Qui est cette Mariame ?, Mariame

ven. 4 déc. 2020, Mariame, par Bessy

Ce message glaça la jeune femme, qui était cette Mariame ? D’où venait-elle ?

Que pouvait-il faire d’autre à part espérer ? Espérer qu’elle fût encore célibataire et n’aie personne dans sa vie Espérer que sous son apparence et ses airs distants, elle ait toujours quelques sentiments pour lui Espérer que cette nouvelle proximité que leur offrait la vie allait leur permettre de se remettre ensemble, car Adama sentait ressurgir en lui le même sentiment qui les avait unis quelques années auparavant. Il n’avait pas peur ni honte de l’accepter, il était amoureux de Mariame et regrettait amèrement de s’être séparée d’elle, aujourd’hui qu’il songeait de plus en plus à prendre une épouse, toutes ses pensées étaient tournées vers la splendide et pieuse Mariame. Et pourtant il l’avait quittée parce qu’elle avait refusée de se donner à lui Et aujourd’hui qu’il avait compris, il le regrettait et se demandait pourquoi il n’avait pas patienté. « Adama narr nagnou nadjé egg sa keur nidiaye dé (Adama, nous risquons d’arriver en retard chez ton oncle » s’enquit sa mère qui se tenait par-dessus son fils qui était affalé sur le fauteuil en rotin installé sur la terrasse faisant face au jardin. « Excuses moi maman » dit-il tout en se relevant machinalement. Ils se dirigèrent vers la porte de sortie mais toutes les pensées du jeune homme étaient encore tournées vers Mariame, qui ne pouvait plus quitter son esprit depuis un moment. A vrai dire, si elle occupe le poste qu’elle tient actuellement, c’est du fait de ses compétences professionnels, mais c’est aussi par ce qu’elle lui manquait terriblement, il n’arrêtait plus de penser à la jeune femme depuis un bon moment et cherchait toute tentative d’approche pour accéder à elle à nouveau. Il connaissait cette femme, son fort caractère, il savait qu’il l’avait offensée, il savait aussi qu’elle lui avait pardonné, mais il était conscient que ce n’était pas en allant lui rendre visite qu’il avait des chances de rétablir les liens qui les avait unis il y a de cela quelques années. Il fallait qu’il soit plus proche d’elle et qu’il ait la possibilité d’en savoir plus sur elle, de sa nouvelle vie sans lui. La question qui lui taraudait l’esprit était celle qui concernait sa vie affective. Avait-elle quelqu’un dans sa vie ? Avait-il une chance de la reconquérir ? « Yow loula diott yow !! Yagui mey beug diakha dé !! » (Mais que t’arrive t’il !) cria la mère au jeune homme qui avait failli refermer la portière sur la jambe de sa petite sœur. Ressortant brusquement de ses pensées comme un enfant qui se réveille en sursaut après un cauchemar, Adama prit conscience de son étourderie et vit à quel point Mariame occupait ses pensées. Gêné, il s’excusa auprès de sa jeune sœur qui lui jeta un regard furieux, puis voulut refermer la portière de sa mère qui le stoppa net dans son élan de la main « Yow key boul def dara bala guamay gagne fi (laisse-moi le faire par moi-même, je ne souhaiterais pas que tu me blesses) » Le jeune homme monta dans la voiture qu’il démarra sous le regard réprobateur de sa mère qui, en réalité était inquiète car depuis un certain temps son fils avait beaucoup changé, il était pensif, parlait peu, s’enfermait dans sa chambre après le travail, il n’était plus ce jeune homme plein d’entrain, je joie de vivre, vivace et qui aimait tant taquiner sa petite sœur. Après un trajet silencieux, où Zeyna, la petite sœur tentait de temps à autre à meubler le silence par des commentaires sur les maisons qu’ils croisaient ou sur les nouveaux édifices en construction, la famille arriva chez leur oncle qui les avait invités à déjeuner en cette matinée de dimanche. « Mon fils ! Comment vas-tu ? Dans mes bras ! » Fit-il, les bras ouverts à Adama qui apparaissait devant l’encadrement de la porte. « Je vais bien mon oncle » répondit le jeune homme. Quelques minutes plus tard, après les salutations, ils pénétrèrent dans le salon dans lequel la femme de l’oncle Youssou, ‘ta Kadia ainsi que ses deux filles, Adja, qui avait l’âge de la petite sœur de Adama et qui était aussi sa grande amie ainsi que Safia, sa grande sœur qui avait trois ans de moins qu’Adama les accueillirent. « Adama ! Que tu as grandi ! Tu es un beau jeune homme maiNtenant !!! » ,s’exclama ‘ta Kadia, qui n’avait pas revu Adama depuis son adolescence. Il faut dire que la famille Sow et la