Journal Intime (12) : Safy la terreur !

Journal Intime (12) : Safy la terreur !
jeu. 8 sept. 2022, Journal intime, par Fatima

Depuis la bagarre de l’autre jour les filles de l’école fuient Ibou. Mdr !! Ça se voit que Safy sait marquer son territoire.

Et pourtant Ibou n’est pas le beau gosse parfait aux yeux marron. Il est certes mignon, très même, s’habille bien et est très courtois. Mais bon, allez savoir, le cœur a ses raisons que la raison ignore. Moi je l’aime pour ce qu’il est. Il n’a pas de joli 4X4, n’a pas vécu aux Usa ou ailleurs, n’est pas Shemar Moore, mais je l’aime. Je l’aime parce que c’est quelqu’un d’intègre, de respectueux, de très responsable et de pieux. Mais la véritable raison de mon amour, je ne saurai le dire. Je l’aime, un point c’est tout. Mais il est hors de question pour moi que je fasse le premier pas. Vous me direz que je suis vieux jeu, démodée, j’accepte, mais c’est ma philosophie. Nous étions toujours au stade d’amis. Nous étions très souvent ensembles, mais en tant qu’amis. Comme très souvent, un jour après les cours il nous a proposé d’aller manger dans notre fameux restaurant. Au moment où nous montions dans le taxi devinez qui nous a vus ? Eh Allah je suis foutue !! hihiiiiiiii !! La bagarreuse ! pfff, je m’en fous. Les filles ne l’ont pas vu, Ibou non plus. Mais moi j’ai vu ce regard qu’elle m’a lancé. « Tey rek ma deh !!! » Après le resto nous sommes rentrées à Claudel. Vers seize heures je faisais la sieste quand je reçois un message. « Si tu ne veux pas que tes jours soient comptés tu as intérêt à rester loin de mon Ibou » Pas la peine d’être devin pour savoir qui c’est. Les filles dormaient encore. En se retournant, Phily a vu l’expression de mon visage. C’était un mélange de colère, de peur et de dégoût lol. -PHILY: « lane la ? » ya Quoi ? -MOI : Safy m’a envoyé un texto. Dès que j’ai prononcé cette phrase elle et Marie ont sauté de leur lit et se sont emparées de mon call. -PHILY: « héhééé, qui nak bakk na ndiakk » (elle a tiré balle à terre) Non mais attend, elle pense que nous sommes des Anna nous ? Si elle pense qu’elle peut nous faire peur elle se goure ! « moh !! » Fatima, t’as pas peur d’elle rassure moi ? Avant que je n’ouvre la bouche Marie pouffe de rire : t’as pas vu sa tête ? Tu as besoin de lui poser la question ? « tey rek mou lepp say fane !! » (elle va te tuer aujourd’hui) -MOI : primo je n’ai pas affaire à elle, donc, elle ne va rien me faire. Je l’attends de pied ferme. Mais hors de question que je me donne en spectacle surtout à l’école. Je vais en parler à Ibou pour qu’elle calme cette sauvageonne. -PHILY : quel Ibou ? hum, tu penses qu’il y peut grand-chose ? « kokou tapet leu ni yow !! » Vous êtes pareils. Hé j’ai dit, on va l’affronter et lui montrer qu’on ne nous menace pas. Si tu ne peux pas te battre tu me laisses m’en charger. « Fouy !! » -MOI: dis mois Phily, tu es sûre que tu n’es pas parente à Yékini ou Balla Gaye ? mdr ! J’ai décidé de ne pas répondre à son message. Et puis comment elle a su que je m’intéressais à Ibou ? Certes elle nous a vus ensemble mais j’étais avec les filles. Comment a-t-elle su que c’était moi ? Et puis, ce n’est pas la première fois qu’on nous voit ensemble, c’est bizarre. Le lendemain on s’est croisé à l’école. Apparemment elle cherchait à me rencontrer. C’était l’heure de la pause et nous étions à la buvette à l’entrée de l’école quand Marie l’a