Regrets, Mariame

ven. 4 déc. 2020, Mariame, par Bessy

Cette fille était bourrée de qualités et il l’avait laissé s’échapper bêtement pour une histoire de flirt.

Face au miroir de la salle de bains, Mariame ajustait son joli foulard noué avec élégance et créativité puis finalisait son discret maquillage : en effet étant une très belle femme dotée d’une grande simplicité, il lui suffisait de peu pour révéler sa beauté naturelle. En sortant de la salle de bain elle eut droit aux applaudissements admiratifs de Lallah qui était toujours sous la couette comme elle était en vacances, mais voulant soutenir sa grande sœur pour son premier jour de travail, elle avait décidé de se lever tôt afin de lui tenir compagnie. « Tu es superbe sister ! Ton tailleur te va à merveille ! » lui lança-t-elle d’une voix joyeuse « Merci ma chérie » répondit elle avant de regarder sa montre : il était sept heures et Pape Aly n’allait pas tarder à passer la récupérer afin de la déposer à son lieu de travail qui se trouvait dans le quartier des Affaires où il travaillait également. Elle sortit alors de la chambre pour se rendre dans le salon où se trouvait sa mère qui égrenait son chapelet, cette dernière lui fit un joli sourire et tapota le fauteuil afin qu’elle vienne s’asseoir à ses côtés, la jeune femme s’exécuta et sa mère lui prit les mais afin d’y formuler des prières, implorant Dieu pour que la première journée de travail de sa fille se déroule bien. Après ce beau moment, le portable de la jeune femme sonna, indiquant le nom de Pape Aly, ce dernier devait être arrivé comme elle avait entendu une voiture qui venait de se garer, elle déposa alors un baiser sur le front de sa mère et toqua à la porte de sa chambre afin de saluer Lallah qui se préparait à se lever comme elle voulait aider sa mère dans la réalisation des travaux domestiques du matin. Pape Aly avait garé sa jolie petite voiture sur le trottoir faisant face à l’immeuble de Mariame, en la voyant sortir de son immeuble, il baissa la vitre de sa portière afin de mieux voir celle que son cœur avait choisi : elle était si belle, si pudique et si simple, c’est la femme qu’il avait choisi et celle pour qui il avait l’intention de se battre car ses qualités lui suffisaient et il priait pour vivre heureux avec elle pour le restant de ses jours. « Bonjour ! » lui fit elle une fois qu’elle était arrivée à son niveau « comment vas tu ? Tu as bien dormi ? » « Oui je vais bien » lui fit il en lui gratifiant de son plus beau sourire Il démarra alors la voiture et prit des novelles de sa mère et de sa sœur Lallah ainsi que di petit Thiaat avant de lui expliquer que sa grand-mère demandait toujours de ses nouvelles et qu’elle lui manquait également. En effet durant sa période de travail chez le jeune homme, Mariame avait appris à mieux connaitre la grand-mère de ce dernier qui s’était beaucoup attachée à elle. Anna aussi, la petite sœur de Pape avait même versé des larmes lorsqu’elle a su que Mariame n’allait plus travailler chez eux. Mariame ressentit de la nostalgie à l’évocation de la famille de Pape Aly avec qui elle s’était attachée et avec qui elle avait conservé d’excellentes relations. Ils étaient maintenant bientôt arrivés dans le quartier d’Affaires et bizarrement, Mariame ne ressentit aucun stress ni une quelconque forme ‘angoisse, non, elle se sentait relaxée et heureuse de commencer sn nouveau travail qui était prometteur. Pape Aly se gara à une boulangerie à l’entrée de la ville et invita Mariame à l’y suivre. Comme ils disposaient d’une marge d’une heure le jeune home l’invita à prendre son petit déjeuner avec lui. Après cet agréable moment où Pape Aly donnait des conseils à Mariame pour réussir son premier emploi, ils quittèrent le lieu et se rendirent à leurs bureaux respectifs : l’immeuble où travaillait Mariame se trouvait juste en face de