Boury (12), seule face à son nouveau destin...

Boury (12), seule face à son nouveau destin...
mer. 31 août 2022, Boury, par Amlesage

Seule face à son nouveau destin, Boury se sentait perdue, vide dans l’âme, haineuse dans le cœur. Ses larmes inondaient son joli visage, ses mycoses coulaient, elle bavait et pleurait, toujours seule dans les rues obscures de la ville. Obscure comme la nouvelle personne qu’est devenue la fille. Si sa personnalité s’était matérialisée en cette nuit, nulle ne l’aurait distinguée des ténèbres. Tout ce qui pouvait ressembler à une lueur avait sombré au fil du temps.

Méritait-elle vraiment ce sort ? Elle avait bel et bien pêché mais fallait-il qu’elle vive une vie de martyr pour l’expier? Toute personne avec une once de sensibilité répondrait surement négativement. D’autant plus que lors de cette nuit où elle va se retrouver seule, pour la première fois Faty lui refusait un refuge. Lorsqu’elle l’appela pour lui expliquer la situation, Faty lui répondit avec hargne et méchanceté, ce qui pouvait se comprendre. «Je ne suis pas ta pute, tu ne peux pas rentrer et sortir de chez moi quand tu veux et comme tu veux», elle lui avait lancé fermement avant de raccrocher. Toujours seule, encore dans cette sombre nuit au sens figuré comme propre, elle avait senti le manque d’une présence, celle maternelle. Elle savait qu’à ses côtés, celle-ci saurait la rassurer. Et une question lui revenait à l’esprit: comment pouvait-elle lui annoncer la chose? Elle gardait toujours la lettre qu’elle lui avait envoyée le jour de son anniversaire. Elle la sortie pour la relire de nouveau. A chaque fois qu’elle avait un problème, une partie de la lettre répondait parfaitement ses interrogations du moment. Ce soir-là elle lut: «… si tu crois que tout va t’être servi sur un plateau d’or, tu te trompes ma fille. Émigrer n’est point synonyme de réussir: sa propre réussite on se la construit à coup d’efforts, de patience et de persévérance. C’est un chemin semé d’embuches et de trahisons. Un jour tu trahiras malgré toi ou volontairement, alors il te faudra t’excuser. Si un jour tu es trahie, pardonne si tu peux, si tu n’y arrives pas, efforce-toi car c’est dans le pardon qu’on trouve la tranquillité d’esprit, le salut. Quand tu te retrouveras trahie au point que tu ne puisses pardonner, essaie de penser à autre chose et non pas à ta rancune, pense à moi par exemple, penses à nos jours heureux et tu trouveras réconfort dans un petit coin tranquille de ton cœur et de ton esprit…» Ce qu’elle fit pendant ces moments de solitude, elle pensait à sa mère, à leurs jours de béatitude. Faisant abstraction de tout ce qui venait de penser, tous ses malheurs s’étaient dissipés, la nuit sombre n’existait pas, sa grossesse fut oubliée, rien de tout ça n’existait… un petit sourire se dessinait même sur son visage. Au cœur de son malheur, ses souvenirs lui rendirent un peu de son bonheur d’antan. Plongée dans ses pensées, elle fut interpellée par une voix masculine qui lui était familière. La silhouette ne se distinguait pas mais elle reconnaissait la personne par cette voix si particulière. Cette voix qui d’habitude l’énervait et qui promptement la faisait fuir en même temps que son écho lui parvenait. C’est celle du jeune homme qui la dégoutait tant, qu’elle traitait de singe pour sa mocheté, ce jeune homme à qui, elle n’a jamais voulu accorder sa chance mais acceptait ses cadeaux facilement. Cette voix pour la première fois la rassurait car dans les rues en pleine nuit avec ses valises, c’était sa seule voie salvatrice. Le jeune homme du nom de Famara, la releva alors qu’elle était couchée à même le sol pour lui demander ce qu’elle faisait en pleine nuit seule dans la rue. Elle lui expliqua qu’elle s’était disputée avec Jicé sans donner de détails. Elle ignorait qu’il savait déjà tout et n’était pas là par hasard. En effet, après avoir chassé Boury de chez lui, c’est Jicé qui appela ce jeune homme pour lui dire d’aller la chercher parce qu’il venait de la mettre dehors. Il lui expliqua tout sans les moindres détails et incita Famara à prendre sa revanche. Il lui suggéra d’aller chercher Boury pour l’amener chez lui et de profiter d’elle pendant ces moments de faiblesse. Après l’avoir cherché vainement pendant plus d’une heure chez ses amies, il comprit que le seul endroit où elle pouvait aller, c’était la résidence universitaire qui serait surement fermée à ces heure-là. Boury ne pouvait être loin de là, attendant l’aube pour se faufiler dans sa chambre qu’elle avait toujours gardée. C’est effectivement à une centaine de mètres de la résidence qu’il la trouva couchée à même le sol. Quand il lui proposa de venir chez lui, Boury était plus que ravie. Ses craintes de devoir dormir dehors sous le froid se rassuraient avec cette proposition. Il l’amena donc chez lui au bord d’un taxi. Il s’est montré protecteur et rassurant, alors la jeune fille sentit ses peurs s’apaiser au moins pour ce qui reste de la nuit. Après lui avoir proposé de prendre un bain, il lui donna à manger et se mit à discuter gentiment avec elle. Elle esquivait des sourires répondant