vu venir vers nous. -MARIE : Fatima tu as de la visite on dirait. Dès que je me suis retournée j’étais nez à nez avec elle. Elle portait une belle robe en wax, vraiment joli et avait attaché ses mèches derrière. -SAFI : Hey toi la petite faut qu’on cause. Phily a voulu répondre, je lui ai fait un signe de ne pas s’en mêler. Ce n’est pas avec elle qu’elle a affaire. Elle veut qu’on discute, on va discuter. -MOI: je t’écoute -SAFY : pourquoi tu n’as pas répondu à mon sms d’hier ? -MOI : quel sms ? Je n’ai pas ton numéro et je ne savais pas que t’avais le mien. -SAFY : ne joue pas à ce jeu avec moi petite. Je t’ai envoyé un sms te disant de rester loin d’Ibou. -MOI: ah, donc c’est toi ? Désolée, je ne réponds pas aux messages non signés. Mais là je vais te répondre. Si tu penses que je suis une de ces Anna que tu te fais une joie de ridiculiser devant tout le monde tu te goures ma grande. Tu ne m’impressionnes pas. Entre Ibou et moi, il n’y a rien du tout, rassures-toi. Mais ne pense pas qu’avec tes pseudos menaces et ta démonstration de l’autre jour tu arriveras à me faire peur. Mes relations avec Ibou ne vont pas changer. Bien au contraire. Je ne suis pas ces filles qui courent après un mec qui ne note même pas leur existence. J’avais débité tous ces propos sous les regards béats de Phily et Marie. Safy elle noircissait de colère. Je ne serai pas surprise si elle m’avait flanqué une baffe. -SAFY : ah, tu joues à la dure, c’est ce qu’on verra. En tout cas je t’aurais prévenu, tu laisses mon Ibou tranquille sinon… -PHILY : Sinon quoi Ndèye Ndiaye Tyson ??? Hein, sinon quoi ??? Vas-y continues. Je pense qu’elle a été assez claire là, tes menaces ne nous impressionnent pas. Nous sommes plus « rakadiou » que toi. « mane » j’ai des gènes manjack et nous, « sougnou khékh dou diekh » !! Alors t’as franchement pas intérêt à nous chercher Mama Africa « Mouy défak tatam you reuy yi !! » -SAFY : parle français, tu sais que je ne comprends pas le wolof. -PHILY : « lolou ça thiébou dieune penda mbaye là. » T’avais qu’à apprendre la langue je n’en ai rien à cirer. Maintenant tu te casses si tu ne veux pas qu’on te règle ton compte, n’oublie pas que nous sommes en supériorité numérique vieille peau ! Haaaa, ça c’est Phily !! Fallait voir comment elle balançait la tête en parlant. Je n’ai pas pu m’empêcher de rire quand elle parlait Wolof. Safy est retournée sur ses pas, hyper en colère. -MARIE: Phily je crois bien que tu viens de lui déclarer la guerre. « Thiaff kheum neu nak ! » -MOI: « dara », elle ne peut rien nous faire. Ce genre de fille je les connais. Dès que tu leur montres qu’elles ne te font pas peur elles te foutent la paix. Au contraire, Phily a bien riposté. Pendant que nous parlions le prof était déjà en salle. Fallait voir comment il nous a regardées quand nous sommes entrées. « Wayé eh », les nouvelles vont vite. Je ne sais pas qui est allé dire à Ibou que je me disputais avec Safy. Il m’envoie un texto. -IBOU : c’est vrai que Safy a essayé de te parler tout à l’heure ? Pff, je ne lui ai même pas répondu. Qu’il me fiche la paix celui-là. Il ne vaut même pas la peine que je me donne en spectacle. A la fin du cours il m’attendait à la sortie de l’école adossé à son scooter. -IBOU : t’as pas eu mon message -MOI : j’étais en classe je te signale. -IBOU : ok, qu’est-ce que cette folle te voulait ? -MOI complètement hors de moi : chiii Ibou, fous moi la