Reste toi même !, Mariame (8)

dim. 27 sept. 2020, Mariame, par Bessy

« Ne me dit pas que tu vas y aller comme ça ? « nguey melni kouy djeum entretien » {on dirait que tu vas à un entretien} se moqua Fafa… A cet instant Lalah se demanda comment elles allaient réagir à la vue de sa tenue à elle.

Elle fixait la silhouette qui se reflétait dans la grande glace qui se trouvait dans la chambre qu’elle partageait avec ses deux sœurs. D’habitude, elle jetai un bref coup d’œil à l’image que lui montrait le miroir avant d’aller à l’université, mais aujourd’hui, elle s’observait scrupuleusement, et d’un autre regard. En effet, Lalah se demandait ce que pouvait bien lui trouver Malal car elle avait bien remarqué que ce dernier n’était pas indifférent à elle et son insistance afin qu’elle se rende à sa fête avait fini de la fixer sur son idée. Pourtant Lalah était loin d’être laide, elle avait hérité du beau teint noir d’ébène de sa mère qui est d’origine Sérère et des traits fins de son père Peuhl. Ce joli métissage avait donné naissance à une jolie jeune femme très fine et gracieuse, au sourire éclatant. Elle était souvent complexée par sa petite taille mais elle était tellement mignonne. Mais Lalah, une fille si simple…Pourtant Malal était bien entouré…et elle repensa à Binta, Fafa et Raissa qui étaient de très belles et coquettes jeunes femmes, sûres d’elles, toujours à la pointe de la mode et qui semblaient mener une vie si intéressante par rapport à la sienne. Il pouvait bien choisir l’une d’entre ces filles, non ? Mais elle… A moins qu’il se joue d’elle… Et si c’était le cas ? Lalah secoua sa tête en repensant à l’un des reproches que lui faisait souvent sa mère, à savoir qu’elle se comparait trop souvent aux autres, ce qui faisait qu’elle ne voyait pas réellement ce qu’elle possédait et n’estimait pas à leur juste valeurs ses atouts. En effet, le principal défaut de Lalah était qu’elle faisait une fixation constante sur les autres. Elle fit une petite grimace et se dirigea vers le lit sur lequel était posé l’ensemble qu’elle avait l’intention de mettre ce soir qu’elle plia soigneusement avant de le ranger dans son sac. Elle réajusta quelques mèches rebelles de sa belle chevelure et entreprit de sortir de la chambre. Elle se rendit dans la cuisine où elle trouva sa mère et Mariame qui étaient affairées à préparer le repas de ce soir. Sa mère la scruta rapidement de haut en bas, le sourire aux lèvres : « Ah ma fille tu es resplendissante, tu vas en faire tourner des têtes dis donc » « Merci maman, je vais me changer chez des copines comme convenu et nous irons ensemble à la fête » Mariame, qui était silencieuse jusque là, prit la parole : « En tout cas c’est ta première soirée, amuses toi bien mais comportes toi bien aussi, tu es une fille bien éduquée et de bonne famille » « Ne t’inquiètes pas Mariame, tu peux compter sur moi », lui dit elle avec un grand sourire « Et c’est ton ami qui te raccompagne ? », s’enquit sa mère Lalah lui répondit par un timide « oui » et sa mère et Mariame se regardèrent d’un air convenu avant d’éclater de rire et de se moquer gentiment d’elle. C’est sur cette atmosphère bien joviale que Lalah quittait sa maison. Quelques minutes plus tard elle se trouva dans un coquet quartier résidentiel bien différent du sien dans lequel régnait le calme. Elle était émerveillée par les luxueuses voitures garées soigneusement de part et d’autre des trottoirs. C’était la première fois qu’elle se rendait dans cet endroit. Elle se remémorait les indications que lui avait données Raissa pour retrouver sa maison qu’elle retrouva sans grande difficulté. Elle fut frappée par la beauté de cette et élégante demeure devant laquelle elle se trouvait et se surprit à rêver habiter une aussi belle maison. Les pas rapprochés du vigile dont elle n’avait jusque là pas noté la présence l’extrairent de sa rêverie, il lui demanda gentiment qui est ce qu’elle cherchait et lorsqu’elle lui répondit qu’elle venait voir Raissa, le vigile la regarda d’un air surpris et lui demanda de patienter un moment avant de composer un code de son appareil afin de prévenir son arrivée. Quelques instants après il l’invita à entrer et lorsque la porte s’ouvrit sur le jardin, Lalah s’efforça de cacher son admiration devant tant de belles choses qui invitaient à la relaxation, la cour extérieure était si vaste et décorée avec goût, elle lui rappelait les jardins japonais. Un petit chemin sillonnant entre des galets blancs menaient à la belle demeure et on pouvait observer un très grand bassin dans lequel nageaient de beaux poissons rouges dans un coin du jardin. Il y avait quelques plantes exotiques de part et d’autre et une grande table entourée de sièges était placée dans un coin ombragé, ce devait être un bien agréable endroit pour manger lorsqu’il fait