à la bienveillante sollicitude de ce garçon. Bienveillante, son attitude en avait l’air mais ses intentions en étaient bien loin… En discutant avec elle, il commença à posait ses courts doigts, rudes et non entretenus sur sa cuisse pendant que Boury le repoussait timidement pour ne pas être méchante alors qu’il venait de la sortir de cette situation délicate. Le manque de fermeté dans les gestes de la fille l’encourageait à continuer encore. Sa main revenait encore sur la cuisse avec cette fois-ci plus de poigne. Au même moment sa bouche avec ses dents jaunis sans doute par le manque d’hygiène, s’approchait de celle de Boury pour poser ses lèvres sur les siennes. Le fait de l’avoir sorti de l’embarras, mettait la fille mal à l’aise, elle ne voulait pas le repousser mais ne voulait pas non plus aller plus loin avec lui. Il lui a fallu lutter contre son égo et son fort intérieur pour accepter le baiser que Famara lui donnait. Quand celui-ci tenta de la coucher sur le lit, Boury se dégagea d’un seul bond. FAMARA: Qu’est-ce qu’il y a? Tu te trouves trop bien pour moi? BOURY: Ce n’est pas cela, je viens de vivre une soirée bouleversante, j’aimerai juste me reposer. C’était une manière édulcorée pour elle, de lui dire qu’elle voulait qu’il la laisse dormir. Mais, Famara ne comprenait rien ou prétendait ne rien comprendre. Il se rassit sur le lit alors que Boury se retranchait dans un petit coin de la chambre. Une attitude qui lui ne correspondait plus du tout. Mais durant cette soirée, elle avait affaiblie pour l’enchainement des choses. Elle n’avait plus la force de tenir tête à Famara. Renvoyant tous les signes de faiblesse (bras croisés, tête baissée, s’isolant dans un coin), elle encourageait le garçon à persévérer dans ses actions. Famara avait toujours désiré la jeune femme mais là, la voir en petites tenues (parce qu’elle s’apprêtait à aller au lit), en ayant accès à un peu de son intimité, le fait qu’ils ne soient qu’eux deux dans la chambre, les paroles incitatives de Jicé, l’heure tardive de cet évènement, favorisaient ce qui allait suivre. Au téléphone Jicé avait dit à Famara que Boury se payait sa tête, qu’elle couchait avec tout le monde et qu’elle ne le faisait pas avec lui seulement parce qu’elle le trouvait crade. Une manière à lui de mettre Famara en colère afin que celui veuille lui aussi se venger. En se souvenant de ces paroles et vu la façon dont Boury le fuyait, son regard commençait à changer jusqu’à défier ceux des plus vicieux. Boury avait senti ce changement dans son regard et sa voix, elle tenta de sortir de la chambre quand Famara se précipita pour fermer la porte. BOURY: Laisse-moi sortir s’il te plait. Le jeune homme ne répondit pas à cette demande. Au contraire, il la prit par la taille pour la diriger vers le lit pendant que Boury se débattait pour se libérer de cette étreinte. Elle avait beau s’agiter énergiquement, dans les bras du garçon, elle était toute minuscule et tout effort était vain. Sa postiche bondit d’un bon mètre au même moment où il la plaqua violemment dans le lit. Elle avait dépensé toutes ses forces qu’il lui restait après cette dure nuit. Avoir trainé ses valises toute seule et avoir marché pendant des heures l’avaient vidée. Alors elle mit ses dernières forces dans cette lutte perdue d’avance. Il était à présent sur elle, penché, lui tenant ses deux sur le lit et Boury se mit à crier. Il lui mit la main sur la bouche pendant que ses genoux maintenaient les mains de la fille sur le lit. Elle avait mal, mal qu’il laisse reposer tout son poids sur elle. Il n’y avait pas moins de vingt kilos de différence entre les deux. Impétueusement, il lui arracha le haut qu’elle portait. Seins en l’air, à bout de force, n’ayant plus d’énergie pour lutter, Boury était restée immobile car son sort était visiblement fixé. Il lui déchira le short et la culotte d’un même coup. Quand Boury dans un dernier essayait encore de lutter, la gifle qu’il lui donna lui ôta toute envie de recommencer. A présent, elle était à lui, et lui s’acharnait sur elle hargneusement comme s’il n’avait jamais connu de plaisir sexuel. Il la retournait à sa guise et la jeune femme pleurait encore et encore. Les mouvements brutaux de va-et-vient entre ses cuisses lui faisaient particulièrement mal. Famara avait une anatomie imposante. Tout ce que voulait Boury c’était qu’il finisse par assouvir ses désirs mais il n’en terminait toujours pas de haleter et verser de grosses gouttes de sueur puantes sur elle bavant même parfois sur son corps. Ce qui semblait durer pour elle, une éternité, n’avait duré qu’en réalité qu’une dizaine de minutes. Et puis quelques secondes plus tard, le cri d’assouvissement qu’il lança faisait distinctement comprendre qu’il en avait fini. Il avait seulement entendu parler des histoires de viol à travers les ouï-dire et la télé par le cinéma. Et ce qu’elle avait appris dépassait très largement son entendement. Alors, en être victime et comme toutes les autres victimes d’ailleurs, jamais, elle ne s’était l’imaginer. Hélas, cela n’arrive pas qu’aux autres…


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