paix. Demande à ta copine ou je ne sais quoi d’en faire de même. Je ne suis pas une de tes groupies alors qu’elle me lâche. La prochaine fois qu’elle tente de m’intimider je ne réponds plus de moi. Transmets-lui le message. Je me suis de suite retournée pour rattraper les filles et rentrer à Claudel, le plantant-là. Il était surpris je crois. Il a direct appelé Safy pour savoir où elle était et lui donner rendez-vous pour qu’ils parlent. La pauvre pensait peut-être à un rancart. Dès qu’il l’a eu en face de lui, il lui a tenu le poignet. -IBOU : toi là qu’est-ce que t’es allée dire à Fatima ? J’ai été assez patient Safy, je te jure sur ce que j’ai de plus sacré que si jamais tu t’approches ne serait-ce qu’à cent mètres de cette fille tu auras affaire à moi. Quand est-ce que tu vas en fin te mettre dans ta caboche qu’il n’y a pas de toi et moi. -SAFY : Ibou lâche ma main tu me fais mal -IBOU : et je te ferai pire si tu t’aventures encore une fois à lui adresser la parole. -SAFY : donc c’est à cause d’une minette que tu me traites ainsi ? Hein, une petite qui vient à peine d’arriver. Après tout ce qu’on a vécu ? Je t’aime Ibou -IBOU : qu’est-ce qu’on a vécu ? Quoi ? Parles pour toi qui ne cesse de fantasmer sur moi. J’ai été clair dès le début. Je ne t’aime pas Safy. Je ne t’aime pas. J’espère m’être bien fait comprendre. Tu la laisses tranquille si tu tiens à ta vie. La pauvre pleurait. Oui je la plains parce que je sais ce qu’elle ressent. Il n’y a rien de pire qu’un amour non partagé. Mais les filles, il faut aussi savoir raison garder. Savoir perdre dignement. Ibou m’a envoyé un autre texto après ça. -IBOU : c’est fini, c’est la première et la dernière fois qu’elle t’importune tu peux me croire. -MOI : je n’en ai rien à foutre d’elle. Elle ne me fait pas peur (Hé Allah ma meune fène !! mdr) « Wa » entre parenthèse elle est où Binette ? Vous vous posez sûrement cette question. Eh bien, moi aussi. Nous pouvons rester des jours sans la voir. Elle dort le plus souvent chez Fa, sa nouvelle tutrice. Parfois on se croise dans la chambre. Elle nous salue parfois, ça dépend de ses humeurs quoi. Elle vient souvent à l’école mais n’est plus aussi ponctuelle. Un soir, il était deux heures du matin passées quand elle m’envoie un texto me demandant de descendre à la porte avec cinq mille francs. Je me suis exécutée. Elle a pris l’argent pour payer le chauffeur du taxi. Elle était en pleurs. Les vigiles nous regardaient bizarrement. Je ne lui ai rien demandé, je préfère attendre que nous soyons dans la chambre. Quand nous sommes entrées Phily était réveillée, Marie elle dormait toujours. Je vous jure cette fille ramenez le concert de Youssou Ndour à Bercy dans notre chambre, ça ne l’empêchera pas de dormir. Mdr ! Binette est entrée sans mot dire. Elle a pris son peignoir direction les toilettes. Quelques minutes plus tard elle est venue se coucher avec moi. Elle s’était recroquevillée sur une partie du lit et pleurait. Après avoir hésité j’ai décidé de lui parler. « ma niak diome deh ! » -MOI : Binette ? Ça va ? -BINETTE : ça va. -MOI : tu pleures ? Qu’est-ce qu’il y a ? Binette ? Elle n’arrêtait pas de pleurer ndeysan : «c’est bon Fatima rendors toi. » Phily nous a regardé et s’est retournée. Je continuais d’insister avant qu’elle n’éclate carrément en sanglots. J’avais peur. Mais qu’est-ce qu’elle a ? Pourquoi elle pleure autant ? Marie s’est levée et est