Les 3 M, Mariame (11)

sam. 3 oct. 2020, Mariame, par Bessy

Il est comme ça Max, jovial et dégageant la joie de vivre , ce qui faisait qu’il était d’une agréable compagnie !

« Je t’assure que si c’était moi j’allais accepter direct ! "Khana" tu ne les as pas bien vues ?» « Non, ce n’est pas possible, elle ne les a certainement pas bien vues, "Mariame yow est ce que niit gua ?"( Mariame es-tu normale ?) » Myrna et Meryem, les deux nouvelles copines de Mariame, qui étaient également ses voisines de table, étaient béates d’admiration devant les belles chaussures qui étaient exposées en vitrine chez ce réputé magasin de prêt à porter féminin. « Ah il fait déjà beaucoup pour moi, je ne vais pas non plus accepter tous ses cadeaux !» répondit Mariame d’un ton posé, tout en tirant ses copines par le bras afin qu’elles se détachent du magasin qu’elles n’avaient pas l’air de vouloir quitter tant elles étaient hypnotisées par ces chaussures dernier cri . « Tu déconnes boy ! » s’était écriée Myrna, l’adorable libanaise « Cette fille me choque ! »reprit Meryem, la belle gabonaise, « sérieux t’as refusé son cadeau comme ça ? » Mariame se contenta d’émettre un long sifflement tout en se retournant vers ses amies. « Waw legui sakh on mange où (et maintenant où allons nous manger) ? » enchaîna Meryem qui commençait à avoir faim comme elles avaient passé une heure à parcourir tous les magasins de la ville à la recherche de l’huile capillaire de Myrna et qu’il ne leur restait plus qu’une heure avant de reprendre les cours. C’est alors que Mariame pointa du doigt un fast food qu’elles appréciaient beaucoup, elles se regardèrent alors d’un air entendu et s’introduisirent dans le restaurant qui était rempli de monde à cette heure de la journée, mais comme elles connaissaient bien le personnel du restaurant, elles n’eurent pas de mal à passer leur commande dès leur arrivée avant de s’installer dans un coin assez isolé de la grande salle. « Mademoiselle-la-difficile » reprit Meryem, un brin taquine. « Ce n’est pas que je suis difficile, loin de là, mais mets toi à ma place, quelqu’un qui ne cesse de subvenir à tes besoins à tout moment, qui t’apporte tout son soutien quel que soit le problème que tu as, chercherais-tu à abuser de sa gentillesse ? » A cet instant là Mariame pensait à tout ce que tonton Moustapha a fait pour elle depuis le début de son année de formation en gestion. En effet malgré sa réticence à accepter son soutien financier lorsque ce dernier le lui proposait, il avait toujours insisté pour qu’elle reprenne ses études, et pas n’importe où ! Il tenait à l’inscrire dans l’une des meilleures écoles de formation du pays et pour cela, il n’avait ménagé aucun effort, en effet il avait fait appel à toutes ses connaissances qui travaillaient dans le domaine de la formation et dans l’enseignement supérieur pour se renseigner sur la qualité de l’enseignement dans les différentes écoles. Après avoir mobilisé toutes ses forces pour lui trouver une bonne école, il s’est ensuite occupé de toutes les formalités administratives et s’est rendu un beau jour chez Mariame avec une carte d’étudiant à son nom en l’informant qu’il l’y avait inscrite. Que faire devant tant de persévérance et de bonté ? Elle ne put alors que le remercier très chaleureusement ! Elle n’oublierait jamais ces mots qu’elle lui avait dit ce soir là lorsqu’il les avait surpris sa mère, ses sœurs, thiaat et elle dans le salon en train de savourer leur diner. «Merci pour tout, je te jure que je ferai tout pour mériter toute l’estime que tu me portes et que tu seras fier de moi ! » Ainsi Mariame, qui avait toujours été une brillante élève en classes secondaire, n’avait pas perdu de sa discipline et de son amour pour les études, elle était même la première de sa promotion, ce qui faisait la fierté de sa mère ! Loin de se limiter au paiement des factures trimestrielles de son école, tonton Moustapha veillait à ce que Mariame ne manque de rien, il s’enquerrait souvent auprès d’elle pour savoir si elle avait de l’argent de poche, et, étant déjà assez gênée par tous les efforts qu’il faisait pour elle, elle lui répondait toujours