comme sur toi. Je ne prétends pas être l’homme parfait, mais s’il le faut je changerai pour vous deux. Je suis prêt à faire tous les efforts nécessaires pour cela. Malgré ces belles paroles, Phily ne semblait pas rassurée. C’est cela le drame quand on vit un désastre amoureux. Refaire confiance est la chose la plus difficile. Un weekend sur deux il l’amenait à Thiès pour voir Sarah. Lui en profitait aussi pour rendre visite à sa sœur Élisa, qui vit là-bas avec son époux. Il fallait voir la complicité qu’il y avait entre lui et Sarah. Ce petit bout de chou l’a de suite adopté. Quand ils étaient à Thiès, c’était des ballades à trois, en amis, selon Phily. Sa mère n’a d’ailleurs pas manqué de lui poser des questions à propos des visites répétées d’Isac. -PHILY : je te dis que c’est un ami Ma. C’est juste un ami. -LA MAMAN : oui, oui, un très bon ami même. Célibataire qui fait tout pour ta fille et moi. Il est généreux cet ami. -PHILY : s’il y avait autre chose je te l’aurai dit Ma, tu sais bien que je ne te cache rien. -LA MAMAN : oui je sais. Mais je sais aussi que cet homme t’aime. Et il aime ta fille aussi. Ça se lit dans ses regards, ses regards si tendres. Je ne suis pas née de la dernière pluie ma fille. L’anniversaire de Sarah était tombé un mardi. Phily ne pouvait donc pas se rendre à Thiès, ce qui la rendait assez triste. Mais c’était sans compter sur Isac. Le lundi soir il est passé nous voir à Claudel. -ISAC : c’est quoi ce visage tout triste ? -PHILY : je suis triste c’est vrai. Ma fille aura trois ans demain et je ne serai même pas là pour la prendre dans mes bras. -ISAC : ne t’inquiète pas. Le bon Dieu a une solution à tout. Et puis, si Jean ne va pas à la montagne, la montagne ira vers Jean. Mdr ! Sans ajouter un mot il prit congé. Le lendemain soir, à la sortie de l’école, Isac était devant la porte de l’école devinez avec qui dans ses bras ? Oui Sarah. Phily n’en crut pas ses yeux. C’est en courant et criant qu’elle est allée prendre sa fille dans ses bras tout en pleurs. -PHILY : Oh mon Dieu mon bébé !! Mon cœur, mon ange ! Elle l’embrassait. -SARAH : Philyyyy !!! Elle ne l’appelle jamais « maman » ça c’est les enfants d’aujourd’hui. Isac souriait en les regardant, heureux d’avoir pu offrir à Phily ce cadeau. Avoir sa fille à ses côtés le jour de son anniversaire. -PHILY : Isac… -ISAC : ne me remercie pas, remercie ta mère qui a accepté de me laisser partir avec Sarah. Mdr !! Elle m’a carrément menacé la vieille. Isac est parti à Thiès le matin pour prendre Sarah. Devant le refus catégorique de sa mère, il a fallu qu’il m’appelle, oui moi, pour la rassurer. -MOI : Tata depuis des jours Phily ne cesse de se plaindre du fait qu’elle ne pourra venir pour l’anniversaire de Sarah. Elle lui manque vraiment. Demain matin on la ramène. Promis. -LA MAMAN : ok Fatima, je te fais confiance, mais faites attention à ma petite fille hein !! S’il lui arrive quelque chose vous aurez affaire à moi. -PHILY : merci Tima. Vraiment ! -ISAC : bon ! Ce n’est pas tout mais on a un anniversaire à célébrer nous. N’est-ce pas Sarah ? -SARAH : ouiiiii !! -ISAC : alors c’est parti. -PHILY : parti où ? -ISAC : veuillez nous suivre sans piper mot petite curieuse. Phily était à l’avant avec Sarah sur ses genoux qui ne cessait de gigoter. Elle paraissait heureuse. Vu le chemin qu’a pris Isac, nous