Journal intime (1), Novembre… en route pour Dakar

Journal intime (1), Novembre… en route pour Dakar
lun. 1 août 2022, Journal intime, par Fatima

Il est environ 10 heures. Me voici en route pour Dakar avec ma mère. Mes cours démarrent demain. Après le Bac j’ai réussi à un cours d’entrée dans une école de formation au sein de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad).

En attendant de trouver un logement au sein du campus social, je pars m’installer chez mon oncle qui vit quelque part dans la capitale. Et c’est ma mère, en véritable maman poule qui m’y amène. Remarque je ne sais pas où c’est. En fait je ne sais pas grand-chose de Dakar. Je suis originaire de Thiès. Je suis née, j’ai grandi, j’ai étudié là-bas. Je ne connais que Thiès. Les rares fois que j’ai eu à venir dans la capitale c’était lors des sorties pédagogiques. J’ai visité le Phare des Mamelles, la voile d’or, des endroits du genre quoi. Durant tout le trajet j’étais silencieuse dans mon coin. J’étais triste en fait. Triste de quitter ma ville que j’aime tant, triste de savoir ma famille désormais loin de moi, même si je sais que je pourrais y aller en weekend. En même temps j’appréhendais ma nouvelle vie. Je ne connais pas la famille de mon oncle. Tout ce que je sais, c’est que c’est le genre de famille qui se croit aux Usa avec ma cousine qui croit être un personnage de « gossip girl ». Lol. Je reviendrai sur celle-là d’ailleurs. Ah je ne me suis pas présentée. Fatima je me prénomme. J’ai 20 ans, orpheline de père depuis l’âge de 6 ans. Ma mère, Mère Ndiaya comme on la surnomme joue donc le rôle de mère, père, grand père, grand-mère, tante, tonton, tout à la fois. (vous comprendrez au fil du temps) une vraie battante qui a refusé de se remarier après le décès de mon père. Elle a l’habitude de dire que mes frères sont ses maris. Lol. Nous sommes six, ses enfants. « Machallah chappalah ! » J’ai eu une enfance tranquille. Je n’ai jamais causé de problèmes à mes parents. Tranquille, pas de sorties sans autorisations, pas trop d’amis et jusqu’en terminale, pas de petit copain. Sisisi, je vous le jure. Pour moi, c’était une perte de temps. Je me consacrais exclusivement à mes études. Au cours du voyage, de temps à autres Ndiaya me jetait des regards que j’esquivais. Je ne voulais pas qu’elle remarque que je versais quelques larmes. Midi à la patte d’Oie. Nous prenons un taxi et quelques minutes plus tard, nous voici devant la porte de la maison. Un quartier assez calme, résidentiel il paraît. On dirait un cimetière, il n’y a presque personne dehors. Tout le contraire de mon quartier à Thiès. On sonne et quelques secondes plus tard, une jeune dame vient nous ouvrir. La femme de ménage, je l’appellerai Tati. - Ndiaya : Tati comment-tu vas ? - Tati : Bonjour madame ça va et vous ? - Ndiaya : Oui ça va ! Après quelques salamalecs, nous voici à l’intérieur. - Ndiaya : Mon frère m’a dit qu’il serait au boulot à cette heure - Tati : Oui oui il m’a prévenu de votre arrivée. Toi j’imagine que t’es la nouvelle bachelière ? Ravie de faire ta connaissance. Fatima c’est ça. Avant que je n’ouvre la bouche, ma mère répond à ma place. - Ndiaya : Oui oui c’est elle. Une vraie battante. Elle a réussi à un concours à l’UCAD. Ses cours démarrent demain d’ailleurs. Soudain j’entends des cris qui proviennent de l’entrée de la maison. « Tati, tati yow pourquoi tu ne réponds jamais quand je t’appelle ? Hum, ça doit être Mlle ma cousine allias blair Waldorf. - Tati : héy arrêtes de crier comme une folle, je suis au salon. Blair fait son entrée En voyant ma mère elle s’écrie encore : « Badjièèèèèène !! namenala !! » en lui faisant la bise. (En fait, ma mère à l’habitude de venir leur rendre visite, mais moi je n’ai jamais mis les pieds ici. La seule fois où je l’avais vu, j’avais moins de dix ans, c’était lors d’une cérémonie. » - Ma mère : Ay way mon bébé est là ! - Blair : toi tu dois être Fatima. Papa m’a dit hier que tu venais pour…. Vous connaissais la suite quoi ! Moi c’est Amina ! - Moi : (enfin j’ouvre la bouche) Heu oui oui ! Ravie de faire ta connaissance. Juste après le déjeuner, ma mère a pris congés. Bien sûr après les dernières recommandations bien sénégalaises quoi. « N’oublie pas que tu es la pour les études. Alors comportes toi bien avec tout le monde. De toute façon j’ai confiance en toi, je te connais. » Après son départ, ma cousine me montre sa chambre qu’elle va désormais partager avec moi et là où je devais ranger mon énorme sac. Première journée loin de maman, début de mon aventure dans Dakar.


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