Journal Intime (10) : Amour, amour, amour...

Journal Intime (10) : Amour, amour, amour...
lun. 5 sept. 2022, Journal intime, par Fatima

Ce n’était plus le grand amour entre Binette et le reste du groupe. Elle vivait toujours avec nous dans la chambre mais ne nous adressait pas la parole.

Au finish nous aussi avons finalement pris nos distances. Elle continuait de mener son nouveau mode de vie. Virées nocturnes, “weekend party"… la belle vie selon elle quoi. Ibou m’a offert un cadeau d’anniversaire. Un soir il nous a apporté à dîner. -PHILY : Waouh, parrain tout ça pour qui ?? -IBOU: pour mes filleules chéries voyons. Binette était en train de se préparer. Ibou, n’étant pas au courant de ce qui se passait vraiment entre nous la taquine. -IBOU : hum, filleule tu t’affaires « deh », pour qui ? -BINETTE : ah, j’ai un diner parrain. Avec ton futur gendre peut être qui sait. -IBOU : ah, j’espère avoir l’occasion de le rencontrer pour qu’il me dise réellement ses intentions, je ne veux pas d’un « thiakhankat deh » ! « Promis je vais te le présenter. » Disait-elle en prenant son sac. -BINETTE : bon, parrain passe une bonne soirée, ciao, ciao. Elle avait failli marcher sur les pieds de Marie en sortant. Même pas un au revoir, elle nous a carrément toisées. Là, Ibou comprit qu’il se passait quelque chose, mais ne dit rien. Ibou a acheté des pizzas, des boissons, la nourriture comme on aime quoi. -PHILY : Bilay Ibou on t’adore, finalement nous aussi nous nous aurons notre samedi soir… hahaha ! Il ne manque que la musique et Boum boum. Vers vingt-deux heures, il prend congé. Ça c’est vraiment lui, très discipliné, très courtois. Il ne reste jamais au-delà de vingt-deux heures. Bien que ce soit un samedi soir, les filles ont tout tenté pour le retenir, mais il a refusé. Je l’ai évidemment raccompagné. Une fois en bas du pavillon B3. -IBOU : stop arrêtes toi là. Ferme les yeux. Il me faisait face. -MOI : « moh ! » -IBOU : vas-y et ne pose pas de question. Allez ! J’ai senti ses mains autour de mon cou et quand j’ai rouvert les yeux, j’avais autour du cou un joli pendentif avec une partie de cœur. Humm ! -IBOU : Joyeux anniversaire. -MOI: merci, mais fallait pas toi aussi. -IBOU : ce n’est rien. -MOI : heuu, où est l’autre partie du cœur ? -IBOU : … heeuuu, elle est là où elle doit être. -MOI : C’est-à-dire ? -IBOU : tu comprendras un jour. Quand je suis retournée dans la chambre les filles ne cessaient de me chahuter. -MARIE : Héhé, « dinama nekh », pendentif avec une partie de cœur, Ha Fatima, « the love story » va bientôt démarrer. Si ce n’est déjà le cas. -PHILY : Ibou est vraiment un « Ndanan » quoi (gentleman), une espèce en voie de disparition. Chérie, tu ferais mieux de le garder. -MOI: héhéhé, doucement là ! Vous parlez comme si on sortait ensemble. C’est juste un cadeau. Je disais ça mais au fond j’avais carrément craqué. Ce type sait s’y prendre avec mon genre. Mais il ne faut surtout pas que j’avoue ça aux filles. -PHILY : wéwéwé !! Cause toujours. Ma grande, tu es la moins expérimentée du groupe, alors pardon, ce type t’aime et tu l’aimes toi aussi. Que tu le veuilles ou non « nak », point barre. J’étais au lit mais je n’arrivais pas à trouver le sommeil. C’est quoi ça ? Il me donne une partie de cœur et me dit que l’autre est là où elle doit être. Mais où ? Je lui ai envoyé un texto. -MOI : merci pour le cadeau mais j’aimerai bien savoir où est l’autre partie. -IBOU : curieuse va, tu ne sauras rien. Tu ferais mieux de dormir, il y a