Malal's day, Mariame (9)

mar. 29 sept. 2020, Mariame, par Bessy

Lallah le regarda d’un air interrogateur mais Malal la rassura de son regard réconfortant, elle s’exécuta alors, non sans protestations

En cette agréable matinée de dimanche, les rayons du soleil traversaient les rideaux orangés de la chambre de Lallah, y répandant une apaisante lumière tamisée. Sentant le soleil qui pénétrait de plus en plus, Lallah se retourna dans son lit et balaya furtivement la pièce du regard, elle était visiblement la seule à s’être adonnée aux joies de la grasse matinée car ses sœurs n’étaient pas présentes, elles devaient être debout depuis un bon moment maintenant comme elle les entendait s’activer dans la cuisine. Si Lallah avait eu besoin d ‘une bonne nuit de sommeil c’est parce que sa soirée d’hier a été bien tumultueuse et rien qu’à la pensée de ces moments là un sentiment bien étrange la traversât, ce qui lui fit se blottir davantage sous ses draps… elle était sur son petit nuage. Hier elle avait découvert beaucoup de nouvelles choses… elle avait découvert un tout nouveau monde, qu’elle ne voyait d’habitude que dans les films et clips vidéos. Tout, depuis le début de la soirée lui semblait irréel. En effet c’est transportées dans une clinquante limousine louée pour l’occasion par Fafa qui voyait toujours les choses en XXL et qui avait cette manie de se faire remarquer en toutes circonstances qu’elles avaient parcouru un beau quartier résidentiel dans lequel Lallah n’eut pas de mal reconnaître la maison de Malal comme une assourdissante musique qui résonnait dans tout le quartier en émanait. Après avoir dépassées de manière bien hautaine le gardien qui contrôlait les entrées et sorties dans la maison au grand désarroi de Lallah qui le salua timidement pour rattraper le manque de correction de ses camarades qui se croyaient apparemment être des stars, elles pénétrèrent dans la demeure qui était tout simplement… splendide, juste à couper le souffle ! Sa beauté dépassait de loin celles qu’elle avait pu voir dans le quartier de Raïssa, une pure merveille. Elle était très simple, avec des lignes épurées et construite de manière à être ouverte vers l’extérieur, elle comportait une grande terrasse ainsi que de larges baies vitrées dont toutes les lumières provenant des jolis lampadaires illuminant le grand jardin venaient se refléter, ce décor était juste féérique ! Un bruit de plongeon extirpa la jolie Lallah de son petit rêve éveillé et elle se rendit compte du monde qu’il y avait dans la cour arrière où semblait se dérouler la fête comme beaucoup de bruit s’échappait de cet endroit. Bintou, qui semblait être une habituée des lieux, prit un petit passage qui permettait de contourner la maison et d’arriver à la cour arrière où se déroulait la fête, cela après avoir dévisagé de haut en bas Lallah d’un air réprobateur dont cette dernière se souciait très peu comme elle n’avait cessé de lui faire des commentaires désobligeants sur son accoutrement pendant tout le trajet « Dou dagay diaye wané rek, kharal ba gua egg fa,(tu veux jouer à l’intéressante ? Attends d’y arriver), tu seras la seule habillée comme ça, fékhél nak ba bagnma toudd (n’essaie même pas de m’adresser la parole) pendant toute la soirée car je n’ai pas envie qu’on m’aperçoive ak kou moddé nii yaw, j’ai une réputation à protéger, MOI !» De quelle réputation parlait-elle ? Que voulait-elle défendre avec sa robe aux allures de nuisette? Elles arrivèrent ensuite à la cour arrière qui était remplie de monde, il y avait beaucoup de jeunes hommes rivalisant de style, certains chahutaient entre eux et parfois de grands éclats de rires retentissaient de