venue s’asseoir sur notre lit. Phily elle était toujours couchée. -MARIE : Phily, Phily réveille-toi Binette ne va pas bien. -PHILY : ohooo lâchez-moi « way !! » Elle n’a encore rien vu ! Ah là ce n’est pas du tout gentil de sa part. Certes Binette s’était très male comportée avec nous, mais ce n’est pas une raison pour qu’elle soit ainsi elle aussi. Marie a pris Binette dans ses bras, elle pleurait toujours. Quand elle s’est calmée : -BINETTE : vous aviez raison les filles. Don n’est qu’un salaud de la pire espèce… il… il… il… A ce moment PHILY s’est levée : qu’est-ce qu’il a fait ? Binette qu’est-ce que ce salaud t’a fait réponds !! On dirait une mère qui questionne sa fille. Mdr !!! BINETTE ce couvrant le visage de ses mains: Il a tenté d’abuser de moi. -MOI: Allahou Akbar ! -MARIE : Seigneur Jésus ! Quel salaud ce gars. -BINETTE : nous étions à une soirée organisée par un de ses potes. Il m’a dit qu’il ne se sentait pas bien et qu’il allait s’allonger dans l’une des chambres de la maison. Je suis alors partie voir comment il allait. Nous avons commencé à flirter… il a voulu enlever ma robe, j’ai refusé. Il a ressayé, j’ai dit niet. Là, il s’est levé et est allé fermer la porte à double tour. J’ai voulu sortir, il m’en a empêché vu qu’il était plus fort que moi. Je savais que si je continuais à riposter il allait me violer, je lui ai alors fait croire que j’étais partante et je lui ai demandé de me laisser le temps de me préparer. Dès qu’il a baissé sa garde je me suis ruée vers la porte de la chambre, c’est idiot y avait laissé la clé. Je ne saurai vous dire comment j’ai fait mais en tout cas je me suis retrouvée dehors. J’ai laissé là-bas, mon sac à main et toutes mes affaires. J’ai alors pris un taxi et envoyé un sms à Fatima pour qu’elle retrouve à la porte avec cinq milles pour que je paie le taximan. -PHILY : Bien fait pour toi ! La prochaine fois ça te servira de leçon. -MARIE : Bon Phily ça suffit maintenant, tu ne vois pas qu’elle ne va pas bien ? Ce n’est pas le moment, « dimbeuliniou way yow !! » ishhh -BINETTE en pleurs: elle a raison Marie. C’est bien fait pour moi. -PHILY: et ta protectrice dans tout ça ? Elle est où ? -BINETTE : Fa a disparu depuis plusieurs jours je n’ai plus de ses news. La dernière fois qu’on s’est vues elle devait se rendre à Saly avec un de ses « mbaranes » -PHILY : pétasse ! Tu vois ma grande. Quand je te parlais tu pensais que c’était pour te faire du mal, voilà le résultat. Estime-toi heureuse qu’il ne t’ait pas violé. Tu t’en tires pas mal en fin de compte. Non mais celle-là aussi deh !!! beusss !! Le lendemain nous avons laissé Binette dormir, après ce qui venait de se passer elle ne pouvait sûrement pas aller en cours ce matin. A l’entrée de l’école devinez sur qui je tombe ? Safy la terreur !! mdr !!! Mais contrairement à ce que je pensais, elle ne m’a rien fait. Elle m’a juste fusillé du regard avant de passer son chemin. Hum, on dirait qu’elle a compris hein. C’est ce que je me suis dite, mais dès que je me suis posée en classe, elle m’envoie un texto. « Peureuse ! Je pensais que tu pouvais te défendre seule ? Mais il a fallu que t’ailles te cacher derrière un mec. Si tu penses que j’en ai fini avec toi, tu te trompes. Tu ne l’auras jamais ce mec. Je serai ton pire cauchemar. » Hum, ça commence bien ! Alors que je ne sors même pas encore avec Ibou je m’attire déjà des ennuis.


Lisez toute la chronique