Une rencontre inattendue, Mariame

dim. 6 déc. 2020, Mariame, par Bessy

Avant même qu’il n’arrive à leur niveau, Rosie rassembla ses affaires et s’adressa à Sylvia « je me sens mal, je vais rentrer, tu viens avec moi ? »

Main dans la main, Pape Aly et Mariame étaient face à la mer, admirant la vaste étendue d’eau aux reflets cristallins. « Je t’aime ‘Ma » murmura le jeune homme à la belle Mariame Elle le regarda d’un doux et tendre regard et serra sa main qu’elle porta à sa joue « je t’aime aussi » « Sais-tu que je t’ai aimée dès la première fois que je t’ai vue, alors que tu n’étais que cette jeune adolescente vendant ses légumes au marché ? Mais je pense que je refusais de l’admettre, mais tu n’as jamais quitté mes pensées » « Moi aussi je t’ai aimé dès que je t’ai vu et tu n’as jamais quitté mes pensées, même si j’ai essayé de donner leur chance à d’autres, tu es le seul que j’aime réellement » Pape Aly respira profondément tout en fermant les yeux, puis reprit « Je veux t’épouser Mariame » Elle ouvrit grands ses beaux yeux tant elle était surprise et heureuse, elle eut du mal à se retenir et sauta au cou du jeune homme Ils restèrent un moment enlacés puis Mariame se détacha de lui tout en lui faisant son plus grand sourire « Serait-ce un oui ? » demanda Aly d’un air taquin « C’est oui ! Il faudra que j’en parle à ma mère » Le jeune couple resta un moment face à la mer puis se promena le long du rivage, main dans la main, silencieux, pensant au bel avenir qui se dressait face à eux. « Et Sylvia dans tout ça ? » demanda Mariame « Je me suis expliqué avec sa mère et elle a compris » répondit il Mariame resta silencieuse un moment, elle connaissait Sylvia pour l’avoir vue à plusieurs reprises chez le jeune homme et avait été témoin de leur rupture. Elle avait lu du chagrin, de la déception et une grande jalousie dans les yeux de cette dernière lorsqu’elle quittait la maison du jeune homme ce jour-là, et elle avait su que cette dernière avait quelque peu des sentiments pour Pape et qu’elle ne lâcherait pas facilement l’affaire. « Et tu n’as pas eu de ses nouvelles entre temps ? » s’enquit elle Pape Aly pensa lui expliquer le passage de la remise de diplômes, lorsqu’elle a annoncé à tout le monde qu’ils allaient se marier, mais il jugea que ce n’était pas nécessaire et que cela ne ferait qu’inquiéter sa douce Mariame. « Non » lui fit-il « C’est bien bizarre, elle n’a même pas essayé de reprendre contact depuis que vous avez rompu ? » reprit-elle. Pape Aly sentit des remords car il n’aimait pas mentir à Mariame « Je l’ai juste rencontrée à sa cérémonie de remise des diplômes » « Ah oui ? Tu me fais des cachotteries maintenant ? » lui fit elle tout en le taquinant mais en étant curieuse de savoir l’issue de cette rencontre « Je n’avais pas jugé nécessaire de t’en parler Mariame » « Ah, pourtant c’est important pour moi, que s’est-il passé ? » Pape Aly hésita à lui expliquer le spectacle crée par Sylvia puis il finit par tout lui dire, ne formaient-ils pas un couple après tout et n’’avaient-ils pas décidé de ne pas se cacher les choses importantes concernant leur couple et leurs vies ? Mariame resta un moment silencieuse, en effet Sylvia n’avait pas lâché l’affaire et elle s’avérait être une adversaire. « Je te propose de repousser notre mariage mon amour, le temps que tout ceci passe, car si tu la quitte et que tu te maries aussi vite, cela pourra créer des problèmes, c’est une femme jalouse, laisse lui le temps de digérer ça puis on remettra cela sur la table. » dit Mariame « Mais on ne va pas prendre nos décisions en fonction de ses états d’âme mon amour, notre bonheur ne dépend pas du sien » protesta Pape «Mets toi cinq secondes