cours demain. « Sopp ba beug deh !! » Le moment venu je te dirai où elle est mais pas avant. Les choses suivaient leur cours normal. Binette continuait sa vie, nous la nôtre. Ibou était toujours aussi mignon avec nous mais ne se déclarait toujours pas. Et j’avoue que ça commençait réellement à m’agacer. Phily pense qu’il a peur de se prendre un râteau et a donc proposé un plan pour un peu lui forcer la main. -PHILY: tu vas devoir te trouver un petit copain. -MOI : hahaha, rêves toujours. Sortir avec quelqu’un pour un autre ? -PHILY : hé laisse-moi t’expliquer. Ya pleins de mecs à l’école qui te courent après, commence à t’intéresser à l’un deux, joue le jeu « rek », on verra comment Ibou va réagir. J’ai beau dire non, c’était sans compter sur ces deux têtes de mules. Elles ont porté leur choix sur Ousmane, il est en troisième année. Un mec vrai de vrai. Mignon, assez quand même et qui me court après depuis le début de l’année. Je l’ai envoyé balader à plusieurs reprises mais cela ne l’a pas empêché d’insister. Les filles m’ont coaché. Comment je devais agir surtout devant Ibou. -MARIE : primo tu ne lui annonces pas que tu sors avec Ousmane, ça, les commères de l’école vont s’en charger j’en suis sûre. Il le saura. Et puis prends un peu tes distances. Ne lui envoie plus de sms et décline de temps à autres ses rendez-vous. Il faut que tu lui donnes l’impression d’être prise, que tu n’es plus libre maintenant. -PHILY : « walay » si on met le plan à exécution et qu’il ne réagit pas je te conseille de te le sortir de ta tête, un homme amoureux est forcément jaloux. Officiellement donc, je sortais avec Ousmane. Mais officieusement, on ne se voyait qu’à l’école. Sérieux parfois je me demande si je suis normale. Je n’ai aucune envie de me retrouver seule avec lui, contrairement à Ibou. Quand il m’invite à sortir j’ai toujours quelque chose à faire. Et quand monsieur me propose de venir me rendre visite à Claudel, bah je refuse tout simplement. Mais puisque c’est une relation nouvelle, il joue au patient. Mdr !! Le pauvre. Ibou a très vite été au courant de la relation. Par le biais de l’un de ses camarades de promo qui le taquine souvent à mon propos. « Boy, on dirait que le poisson s’est échappé deh » lui a-t-il dit un jour. C’était l’heure de la pause à dix heures. Ousmane est venu me parler dans la cour de l’école. Phily et marie ont fait exprès de nous laisser seuls. Je n’avais pas vu Ibou. Son ami continue. « Ils sortent ensemble depuis bientôt deux semaines. Faut croire que la timide a finalement pris ses marques. » Ibou était vert de colère. A un moment j’ai senti son regard, je ne sais pourquoi je me suis retournée et nos regards se sont croisés. Hiiiii, si ses yeux pouvaient tirer des balles Ousmane serait déjà à terre. Vous voyez le regard que lance un enfant quand vous lui prenez son bonbon ou son jouet. Non c’est pire que ça !! Là j’étais hyper mal à l’aise. Je regrettais déjà ce que je venais de faire. Le responsable de la classe d’Ibou annonce que leur prof était en salle. Monsieur m’a dépassé sans même me saluer. Je vous jure, il m’a juste lancé un regard de mépris et s’en est allé. J’ai enlevé mes mains de celles d’Ousmane. -MOI : j’y vais-je retourne en classe. -OUSMANE : quoi votre prof n’est pas encore là reste ici un peu. -MOI : je dois relire le cours avant. -OUSMANE : « Wa » quand est ce qu’on se voit ? Tu m’as dit que tu ne sors pas durant la semaine, alors samedi prochain on peut au moins faire un petit truc ensemble. -MOI : je dois me rendre en weekend à Thiès désolée. (hiihihihiihihi, ça c’est l’excuse que je sors toujours et vous aurez l’occasion de vous en rendre compte au fil du récit.) -OUSMANE : quand alors ? -MOI : je ne sais pas. Je te fais signe si j’ai le temps. Sur ces propos je lui ai tourné le dos, il m’a attrapé par la main. -OUSMANE : hé ho, t’as pas oublié quelque chose là ? -MOI : non, quoi. ? Il voulait que je l’embrasse. Pff, même pas en rêve, si tu crois que je vais perdre ma virginité avec toi. Je ne lui ai même pas répondu, je suis partie. Lui là il ne connaît pas sa tête « deh ! moh ! » A la descente Ibou est venu vers nous, en fait c’est Phily qui lui a fait un signe de la main pour l’obliger à nous saluer. Elle voulait savoir si son plan marchait. -IBOU : salut les filles. Quoi ? C’est tout ? Même pas de Fatima tu vas bien ? D’habitude y avait toujours un spécial pour moi. Mais là c’était « les filles » simplement. Et avec la manière. Ben moi aussi je lui ai lancé un simple « salut ». Phily ne cessait de le fixer. Mdr !! Au même moment, l’autre là, celui qui se prend pour le prince William vient nous trouver. -OUSMANE : On y va les filles ? Hé salut Ibou Hé oui, vu qu’il est véhiculé, c’est désormais lui qui fait office de chauffeur pour nous. Je fuyais le regard d’Ibou. Je baissais les yeux « ndeysan, gathiééé !! » (Hé la honte !) En fait j’étais triste, triste de le voir aussi triste. Il est monté sur son scooter, nous dans la voiture d’Ousmane. Chacun est parti de son côté. Ousmane voulait nous inviter à déjeuner dans je ne sais quel resto, j’ai décliné et j’ai proposé aux filles d’y aller sans moi, ce qu’elles n’ont pas fait évidemment. Nous sommes donc rentrées à Claudel. -PHILY : hahaaaaa, « wa » vous avez vu le regard de Ibou, « hé yow » j’ai eu pitié de lui « sakh » à un moment. Heureusement qu’Ousmane est plus costaud que lui sinon je crois qu’il allait lui sauter dessus. -MARIE : Wa boy ya quoi ? Pourquoi tu fais cette tête ? -MOI: pour rien, c’est juste que ce jeu ne m’enchante plus. Ce n’est pas moi ça, je n’aime pas faire semblant et faire souffrir les gens. -PHILY : ok on laisse tout tomber alors. De toute façon je viens d’avoir la confirmation que ce mec t’aime. Reste à savoir quand est ce qu’il aura le courage de te l’avouer. Et tu as raison, le pauvre Ousmane ne mérite pas ce qu’on lui fait. Excuse-moi chérie si je t’ai fait du mal, mon intention était juste pousser Ibou à se déclarer pour que vous viviez votre amour. -MOI : tu n’as pas à t’excuser, personne ne m’a forcé la main. Mais je mets fin à ce jeu. Au même moment mon call signale un message d’Ibou Hééééééééé !!! « Faut croire que Binette n’est pas la seule à aspirer au « bonheur » mais venant de toi, ça me surprend. Bien joué chapeau, tu auras bien caché ton jeu, mademoiselle « la sainte et timide » vous formez un très joli couple. Tu as bien su choisir ta proie. » Mes yeux étaient embués de larmes. Non mais au nom de quoi il me traite ainsi ? Binette ? Moi comparable à Binette ? Simplement parce qu’il m’a vu avec un mec de l’école ? Et puis il est qui pour me dire que je l’ai déçu. S’il pense que j’allais le laisser me manquer de respect il se trompe. Je ne lui ai pas répondu. J’attends le « face to face » de demain. Le lendemain à la pause je suis partie le retrouver en classe. Il discutait avec leur prof. Quand ce dernier parti je me mis en face de lui. -MOI: non mais attends, tu te prends pour qui pour me parler sur ce ton toi ? -IBOU : et tu es qui