Où vont Nafi, son père et Papi ? Chronique de Nafi (18)

jeu. 19 août 2021, Chronique de Nafi, par Barbie

On était sorti en trombe de la maison. On était avec papi et j'étais assise derrière la voiture. Je ne savais pas ou on allait. J'avais peur qu'il débarque chez Prince avec sa colère. Je priais de toutes mes forces pour qu’on n’aille pas là bas. Je ne supporterais pas cette humiliation de plus. Il avait pris la direction de la ville et ça me rassurait un peu. Mais il allait où ? Personne ne disait un mot. Même Papi ne me parlait pas. Il s'est arrêté devant une clinique en ville. Mais qu'est ce qu'il faisait là ?

On est descendu et apparemment il avait déjà pris rendez-vous. Moi je suivais comme un toutou sans rien dire. Je crois qu'il connaissait bien le médecin. Il discutait tranquillement avec lui. Il lui a dit qu'il voulait qu'il me consulte. Le médecin lui a demandé de nous laisser seul mais il voulait à tout prix assister à tout ça. Il me posait des questions et je n’avais vraiment pas envie de répondre avec mon père à coté. J'étais vraiment gênée. Il m'a ensuite demandé de me coucher sur la table et soulever mon haut. Il allait me faire une échographie. Et vous voulez que je vous dise c'est à ce moment que j'ai su que j'aimais mon bébé. Je pouvais le voir. Il commençait déjà à prendre forme. J'étais exactement à 9 semaines d’aménorrhée c'est à dire 7 semaines de grossesses et le bébé allait très bien même s'il fallait que je me calme un peu. Mon ventre durcissait déjà et c'était juste un peu rond mais pas vraiment flagrant surtout que j'étais toute petite et que j'avais toujours eu un ventre plat. Suffisait juste que je cache avec de gros haut et mon bidon ne se voyait pas. Papa voyait tout et je me rappelle qu'à cet instant même quand je me suis retournée vers lui il essuyait des larmes. Il ne parlait pas. Il lui a demandé de lui donner les papiers de l'échographie et je me demandais bien pourquoi. Le médecin m'avait conseillé en gros de bien m'alimenter et de continuer le traitement que j'avais commencé. Il m'avait demandé si je voulais suivre ma grossesse chez lui ou pas mais je n’avais même pas le temps de répondre que mon père lui avait dit oui. J'étais née dans cette clinique et surement que ce serait la même chose pour mon bébé. On était sorti maintenant et mon père ne me parlait toujours pas. Il est resté une dizaine de minutes dans la voiture sans rien dire et a finalement tendu l'échographie à Papi. - Papa: Elle est vraiment enceinte. Ma fille est enceinte. A 17 ans ma fille est enceinte. - Papi: Calme-toi Pa, s'il te plaît. Ça va aller. Ce n'est pas bon pour toi ! Calme-toi ! - Papa: Me calmer ? Mon bébé va être maman et tu veux que je me calme. Mon bébé va avoir un bébé. - Moi: Je suis désolée papa. Je t'aime. Pardonne-moi. Il ne me répondait pas. Il ne m'écoutait même pas. Il avait pris son téléphone et appelait je ne sais qui ? - Papa: Allo ! Comment tu vas Sophia ? (Merde alors c'était maman ) - Maman: Bien et toi ? Ça fait longtemps ! Et les enfants ? - Papa: Oui effectivement avec le boulot je n’avais pas trop le temps. - Maman: Ah oui je comprends. Sinon tout le monde va bien ? J'ai eu les enfants hier au téléphone. - Papa: Ah oui ! Et Nafi elle ne t'a rien dit ? - Maman: Non rien de trop spécial. Elle devrait ? - Papa: Non, non ! Dis moi ce serait possible que tu viennes sur Dakar s'il te plaît ? Je dois voyager et ta fille est souvent malade. Elle aura besoin de toi. - Maman: Quelle maladie ? Elle allait bien hier quand je lui parlais la petite ! - Papa: Ecoute Sophia c'est vraiment important. Il