avons compris qu’il allait chez lui. C’est Ibou qui nous a ouvert la porte. OH MY GOOD !! Le salon a été décoré. Des guirlandes et des ballons. Il était écrit de part à d’autres « joyeux anniversaire Sarah » avec des photos de la petites. -IBOU : mais la reine du jour est là. Viens dans mes bras petite fée ! Joyeux anniversaire. Il la prit dans ses bras pour lui donner deux bises et la repose au sol avant que cette dernière ne se mette à courir dans le salon. -SARAH devant ses photos : Phily regarde c’est moi, c’est moi -PHILY : oui mon ange, c’est toi. Isac avait vraiment pensé à tout. Il y avait à manger et à boire à gogo. Un gâteau en forme de cœur avec trois bougies et le nom de Sarah écrit dessus. La petite sautillait et courait dans tous les sens. Elle a soufflé ses trois bougies sous nos applaudissements alors qu’Isac la prenait en photo. Phily n’arrivait pas à détacher ses yeux de lui. Le voyant tellement complice avec la petite. Dans son for intérieur elle ne cessait de se dire : « mon Dieu est-ce qu’il est réellement comme ça où il fait semblant ? » -IBOU : on passe aux cadeaux maintenant. Sarah tu veux voir tes cadeaux ? -SARAH : ouiiii, des cadeaux. Ibou lui a offert une énorme poupée, comme aime les petites filles. Et d’autres petits cadeaux. Binette lui a acheté une robe, très mimi je vous assure. Marie une jupette. Oui, oui, jupette. -ISAC : héhé Marie c’est quoi ça ? Tu veux pervertir ma petite fille ? Elle n’a que trois ans là ! mdr ! « Ma petite fille » oui, sans même le faire exprès il a prononcé ces mots sous le regard attendri de Phily. -ISAC : A ton tour Phily, où est ton cadeau. -PHILY : pfff, vous m’avez prise au dépourvu, je comptais allez au marché vendredi pour lui trouver quelque chose. A propos, vous trois comment ça se fait que vous ayez vos cadeaux ? -ISAC : heuuu, les filles étaient au courant. Elles m’ont aidé. Je leur ai demandé de ne rien te dire. -PHILY : quoi ??? Binette, Marie, Fatima ? ahh, donc maintenant on s’allie contre l’une d’entre nous ? -BINETTE : pour la bonne cause. Et si c’était à refaire on le referait. Rien que pour voir le bonheur sur ton visage. -ISAC : vous réglerez vos problèmes une fois à Claudel, nous on continue notre fête. A mon tour de donner mon cadeau. Sarah tu veux bien m’accompagner ? Il est allé dans l’une des chambres de l’appart avec elle avant de revenir quelques instants plus tard. Elle était sur un vélo rose et ne cessait de sourire. Waouw !! -PHILY : Isac tu es fou, c’est trop ça. -ISAC : rien n’est trop pour ma petite princesse ! La fête s’est bien déroulée. Phily s’est retirée au balcon de l’appart. Ne la voyant plus, Isac est allé la retrouver. -ISAC : qu’est-ce que tu fais ici ? Tu n’aimes pas la fête c’est ça ? Phily se retournant faisait maintenant face à Isac. Ses yeux embués de larmes étaient plongés sur les siens. Un bon moment, elle le regardait sans mot dire. -PHILY : comment pourrai-je ne pas aimer tout ce que tu as fait Isac. J’ai l’impression d’être dans un rêve. -ISAC : tu ne rêves pas. Tu es bien là, avec ta fille, tes copines et un ami qui t’aime plus que tout. -PHILY : tu n’imagines pas ce que tu viens de faire pour moi. Elle est ma vie, mon rayon de soleil, mon tout. Regarde là Isac, elle est joyeuse, elle est heureuse. Si je mourrai là tout de suite je n’aurai aucun regret. Voir