à sa place, imagines que je te quittais et que je me marie un mois après à une autre ? Comment le prendrais tu alors que toi-même tu n’as pas arrêté de me demander en mariage et que je te disais tout le temps que je n’étais pas prête ? » « Tu as raison conclut-il, cela pourrait la blesser davantage » dit Pape Aly tout embrassant la main de sa douce Mariame qu’il appréciait pour sa finesse d’esprit. Sylvia était allongée dans son lit, pensive …En fait elle ne pouvait cesser de penser aux beaux moments passés avec Pape Aly. Pourquoi la quittait-il alors qu’ils étaient si près du but ? Elle réfléchit ensuite à ses comportements avec lui…Quand elle y repensait elle se rendait compte qu’elle le harcelait avec ses projets de mariage. Il est vrai qu’il ne le lui avait jamais demandé et que c’est elle qui lui en parlait sans cesse. Mais qu’y pouvait-elle ? Elle l’aimait, elle souhaitait tout simplement s’unir à lui, d’autant plus qu’elle avait remarqué qu’il avait réussi sur le plan professionnel. Peut-être lui avais-je trop mis de pression, se dit-elle ; Elle prit son portable, décida de l’appeler pour s’excuser et pour s’expliquer avec lui, peut-être que les choses s’arrangeraient ? Elle parcourut le répertoire quand elle eut un appel de Rosalie, elle décrocha « Allô ? » « Allô ma belle, ça va ? » « Oui je vais bien te toi ? » « Ca va, tu n’es pas sortie ces temps-ci ? Tu es sûre que tu vas bien ? » reprit elle Sylvia ne put alors s’empêcher de verser une larme et sa voix changea « Je n’arrête pas de penser à lui Rosie…J’aimerais l’oublier mais c’est dur » « J’arrive dans un quart d’heure chez toi, prépares toi car on va sortir, ça te fera du bien je t’assure, je passe te récupérer bientôt ma chérie » répondit elle avant de raccrocher, ne laissant pas le temps à son amie de se trouver un prétexte pour rester chez elle où elle s’enfermait constamment depuis sa rupture. Une sortie lui ferait le plus grand bien ! Sans même réfléchir, Sylvia prit une douche et se pomponna, elle voulait se faire la plus belle pour compenser cette tristesse, ainsi vingt minutes plus tard, elle était radieuse dans sa belle robe à fleurs bleue, bien qu’elle ne pouvait ôter Pape Aly de son esprit. Rosalie vint la récupérer chez elle quelques minutes après et direction le glacier. De son groupe d’amies, Rosalie était la plus attentionnée et la plus prévenante. Elle se disputait souvent avec Sylvia, mais elle n’aimait pas la voir triste, et chaque fois elle faisait le premier pas vers elle car elle connaissait son amie. Rosalie n’était pas comme les autres et était souvent à contre-courant elles. En effet, elle conseillait toujours Sylvia avec sagesse car elle connaissait l’impulsivité de son amie, elle n’était pas du genre à envenimer les situations, mais elle aimait aider à trouver des solutions efficaces tout en préservant son amie. Elle ne la suivait pas dans ses coups de tête comme les autres, mais elle l‘écoutait et la conseillait avec maturité. Et c’est cela une vraie amie, quelqu’un qui vous veut du bien et qui est totalement désintéressée. Quelques instants après, elles arrivaient chez le glacier et pendant tout un trajet durant lequel Sylvia affichait une mine triste, elle esquissa enfin un sourire « Je préfère te voir comme ça ma chérie » lui dit Rosalie tout en lui pinçant la joue. Elles s’installèrent sur une table ombragée comme elles avaient décidé de prendre leur glace en plein air. Le serveur les salua et leur tendit les cartes et leur choix fut vite fait comme elles avaient chacune leur préférence, il s’en retourna alors avec leurs commandes. « J’ai un soucis Rosie, j’ai du mal à l’oublier, il ne m’aime peut être plus mais je l’aime toujours, ce