celui de Pape Aly. Une fois qu’ils étaient arrivés, ils se souhaitèrent chacun une bonne journée et Mariame lui promit de lui envoyer un message pour lui faire part de ses premières impressions. Mariame salua les vigiles qui encadraient de part et d’autre la porte de l’imposant building et entra dans le hall de l’entreprise, où elle salua de réceptionniste à qui elle se présenta, elle lui demanda où se trouvait le bureau de Madame NDIONE, et ce dernier le lui indiqua gentiment. Elle le remercia et s’y rendit. Elle prit l’ascenseur et arriva au troisième étage où elle traversa un grand hall avant d’atteindre une grande porte vitré translucide qui indiquait le département financier et à travers de laquelle on pouvait percevoir une ombre s’activer vivement. Elle frappa deux fois à la porte et cette ombre qui paraissait bien pressée lui ouvrit la porte. Elle fit place à une dame assez corpulente, qui devait avoir une cinquantaine d’années dotée d’un éclatant teint noir d’ébène, souriante, les petits yeux pétillants, en ndoquette, qui lui fit un grand sourire tout en lui tendant la main. « Bonjour, vous devez être mademoiselle Ly, je suis madame NDione, directrice du département finance » « Bonjour madame Ndione, oui c’est bien moi » « Entrez donc» lui fit-elle en lui désignant un grand bureau open space où deux personnes étaient présentes. « Venez avec moi » lui fit elle tout en prenant une pile de feuilles disposée au dessus de l’imprimante collective auprès de laquelle elle s’activait. Elles traversèrent le passage scindant le bureau open space en deux et au fur et à mesure qu’ils avancaient, madame NDione lui présentait ses collègues : « Ibrahima, je te présente Mariame, notre nouvelle recrue » « Bonjour Mariame » fit le jeune homme en se levant et lui tendant la main « Bonjour » répondit elle tout en lui souriant Il avancèrent un peu plus loin et la directrice lui présenta mademoiselle Anta Diawara, qui la salua très chaleureusement. Ils atteignirent enfin le bureau de madame NDIONE et cette dernière l’invita à y entrer. Le bureau était très propre et spacieux, aménagé avec goût. « Vous pouvez vous asseoir mademoiselle Ly » lui fit la directrice tout en déposant la pile de feuilles sur son bureau et en s’asseyant à son tour. « Comment allez vous ? Pas trop stressée j’espère ? » lui fit elle tout en lui gratifiant d’un sourire encourageant « Je vais bien merci madame » lui fit la jeune femme. « Ne vous inquiétez pas, il n’y a pas de quoi vous angoisser » Elle marqua une pause, puis reprit : avant de commencer, je tenais à vous dire que j’apprécie votre ponctualité, c’est une qualité nécessaire pour réussir dans ce métier car nous avons des deadlines et le respect du temps est impératif, donc c’est une bonne chose. Donc nous sommes une entrepris d’import-export et dans ce département nous gérons tout ce qui est comptable et financier, c’est-à-dire la gestion des marchandises achetées et vendues, la gestion des stocks, la gestion crédits fournisseurs et clients et croyez-moi, il y a du travail, fit elle tout en tapotant la pile de feuilles posées sur la table. Notre département est essentiellement composé de jeunes collaborateurs, vous verrez en cours de journée au fur et à mesure que vos collègues arriverons que quatre-vingt pour cent de nos employés sont âgés de moins de trente ans. Nous sommes dix-sept dans ce département dont je suis la directrice, cependant nous sommes organisés en deux sous sections et chacune a son chef de section : votre chef de section s’appelle monsieur Adama Ba et le chef de la seconde section est Madame Fatoumata Traoré. Vous travaillerez directement avec monsieur Ba qui arrivera d’un instant à un autre, il se chargera de votre formation et vous confiera vos missions, en attendant, de vais vous conduire à votre bureau. Elles se levèrent alors pour rejoindre le