ma fille heureuse, c’est la seule chose qui m’importe sur terre. -ISAC : ne dis pas de bêtises. -PHILY : merci, merci, merci et encore merci. Que dois-je faire pour te prouver à quel point je t’en suis reconnaissante Isac ? -ISAC : rien, continue d’être celle que tu es. C’est tout ce que je te demande. Phily, je sais que tu te dis que j’ai fait tout ça juste pour essayer d’attirer ton attention. C’est vrai certes. Mais si j’ai fait tout ça, c’est aussi pour le bonheur de Sarah. Elle n’a rien à voir dans cette histoire. Elle mérite d’être heureuse comme toutes les filles de son âge. Elle mérite de t’avoir à ses côtés pour célébrer ce jour. Ma récompense je l’ai déjà. C’est ce bonheur qui se lit dans vos yeux à tous les deux. Pour la première fois, Phily avait accepté qu’il la prenne dans ses bras. Son téléphone qu’elle avait laissé au salon signalait un appel. Binette est donc partie le lui donner avant de tomber sur la scène. Elle est discrètement retournée sur ses pas. Quelques minutes après, le couple fit son apparition au salon. -BINETTE : ta maman t’as appelé pour souhaiter joyeux anniversaire à sa petite fille. -PHILY : ah oui, elle lui a parlé ? -MARIE : oui, des « merci, merci merci. » mdr !! -PHILY : il va falloir qu’on pense à lever le camp il est bientôt 22 heures. -ISAC : pour aller dormir où ? -PHILY : A Claudel khana ! Où veux-tu qu’on aille ailleurs ? -ISAC : avec Sarah ? C’est impossible. Pourquoi vous ne restez pas ici ? Il y a une grande chambre inoccupée ici. -PHILY : non, ça on ne peut pas, hein les filles. -BINETTE : Isac a raison Phily. Avec Sarah à Claudel mom moy lolou. J’ai une idée. Tu restes dans cette chambre avec elle et nous trois on rentre à Claudel. -IBOU : mais vous pouvez rester ici toutes les quatre. Si vous voulez nous on dort au salon et vous prenez les deux autres chambres. -MARIE : non non, on fait comme binette a dit c’est mieux. Phily reste ici avec Sarah. -ISAC : en tout cas une chose est sure c’est que Sarah dort ici. Le reste nak, vous vous débrouillez. N’oubliez pas que c’est à moi que sa grand-mère l’a confié. En me menaçant en plus. Mdr ! -PHILY : bon d’accord mais l’une d’entre vous reste avec moi. -MOI : Binette tu restes. -BINETTE : non Fatima, toi tu restes. Pas la peine de jouer à la plus maligne. -MOI : je ne joue à rien. C’est toi qui reste ici. Point barre. -IBOU : tu peux aussi rester. Ou bien tu en as déjà assez de notre compagnie ? Rester ? Pff, même avec ça tu n’auras pas le courage de dire le fond de ta pensée. Hors de question. Ibou nous a déposées avec la voiture d’Isac. Phily est venue avec nous pour prendre des affaires pour Binette et elle. Une fois dans la chambre, Ibou était resté dans la voiture. -MARIE : wouuuy Phily ce mec est un ange tombé du ciel. Walay si tu n’en veux pas passe le moi. -PHILY : topal feulé ! Tu n’auras rien. Il se fait tard je ne vais pas rester ici à papoter avec deux folles. Mon bébé m’attend. Bisous, bisous. -MOI : dis plutôt « tes bébés » -PHILY : tu as de la chance que je sois pressée et de bonne humeur. Elle a passé la nuit avec sa fille et Binette. Le lendemain mademoiselle a séché les cours. Elle voulait profiter de Sarah avant qu’Isac ne la ramène dans l’après-midi. L’année tirait à sa fin. Bon weekend mes loulous ! mouahh !!


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