Mariame à la recherche du stage !, Mariame (13)

mer. 7 oct. 2020, Mariame, par Bessy

« Je pensais au cabinet que je contacterai demain s’il plait à Dieu, tu sais je suis en pleine recherche de stage »

La fin de l’année approchait à grande vitesse et comme elle avait une unité d’enseignement qui devait être en partie validée par un stage au terme duquel elle devait présenter un rapport, Mariame n’avait qu’une seule préoccupation : trouver un bon stage ! Ainsi, après les cours, il lui arrivait très souvent, comme aujourd’hui, de passer des heures à la salle informatique de son école pour lister les entreprises qui l’intéressaient et qui étaient à la recherche de stagiaires afin de les rappeler le lendemain matin à la première heure ainsi que de leur envoyer son CV et sa lettre de motivation le soir même. Le temps pressait et elle devait trouver quelque chose avant la date officielle du début des stages, d’autant plus que les quelques étudiants qui étaient toujours à la recherche de leur entreprise subissaient souvent la pression des professeurs qui le leur rappelaient constamment alors même qu’ils n’étaient préoccupés que par cela! Meryem et Myrna étaient tirées d’affaire car comme le père de Meryem était le directeur d’une grande banque de la place, ce dernier a pu lui trouver un poste de stagiaire comptable dans l’une de ses agences, la mère de Myrna quant à elle a fait appel à son important carnet d’adresses et a pu lui trouver un prestigieux poste de stagiaire auditrice chez Ernst and Young, pas mal pour un début non ? Mais Mariam, modeste jeune femme qui n’avait pas la chance d’avoir ce réseau dont bénéficiaient fort heureusement ses amies se trouvait toujours sans stage, cependant cela ne l’empêchait pas d’être très heureuse pour ses amies, mais elle se rendait compte de l’importance du réseau professionnel lors de la recherche d’un emploi, malgré cela elle restait convaincue qu’elle trouverait son entreprise, car bien qu’elle ait eu de nombreuses réponses négatives, certaines sociétés s’intéressaient à elle mais tardaient juste à la rappeler, c’est donc en se disant qu’elle les relancerait le lendemain qu’elle décida enfin à quitter la salle informatique deux heures plus tard après avoir envoyé ses CV à de nombreuses entreprises. Il commençait à se faire tard lorsqu’elle quittait son école, ainsi sa sœur Lallah qui s’inquiétait quelque peu lui envoya un message pour lui demander où est ce qu’elle se trouvait, Mariame la rassura en lui expliquant qu’elle était en cours de route. C’est donc exténuée mais avec son habituel moral d’acier que Mariame franchit le pas de sa maison non sans reconnaitre la voix de Adama qui était venu leur rendre visite ce soir. En effet, depuis leur rencontre, il semblerait que tonton Moustapha ait passé le relais à Adama qui venait de temps en temps leur rendre de petites visites courtoises après son travail. A peine Mariame a-t-elle franchi le pas de la porte du salon dans lequel se trouvait Adama qui discutait gaiment avec sa mère que ce dernier se leva pour aller à sa rencontre et la saluer. Adama…Mariame l’appréciait beaucoup pour sa volonté de réussir et sa persévérance. En effet, étant le premier fils de tonton Moustapha et l’ainé de ses quatre frères et sœurs, il a très tôt eu le sens des responsabilités, tout comme elle d’ailleurs, ce qui les rapprochait davantage. De plus, il a toujours été encouragé dans ses études par son père qui l’a inscrit dans une prestigieuse école de commerce londonienne d’où il a été récemment diplômé. C’est donc ce sésame en poche qu’il est rentré au pays où il a pu trouver sans grande difficulté un bon poste dans une importante multinationale qui possédait un siège à Dakar. Brillant, responsable, tels étaient les adjectifs qui pouvaient qualifier ce jeune homme avec qui Mariame