famille Ba ne s’étaient pas revus depuis que la famille Sow avait déménagé au Canada, suite à la mutation du père qui travaillait dans une entreprise multinationale de construction. Youssou Sow était un ingénieur qui parcourait le monde du fait de ses chantiers qui pouvaient se trouver de toutes parts du globe. Il était aussi le cousin par alliance de la mère d’Adama. Etant rentré à Dakar il y a quelques mois, il souhaitait retrouver sa chère cousine qui lui avait beaucoup manqué et revoir sa petite nièce ainsi que son neveu avec qui il était très proche durant son adolescence. « Zeyna ! »fit l’adorable Adja tout en se jetant dans les bras de la jeune fille. Elles s’étaient quittées étant toutes petites, mais elles n’avaient cessé de garder le contact ! Il s’agissait d’une véritable amitié. « C’est vrai que tu as bien grandi ! » taquina la belle Safia. Et oui, elle aussi avait bien grandi, la jeune adolescente qui avait quitté son sol natal était devenue une resplendissante beauté peuhl dotée de grands yeux d’un marron très clair, de fins traits et d’un très joli sourire. « Couz namona nala dé (tu m’as manqué cousin) » lui fit-elle avec un accent sénégalais mêlé à un accent canadien qui finit par faire arracher malgré lui un sourire à Adama. « iii mane nguey rétane (c’est de moi dont tu te moques ?) continua la belle jeune femme dont l’accent transforma en éclats de rires le sourire d’Adama, ce qui enchanta cette dernière, qui appréciait beaucoup son cousin éloigné. « Oui je vais bien Safi » fit il tout en lui serrant la main. « Au Canada on ne serre pas la main dé, on fait la bise » fit la jeune femme tout en se mettant sur la pointe des pieds pour atteindre le joue du jeune homme. « C’est bon à savoir » fit joyeusement Adama. La journée de passa bien, les familles se racontaient leurs vies respectives au Canada et au Sénégal et Safia, malgré le fait qu’elle le cachait bien, regardait de temps à autres son cousin qu’elle a aimé secrètement pendant son adolescence. Ces temps-là, elle n’était pas très sûre d’elle et était très timide, Adama l’impressionnait beaucoup et malgré ses efforts pour aller vers lui, elle le sentait distant, il était si populaire et tant de belles filles s’intéressaient à lui, elle se sentait si quelconque face à elles. Mais aujourd’hui elle avait beaucoup gagné en assurance et était consciente de sa beauté, elle n’en abusait pas et ne l’usait pas à mauvais escient mais elle savait aujourd’hui qu’elle aussi pouvait être appréciée pour ses qualités morales et pour sa beauté naturelle. Après cette agréable journée en famille, les familles se quittèrent. Le trajet du retour fut plus joyeux que celui de l’allée comme Adama a pu penser à autre chose qu’à Mariame et avait beaucoup ri ! Il faut dire que tonton Youssou et Safia avaient beaucoup de répartie et de bonnes anecdotes. Arrivé chez lui, Adama se jeta sur son lit quand un message arriva sur son portable. Il l’ouvrit « Je pense toujours autant à toi » Le numéro était inconnu, qui pouvait est-ce être ? « Qui est ce ? » « La même fille dont tu n’as pas vu les qualités alors tu avais eu l’occasion, mais il faut dite que tu était immature à l’époque quand même…LOL Je reviens vers toi car je n’ai pas pu t’oublier depuis le temps » Le coeur d’Adama ne fit qu’un bond et il se sentit transporté de joie, ce ne pouvait être que Mariame!!! Elle l’aimait toujours aussi et elle ne l’avait pas oublié !!! « Moi aussi je t’aime et je n’ai jamais pu t’oublier, pardonne moi mon erreur, je n’aime que toi et je regrette tant ! Si tu savais ! » En lisant ce message, Safia, qui était allongée sur son lit n’y croyait pas ses yeux !!! Adama aussi l’aimait et l’a toujours aimé. Il faut dire qu’il aimait beaucoup faire le grand mystérieux à son adolescence, il dissimulait donc ses sentiments !! Un autre message arriva sur le portable de la jeune femme « Oui Mariame, je n’aime que toi et je n’ai pas pu t’oublier, pardonne moi mes erreurs » Mariame ? Ce message glaça la jeune femme, qui était cette Mariame ? D’où venait-elle ? Piquée au vif dans son amour propre, Safia failli appeler Adama et lui dire ses quatre vérités bien qu’il ne lui ait rien fait, mais ces derniers mots lui brisaient le cœur ! Elle stoppa net, elle allait se renseigner sur cette fille , cette « Mariame » , pour l'instant,elle allait laisser Adama dans son délire.


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