pour que je ne te parle pas sur ce ton ? À la Fatima que je connaissais, je n’aurais jamais dit ça, mais celle que j’ai vu hier… -MOI : termine ta phrase. Et puis qu’ai-je fait de mal sincèrement réponds moi. Il ne m’est plus permis de sortir avec un mec ? Quoi tu penses que tu es mon père, mon frère ? Même eux ne me traiteraient pas ainsi. Je ne suis pas ta chose ok !! Que les choses soient claires. C’est ma vie, lui au moins à eu le cran. J’ai enlevé le pendentif que j’ai jeté à ses pieds. Il était bouche-bée, surpris je crois bien. Je suis retournée sur mes pas. -IBOU : hé attends, excuse-moi je ne sais pas ce qui m’a pris de te parler ainsi. Désolé je ne voulais pas te choquer ni te manquer de respect. -MOI : c’est ça ! Tu me fous la paix ok !! J’avais prévu de casser avec Ousmane, et bien je revois ma décision. J’ai sur le champ envoyé un texto à ce dernier pour lui dire que je serai à Dakar finalement pour le weekend et que donc, on peut sortir le samedi. -PHILY : tu es sûre de ce que tu fais ? -MOI : oui, oui et oui. S’il m’aimait vraiment il me l’aurait dit. Qu’il aille se faire voir. Le fameux samedi soir arriva. Ousmane m’a dit qu’il allait me faire une surprise. Ibou lui ne cessait me m’envoyer des textos pour s’excuser, « falléwoumako. « Vers dix-neuf heures Oussou bébé est passé me prendre. Nous sommes allés dans un resto de la place. Il était tout heureux « ndeysan » et ne cessait de me complimenter. Tu es ravissante, tu es mignonne, tu es ceci, tu es cela… mais moi, mes pensées allaient vers Ibou. Je le voyais à la place d’Ousmane et je me mettais à sourire bêtement. Je pensais aux moments qu’on avait eus ensemble. De simples balades qui à mes yeux valent plus que ce dîner chic. Ousmane pensait que c’est ce qu’il disait qui me faisait sourire, le pauvre. Mdr !! A peine une heure en sa compagnie et j’en avais assez. Je prétexte alors des maux de tête. A contre cœur alors il m’a ramené à Claudel. -PHILY : « aka gaw !!! » Waw vous êtes rapides vous !! -OUSMANE : Elle dit qu’elle ne se sent pas bien. Après qu’il soit parti, les filles se sont ruées sur moi. -MARIE : vas-y explique ? C’était comment ? Et ne me parle pas de maux de tête, je sais que tu fais du « patial forox » ! (C’est faux.) -PHILY: il t’a amené où ? « wa do wakh ? » Parle toi aussi. Ne pouvant plus me retenir j’ai craqué, je ne sais pas ce qui m’a pris mais c’était plus fort que moi. -MOI : je l’aime, les filles. C’est lui que j’aime, pas Ousmane. Tout au long de la soirée son visage m’était gravé. Je ne cesse de penser à lui. C’est quoi ce sentiment purée. -PHILY: c’est l’amour ma grande ! Tu n’en veux pas il est là, tu en veux il disparaît. Il n’est jamais là au bon moment. Je le savais depuis le début mais puisque tu t’entêtais à ne pas l’admettre, il fallait juste te laisser un peu de temps. Le soir même j’ai parlé à Ousmane au téléphone. Je lui ai clairement expliqué que ça ne marcherait pas nous deux. Bien sûr il a essayé de me faire croire le contraire, mais j’étais déterminée à mettre fin à cette relation. Hors de question que je fasse souffrir quelqu’un d’autre. J’ai également coupé les ponts avec Ibou. Je voulais l’oublier. Plus de resto ensemble, plus de balades… justes des camarades d’écoles désormais, c’était ma résolution. Vais-je y arriver ? Ps: Walay mes chéris vous me manquez grave. Dès que je termine les exams vous en aurez pleins la vue, promis promis promis. kissous Mouah bou pataaa!!


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