serait tellement beau si on pouvait cesser d’aimer une personne qui ne nous aime plus» « C’est ce qui rend l’amour parfois dur, lorsque les sentiments ne sont plus réciproques, tu sais ça m’était arrivé avec Tony, dit-elle en se remémorant une ancienne histoire datant de trois ans » Sylvia écarquilla ses yeux, elle ne l’avait jamais su, elle n’a jamais su que Rosie avait souffert du fait que son ex aie mit un terme à leur relations parce qu’il devait poursuivre sa carrière dans son pays, personne ne le savait ! Rosalie rit « je sais, ça t’étonne, c’est par ce que je n’aime pas raconter mes peines aux autres, mais chacun a sa nature et nous nous enrichissions les uns les autres par le partage d’expériences :j’en ai souffert pendant un bon bout de temps, et ce que je pourrais te conseiller est la chose suivante : mets tout au clair avec lui avant de te séparer de lui, et dit lui ce que tu as au fond du cœur, même si ce ne sont pas des choses gentilles, dit le lui calmement, le fond de ta pensée et je t’assures que ça te libérera, en lui disant le mal qu’il te fait et en lui disant à quel point il te déçoit et que toi aussi tu acceptes sa décision, tu lui auras dit ce que tu as dans le cœur et après cela laisse le vivre sa vie, souhaite lui le meilleur et construit aussi ton bonheur en essayant de ne pas toujours penser au passé. Occupes toi, fais d’autres choses, et je suis là aussi ma chérie, nous irons voir de merveilleux endroits et tu rencontreras l’homme de ta vie ma chérie grâce à Dieu. Sylvia sourit et était émue par les paroles réconfortantes de sa Rosie, elle était si douce et si forte à la fois, une vraie femme ! « Merci ma Rosie » « Mais de rien, ça me fait tellement plaisir de te voir sourire, regarde toi, tu es si belle, ma latino sénégalaise! Mais « nak » tu as un tempérament de feu, il faut essayer d’être moins impulsive ! » « J’y veillerai, je sens que je travaillerais beaucoup sur moi-même pendant cette période de rupture et tâcherais de ne plus refaire les mêmes erreurs. Elle confia tout de même tout son chagrin à son amie Rosie qui la conseilla quand soudain elle resta muette face à deux silhouettes robustes et élancées. Rosie se retourna et en fit de même, mais à la différence de Sylvia, elle laissa s’échapper un long tchiip qu’elle ne put contenir avant de se retourner. Elle failli même prendre son sac et proposer à Sylvia de s’en aller, mais elle devait faire bonne impression, elle était une femme forte. Sylvia détacha soudain son regard de l’homme qu’elle regardait quand ce dernier se retourna, tout autant surpris qu’elle et en lui décochant un charmant sourire qui semblait tout de même gêné. Le bel ivoirien hésita à aller vers Sylvia puis se retint…Puis décida de se lancer, d’un pas assuré, il se dirigea vers la table des deux jeunes femmes quand le sang de Sylvia ne fit qu’un seul tour, elle se sentit rougir sur le champ, ses oreilles étaient toutes chaudes et commençaient à bourdonner. Comment pouvait -il encore lui faire cet effet après tout ce temps? « Bonjour Rosalie », fit-il à l’adresse de Rosalie qui lui tendit la main avec un demi-sourire, tout en espérant que l’allemand aux beaux yeux émeraude qui se tenait toujours sur le comptoir ne se joigne à eux, mais, à son grand désarroi, il approcha de sa démarche assurée, cette démarche qui l’avait séduite cinq ans auparavant. Avant même qu’il n’arrive à leur niveau, Rosie rassembla ses affaires et s’adressa à Sylvia « je me sens mal, je vais rentrer, tu viens avec moi ? » Restant un moment muette, ne sachant que faire, elle répondit finalement par l’affirmative, troublée par ses sentiments mitigés.


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