poste de Mariame pendant qu’une question l’intriguait : « Serai-ce Adama, celui qu’elle connaissait, celui qui l’a déçu par son comportement qui allait être son chef de section ? » elle n’eut même pas le temps de s’asseoir à son bureau qu’une voix qui lui était familière et qui mettait fin à ses doutes parvint à ses oreilles. C’était bien la voix d’Adama, elle respira alors un grand coup, de toutes les façons leur histoire était terminée et ils n’avaient pas communiqué depuis belle lurette, c’est terminé toutes ces histoires, il s’agissait d’une relation professionnelle, et en plus elle ne ressentait rien pour lui de toutes les façons ! Le jeune homme traversa le couloir de son pas assuré en saluant jovialement de part et d’autres ses collaborateurs et se dirigea vers Mariame, qui discutait toujours avec madame NDione qui lui donnait quelques conseils. « Bonjour madame NDione ,comment allez-vous ? » lui fit il en lui offrant son plus beau sourire « Bien monsieur Ba, avez-vous passé un bon week end ? » « Oui très bien, d’autant plus que je savais que nous aurons le plaisir d’accueillir notre nouvelle recrue » fit-il à l’adresse de Mariame « Bonjour Mariame, comment allez vous ? » La jeune femme marqua une pause, ça lui semblait bizarre qu’Adama la vouvoie, mais c’était ainsi à présent, et c’était mieux ainsi. « Bien, et vous ?» « Très bien » « Bon, je vais vous laisser vous présenter l’un à l’autre, Adama, je compte sur toi ! » fit la gentille dame qui s’éloigna après leur avoir souhaité une bonne journée « Veuillez me suivre Mariame » fit Adama tout en la conduisant à son bureau personnel, Mariame le suivit et ce dernier l’invita à s’asseoir sur l’un des sièges une fois dans le bureau. Sn bureau était grand bien que moins spacieux de celui de madame NDione, bien décoré, propre et aéré. Sur son bureau trônait une pile de dossiers empilés les uns sur les autres, elle balaya la table du bureau, tout était bien rangé, et son attention se posa sur la photo d’une jeune femme sur son bureau. Elle était jolie, c’était une belle Peuhl, tout comme lui…Elle devait être sa nouvelle fiancée…Enfin bref ça ne la concernait pas et elle ne souhaitait pas en savoir plus car ce ne sont pas ses affaires, mais elle ne put détacher ses yeux de cette femme au beau sourire, ce qui n’échappa à Adama sur le visage duquel un sourire se dessina. « Tu aurais pu la connaître, c’est ma sœur, mais notre relation a été si courte que tu n’en as pas eu le temps, elle s’appelle Mariame, comme toi… » dit-il d’un ton nostalgique trahissant ses sentiments. Il se hâta de poursuivre dans un ton neutre et froid comme il avait senti qu’il a faibli devant la jeune femme « elle s’est récemment mariée et vit actuellement en Mauritanie avec son mari ». Mariame se sentit gênée à l’évocation de leur relation passée. « Bon, dans notre section, nous gérons l’évolution des stocks de marchandises, peut être madame NDione t’en a-t-elle parlé » dit-il d’une voix neutre et ferme, il lui expliqua en quoi consistait leur travail et lui confia sa première mission en lui remettant une pile de dossiers. « Tu as des questions ? » lui fit-il tout en pivotant sur son siège « Non merci » fit-elle avant de s’en aller Adama la regarda s’éloigner puis se retourna subitement vers la baie vitrés lorsqu’il sentit la jeune femme se retourner pour fermer la porte, il ne voulait pas qu’elle le voie baisser sa garde à nouveau face à elle. Il se mit alors à penser à toutes les conquêtes qu’il avait enchaînées après Mariame et sentait sa vie dénuée de sens…Cette fille était bourrée de qualités et il l’avait laissé s’échapper bêtement pour une histoire de flirt. Il se rendit compte à ce moment à quel point il a été bête car il ne savait pas ‘il aurait une femme aussi respectueuse d’elle-même et pieuse qu’elle.


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