leurs groupes pendant que d’autres étaient accompagnés de leurs copines avec lesquelles ils discutaient tendrement. Il y avait également beaucoup de jeunes filles aussi osées que Fafa, Raïssa et Bintou, qui étaient pour la plupart disséminées en petits comités, discutant bruyamment entre elles et faisant E NOR ME MENT de manières. Lallah se sentit bien perdue pendant un moment, d’autant plus que dès qu’elles étaient arrivées, Fafa excentrique comme d’habitude, s’était jointe à un groupe de filles en criant de sa voix stridente le nom de l’une d’elle tout en faisant des gestes exagérés avant d’être rejointe par Bintou. Raïssa, quant à elle, semblait aussi perdue et intimidée que Lallah. « Tu sais que c’est ma première piscine party ? » dit-elle à Lallah tout en observant d’un air mi fasciné mi intimidé ce spectacle qu’elle n’avait sûrement vu que dans les clips vidéos, tout comme Lallah « Tu es sérieuse ? Je n’aurais jamais pensé ! Et moi c’est ma toute première sortie nocturne » lui répondit elle « Il faut un début à tout »lui dit-elle d’un ton solennel, « j’espère que tu apprécieras ! » Elles restaient un moment dans leur coin à commenter la soirée avant qu’un jeune homme qui observait Raïssa depuis un bon moment ne se l’accapare en lui faisant la conversation. Lallah se sentait maintenant bien seule face à ce tout ce monde dont elle ne connaissait personne, elle alla donc se servir un jus de fruit au buffet quand elle y aperçut deux petites bouteilles d’alcool. « Suis bien au Sénégal ? »se dit-elle, choquée par ce qu’elle voyait. Cette vue lui coupa sa soif et dépitée de certaines scènes auxquelles elle assistait, elle réalisa qu’elle perdait son temps et qu’elle s’ennuyait plus qu’elle ne prenait du bon temps à cette soirée, elle posa alors son verre et regarda sa montre, il n’était pas encore minuit et : elle pouvait encore prendre un taxi pour rentrer chez elle. Elle préviendrait les filles une fois dans le taxi comme elles semblaient toutes bien affairées. Elle traversa d’un pas pressé la cour qui était toujours bondée de monde et elle prenait maintenant le petit passage qu’avait emprunté Bintou qui menait vers le beau jardin avant qu’une main ne se referme sur son bras. Elle se retourna, très surprise pour croiser le regard de Malal « Tu pars déjà ? » demanda-t-il d’une voix inquiète « Oui, excuses moi mais il se fait tard et je dois prendre un taxi » Malal, ne lâchant toujours pas son étreinte « C’est moi qui m’excuse je t’observais depuis le début de soirée et je n’ai même pas pu venir te tenir compagnie tellement j’étais accaparé par mes invités, j’espère que tu ne t’es pas trop ennuyée » « Non ne t’inquiètes pas, mais là je dois y aller» lui rassura-t-elle avec son plus beau sourire. « Khana sama soiréebi nekhoula ? (ma soirée ne te plaît-elle pas ?) la taquina-t-il, ne la quittant toujours pas des yeux. Percevant à quel point il intimidait Lallah à travers son regard qu’elle n’arrivait pas à soutenir longtemps, Malal reprit « Bon ce n’est pas grave, je t’ai promis de te déposer chez toi et je me sentirais plus rassuré de t’y mener moi-même … Tu viens ? » Lallah ne se fit pas prier et Malal la conduisit au dehors où il ouvrit à distance la portière de sa belle voiture à laquelle elle commençait à s’habituer pour y être entrée deux fois. Malal lui ouvrit galamment la portière en faisant une révérence « mademoiselle Lallah veut elle bien prendre place ? » Ils se regardèrent et s’exclamèrent de rire. Malal , qui sentait bien la gêne de Lallah qui semblait intimidée par lui, voulait détendre l’atmosphère et la faire se sentir à l’aise. Une fois qu’ils étaient bien confortablement installés dans