beau, se dit elle avant de poursuivre son chemin. Elle frappa à la porte et une coquette et gentille dame lui ouvrit et l’invita à entrer, ce devait être la maman de Raissa, elle était toute souriante ! Elle la fit patienter dans le salon et lui servit à boire avant d’appeler Raissa pendant que Lalah admirait l’intérieur de la maison qui était aménagé avec finesse et élégance, elle n’avait jamais mis les pieds dans un aussi bel endroit, c’était comme dans un rêve éveillé. Elle se mettait à rêver offrir d’aussi belles choses à sa mère chérie. Quelques instants après, Raissa la retrouvait dans le salon et lui proposa de monter dans sa chambre, d’après ses explications Fafa et Binta n’étaient pas encore arrivées. La chambre de Raissa était simple bien qu’étant très « girly », en effet tout y était rose, on aurait dit une chambre de princesse, ça se voyait qu’elle sortait juste de l’adolescence ! C’était vraiment mignon et il y avait des peluches ca et là. Raissa lui demanda de se mettre à son aise et alla lui chercher des petits fours qu’elle lui proposa. Elle s’était ensuite mise à lui faire la conversation et à discuter de tout et de rien avec elle, elle lui posait des questions sur ses centres d’intérêts et sur elle, elle cherchait à mieux la connaître. Raissa se montrait sous un nouveau jour, elle était vraiment différente de la Raissa qu’elle avait l’habitude de voir à l’université qui, bien que restant silencieuse par rapport à Fafa et Binta qui étaient plus bavardes et excentriques, avait toutefois des attitudes de pimbêche. Non, c’était une Raissa douce, généreuse, prévenante et gentille à l’identique de sa mère qui l’avait accueillie aujourd’hui, une Raissa qui s’intéressait plus aux autres qu’à elle même car elle ne s’était jusque là pas vantée de ce qu’elle possédait. Elle était souriante et agréable, Lalah était vraiment à son aise avec elle et apprenait également à mieux la connaître…Donc son attitude hautaine n’était que façade, se disait elle. Quelques minutes plus tard la sonnette de la maison retentit et des rires sonores pouvaient parvenir aux oreilles de Lalah et Raissa qui reconnaissaient les voix de Fafa et Bintou qui saluaient chaleureusement la maman de Raissa Raissa hocha la tête tout en souriant et s’adressant à Lalah : « Ces deux là il faut toujours qu’elles fassent un boucan pas possible lorsqu’elles viennent chez les gens » Lalah se contenta de lui sourire et quelques minutes plus tard elles arrivaient dans la chambre où elle firent autant de vacarme en embrassant Raissa et Lalah. « Les fiiiiilles, yenn ca fait trop plaisir de vous revoiiiir ! » s’écria Fafa d’une voix stridente « Alors prêtes pour ce soir ? Tey la gnouy toj deuk bi { on va casser la baraque ce soir } » dit Binta d’une voix plus basse, souhaitant ne pas se faire entendre. Cette dernière posa sur le lit le grand cabas qu’elle avait apporté avec elle et en dévala tout le contenu « Hier j’ai fait tous les magasins de la ville à la recherche de la robe i-dé-ale, j’ai tout apporté et vous m’aiderez à faire le choix » En effet des robes de toutes les couleurs, aussi courtes, moulantes et affriolantes les unes que les autres gisaient sur le lit. « Ouuuh Bintou tu vas te faire remarquer aujourd’hui ! ! Dis moi qui as tu dans ton collimateur ? » lui demanda Fafa qui sortait de son sac trois paires de talons aiguilles. « Toi même tu sais » lui répondit elle d’un air coquin Lalah était bouche bée pendant que Raissa était comme hypnotisée à la vue des robes. « Et vous, qu’allez vous mettre ? » Demanda Binta tout en regardant d’un air de défi Lalah Raissa se jeta la première et se dirigea vers sa penderie d’où elle ressortit un joli pantalon stylé et bien découpé et une ravissante tunique . Lorsqu’elle l’apporta Binta et Fafa se regardèrent d’un air complice. « Pas mal… » dit Binta tout en étouffant ses rires « Ne me dit pas que tu vas y aller comme ça ? « nguey melni kouy djeum entretien » {on dirait que tu vas à un entretien} se moqua Fafa… A cet instant Lalah se demanda comment elles allaient réagir à la vue de sa tenue à elle Sur ce elles pouffèrent de rire avant que Binta ne lui propose une des robes qu’elle avait apportées. « Solalma lii mo gueune mane » {porte ceci c’est mieux} Raissa regarda la robe avec envie comme c’était totalement à la mode en ce moment et que tout le monde désirait cette robe, mais elle se retint « liii les filles ma mère ne me laissera jamais sortir comme ça » « Moo, tu n’es pas obligée de sortir de chez toi avec cette robe tu sais ? Attends on peut faire un petit tour chez moi juste après pour que tu l’enfiles, en attendant, essaie la » lui dit Fafa Raissa s’empressa d’essayer la robe tandis que Fafa se tournait vers moi : « Et toi ma chérie que vas tu te mettre ? »


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