s’était trouvé des affinités, il était devenu un très bon ami qui la conseillait beaucoup dans ses études et ses choix, elle aimait passer les heures à discuter avec lui tant il était intéressant et cultivé. Il ressemblait beaucoup à tonton Moustapha et a hérité de ses traits fins ainsi que de sa taille élancée, il avait également un sourire ravageur, mais tout cela, Mariame ne le voyait pas, a-t-elle d’ailleurs déjà été émerveillée et subjuguée par la beauté d’un homme ? En fait non. Non car elle ne le voulait pas Non car elle ne le souhaitait pas Non car elle assimilait cela comme une perte de temps Elle qui avait si longtemps vu sa mère souvent abandonnée par son père. Oui, elle n’a jamais connu d’histoire d’amour, à quoi cela lui aurait-il servi d’ailleurs ? L’amour… c’est presque comme une faiblesse ! Son seul objectif à elle, c’était de réussir dans les études et de rendre sa très chère mère heureuse ! Son seul coup de foudre était Pape Aly, ce jeune homme dont elle avait, à l’époque, toujours guetté la venue au marché, lorsqu’il venait accompagner sa grand-mère ou lorsqu’il passait aux alentours avec sa bande de copains comme son école se trouvait à quelques encablures du lieu où travaillait Mariame. Ce jeune homme qui lui a tant de fois fait perdre ses moyens mais qui ne s’est jamais intéressé à elle … D’ailleurs comment aurait pu la remarquer alors qu’ils n’étaient même pas « du même monde » ? N’était-elle pas juste une jeune vendeuse de fruits et légumes ? Pourquoi se préoccuper d’elle alors qu’il pouvait avoir toutes les belles filles de « son milieu » à ses pieds ? Tout d’un coup elle se rappela son beau et perçant regard qui avait ce don de la troubler ainsi que son merveilleux sourire qui était à la fois juvénile à la fois terriblement viril, elle sentit alors son cœur battre de plus en plus fort. Mais à quoi bon ? Il devait l’avoir oubliée aujourd’hui… des années s’étaient écoulées et elle ne l’avait plus revu, à quoi bon espérer ? Il l’aura au moins fait rêver et faire sortir de son quotidien de simple vendeuse de marché…C’est bien cela oui, à quoi bon tomber amoureuse ? Ses pensées étaient allées bien loin et c’est la voix grave de Adama qui la fit revenir à nouveau sur terre, elle écarquilla alors les yeux comme si elle se réveillait et fut confrontée à son charmant sourire « Vous m’avez l’air perdue mademoiselle », lui fit il, ne la quittant toujours pas des yeux, tout en posant sa main sur son épaule. « Excuses moi, j’avais la tête ailleurs » Les jeunes hommes, Mariame les considérait tous comme ses frères, pas plus, et c’était très bien comme cela ! Elle alla alors saluer sa mère qui était toujours assise sur le divan du salon et qui s’apprêtait maintenant à rejoindre sa chambre pour faire sa prière, la laissant ainsi seule avec Adama. « Plus d’échappatoire, maman n’est pas là » lui dit-il d’un ton taquin en avançant vers elle, de sa démarche assurée, ne détachant toujours pas son doux regard d’elle. « Alors dis-moi à quoi tu pensais car si c’est à une personne, elle doit être bien chanceuse… » Mariame détourna rapidement ses propos et chercha le premier prétexte qui pourrait être valable « Je pensais au cabinet que je contacterai demain s’il plait à Dieu, tu sais je suis en pleine recherche de stage » « Oui, ta sœur me l’a expliqué car je demandais après toi à mon arrivée et elle m’a précisé que tu faisais des recherches à ton école » « En effet, c’est ma préoccupation du moment… » « Tu sais quoi ? reprit il, envoies moi ta lettre de motivation et ton CV et je ferai suivra à ma direction, je m’arrangerai pour te trouver quelque chose, sinon je me renseignerai auprès de mes amis. Eyway, sont ils tous aussi adorables et serviables dans la famille de tonton Moustapha ? Bisous à tous et prenez soin de vous !


Lisez toute la chronique