la voiture, Malal se retourna vers elle et lui demanda où est ce qu’elle habitait. Lallah se sentit bien gênée face à cette question, et elle ne pourrait s’expliquer comment le nom d’un quartier voisin du sien, un peu plus « standing » était sorti de sa bouche. C’était venu tout seul. « De toute façon Malal je ne le reverrai qu’une fois ou deux, il me témoigne beaucoup de sympathie et ça ne se limite que là, je n’ai rien à perdre… de toute façon je ne sais pas ce qu’il ferait avec une fille aussi simple que moi » se dit elle intérieurement. Malal acquiesça et démarra joyeusement la voiture. « Au fait joyeux anniversaire Malal » dit Lallah dans un sursaut comme elle se rappelait qu’elle ne le lui avait pas encore souhaité, elle fouilla ensuite dans son sac pour en sortir un petit paquet cadeau qu’elle posa sur ses genoux. « Oh merci, tu es adorable, lui dit-il en lui jetant un rapide regard comme il était au volant… Toute cette attention pour moi ? C me touche daal ! » « C’est normal, c’est ton anniversaire non ? Ca te fait quel âge ? » « Vingt deux » « Wouaw ! tu prends de l’âge dis donc », li répondit elle, taquine Il la regarda de nouveau et ils s’exclamèrent de rire. Malal découvrait Lallah sous un nouveau jour, bien que sa correction et sa réserve lui ont plu dès le début, il s’apercevait qu’elle ne manquait pas d’humour et tout cela lui plaisait bien chez elle . « J’aime bien ton style » commenta-t-il Lallah observa alors les longues manches de sa jolie tunique turquoise agrémenté d’un joli sautoir doré et observa son jean » Bou ma togn way, tes copines là n’ont pas arrêté de se moquer de mon accoutrement de ce soir, me disant que je ferais tâche» « C’est ce que j’aime chez toi, tu n’es pas comme elles, toi… tu es si… différente ! Tu me surprends à chaque fois ! » Lallah se sentit bien gênée par ces propos et détourna la conversation qu’ils tinrent pendant tout le trajet. Lallah avait également découvert Malal sous un autre jour, car bien qu’elle l’eut apprécié dès les premiers instants qu’elle l‘a connu, elle ressentait beaucoup de sympathie envers lui grandir en elle avec le temps, c’était vraiment quelqu’un de bien lui aussi, il était modeste, attentionné, cultivé et à l’écoute, toutes ces qualités faisaient de lui un homme attachant. Une fois arrivés, Lallah lui demanda de s’arrêter dans une rue animée du quartier qu’elle lui avait indiqué. « Et tu ne préfères pas que je te dépose devant chez toi ? Waleu tu veux me faire des cachoteries ? » « Non même pas, je dois passer à la superette faire une course avant de rentrer à la maison… Et tiens, c’est pour toi » lui dit-elle en lui tendant le cadeau. « Merci, tu es adorable » Lallah le remercia et s’apprêtait à sortir quand Malal lui retint par le bras. « Attends, moi aussi j’ai quelque chose pour toi » Lallah le regarda d’un air bien surpris, se demandant ce que Malal pouvait bien lui réserver alors qu’il lui tendait un foulard et lui demandait d’en bander ses yeux. Lallah le regarda d’un air interrogateur mais Malal la rassura de son regard réconfortant, elle s’exécuta alors, non sans protestations « Tu sais qu’aujourd’hui tu n’es pas censé faire des surprises au g.. » Le sang de Lallah ne fit qu’un tour lorsqu’elle sentit quelque chose de bien doux de poser sur le coin de ses lèvres, elle ne put réagir sur le moment tellement elle était surprise, après un petit moment de flottement où elle était tout simplement incapable de faire le moindre mouvement, Malal lui dénoua le foulard des yeux, la regardant d’un air attendri « Et ça c’est le plus beau des cadeaux d’anniversaires que j’ai reçus »


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