faut vraiment que tu viennes et je crois que ton boulot n'est pas si prenant. Tu peux te libérer pour tes enfants au moins ? - Maman: Bon ça à l'air vraiment urgent ! Je vais voir ce que je peux faire et demain je te rappelle. Mais tu ne me dis pas tout toi ! - Papa: T'inquiète pas, je prendrai en charge les dépenses, je t'envoie l'argent du billet dés que tu m'appelles - Maman: Ok à demain Bisous. Là j'étais vraiment morte. Comment maman allait elle réagir ? Décidément la galère ne faisait que commencer. Il devait être 16 heures et papa avait pris la direction de la maison mais finalement c'est devant chez Prince qu'on s'est retrouvé. C’est bon ! Ma vie était finie. J'allais mourir sur place. En plus je n’avais même pas eu le temps de lui dire quoi que ce soit, mon téléphone était à la maison. On était descendu de la voiture et papa sonnait à la porte. Papi m'avait serré fort la main et me regardait comme pour dire « Tout va bien » ! Son regard me rassurait. Il venait de me dire qu'il avait eu le temps d'appeler Prince pour lui dire que papa était au courant et heureusement. Mais ce qui est sûr c'est qu'il ne devait pas s'attendre à notre visite. C'est Jo qui avait ouvert la porte et je crois qu'elle à tout de suite tout compris. - Jo: Bonjour tonton. Entrez s'il vous plaît. - Papa: Bonjour Joséphine. Merci. Ton père est là ? - Jo: Oui il est au salon avec maman ! - Papa: Ok merci. Tu viens Nafi ! - Moi: Oui. Jo pleurait déjà alors que j'avais encore rien dit. Papa m'avait devancé. - Jo: Il sait - Papi : Oui. Où est Prince ? - Jo: En haut. Mon Dieu ça va barder. Ça va aller puce. J'étais partie rejoindre papa avec papi et ils en étaient à se saluer. Papa parlait aux parents de prince. On va les appeler Mr et Mme F. - Papa: Je suis vraiment désolé d'arriver à l'improviste mon frère mais je ne pouvais pas faire autrement. J'ai un problème ou plutôt nous en avons un. Et il jeta l'échographie sur la table du salon. Le père de Prince ouvrit l'enveloppe le regarda quelques minutes avant que sa femme ne le lui arrache des mains. - Mme F: Qu'est ce que c'est ? Qu'est ce que ça veut dire tout ça ? - Mr F: C'est bien une échographie ? Qui est enceinte ? C'est Joséphine ? Mon père se mettait à rire. Il était vraiment en colère là. - Papa: C'est ma fille qui est enceinte bordel. Et de votre fils. De ce gamin que j'ai presque élevé et accepté comme mon propre fils. Du fils de mon meilleur ami. - Mr F: Non c'est des blagues. Ils ne peuvent pas. Nafi ne peut pas être enceinte. Il criait le nom de Prince comme un fou dans la maison et Jo aussi n'était pas épargné. On était tous là maintenant, tous réunis. Et le premier réflexe de Prince a été de me prendre la main. Mais ça n’a vraiment pas plu aux parents. Comment son père a foncé sur lui, il le tenait comme s'il voulait l'étrangler. - Moi: Laisse le s'il te plaît tonton. Il n'a rien fait. S'il te plaît ! Je ne pouvais surtout pas voir ça. On ne pouvait pas faire du mal à mon Prince. C'était mon homme. Je l'aime plus que tout. Mon père me regardait d'un air dégouté. - Papa: Allons-y ! - Mr F: Je suis franchement sincèrement désolé L... ! Tu es mon frère et depuis toujours. Ces enfants ne nous décevront jamais assez finalement! - Papa: On en reparle J..... ! ALLONS-Y NAFI MAINTENANT. - Moi: Je le suivais. Je ne voulais pas partir. Je ne voulais pas laisser mon Prince tout seul mais j'étais bien obligée ! Arrivé à la maison. Imaginez bien ce que mon père me réservait encore comme surprise ? Ce n'était que le début de mon calvaire.


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