qu’elle ne manquait de rien. Il lui arrivait parfois de lui faire des petits cadeaux comme des sacs, des accessoires et, se trouvant devant le fait accompli elle ne pouvait refuser ces présents qu’elle acceptait alors avec beaucoup de gêne … Hier lors de leur petite promenade en ville, après qu’il ait pris congés d’un partenaire avec qui il avait un rendez-vous d’affaires et qu’il lui ait proposé de la récupérer à sa sortie des cours pour la déposer chez elle, ils étaient passés devant ce magasin très branché, et comme Mariame, de la quatre quatre de tonton Moustapha, ne détachait pas ses yeux de cette belle paire de chaussures, il se gara juste devant le magasin et demanda à Mariame, qui était bien surprise par cette halte, de descendre car il avait quelque chose à lui montrer. C’est alors qu’il entra dans le magasin et fit signe à Mariame de le rejoindre. Sachant qu’elle était la cause de cette halte, elle le suivit bien gênée, et une fois dans le magasin ce dernier lui dit discrètement de choisir ce qui lui ferait plaisir. Elle lui expliqua alors qu’elle ne manquait de rien et le remercia bien que ce dernier insista beaucoup pour qu’elle ne prenne ne serait ce qu’une petite paire de boucles d’oreilles. Et pour ne pas le froisser, elle choisit une très modeste paire de boucles d’oreilles à vis car elle savait très bien que si elle restait campée sur sa position ils risquaient de rester très longtemps dans le magasin car il ferait tout pour la convaincre. Une fois à l’extérieur, elle le remercia et ils démarrèrent la voiture pour se rendre chez elle . « Ah dou mom mo la beugue nekhaal rek, tu pouvais accepter ! » (ah mais il voulait te faire plaisir, tu pouvais bien accepter !) enchaina Myrna dont la voix sortit son amie de ses pensées. « Ah grawoul, souma amé sama khalissou boppa je les achèterai, je n’aime pas abuser de sa gentillesse » (ce n’est pas grave, je me les procurerais lorsque je toucherais mon propre salaire, je n’aime pas abuser de sa gentillesse) rétorqua-t -elle « Ndeysanne, li rek mo takh gua nekh ma nak, da gua meune doylou (c’est ce que j’aime le plus chez toi, tu te contentes toujours de ce que tu as). Une fois leurs commandes arrivées, les filles mangèrent très rapidement comme le temps filait et que les cours allaient reprendre dans quelques minutes. L’après midi passa très rapidement pour Mariame comme elle avait des cours d’anglais appliqués à la gestion, sa matière préférée, elle fut donc bien surprise lorsque la sonnerie qui retentit annonça la fin des cours. Comme à son habitude Meryem était la première à rassembler ses affaires, elle était déjà prête lorsque le professeur prenait congés d’eux alors que ses amies finissaient de recopier les derniers schémas projetés au tableau. « Eupleuw aka gaaw, khana dafa am kouley khaar ? »observa Myrna qui se moquait de sa copine dont elle savait bien que la hâte provenait du fait que son fiancé, qui étudiait dans une école très proche, l’attendait chaque vendredi à la sortie pour la raccompagner. « Wawaaw, Max m’attends en bas et je ne veux pas le faire attendre ! » « Mo, waw donc vas-y nous te rejoindrons après » répondit Myrna pendant que Mariame était totalement concentrée sur le schéma qu’elle était en train d’achever. « C’est bon j’ai fini ! Myrna tu pourras recopier sur moi comme ça on perd moins de temps » annonça Mariame « Amga chance ! » dit Myrna à Meryem tout en la toisant gentiment d’un regard faussement menaçant. Les filles quittèrent la salle de classe dans le joyeux brouhaha qui annonçait le début du week end, elles se dirigeaient maintenant vers la sortie de leur établissement pendant que Meryem, qui était aux aguets cherchait la voiture de Max. « Les trois M !» cria une voix masculine qui semblait assez proche. Les filles se retournèrent simultanément sans aucune surprise et reconnurent le visage bienveillant de Max, le fiancé de Meryem, qui leur avait trouvé ce surnom. « Maxouuuuu ! » s’écria Meryem qui pressait le pas vers Max qui était adossé à sa jolie petite voiture avant de lui faire une petite bise sur la joue une fois arrivée à son niveau. Max la regarda d’un air bien attendri tout en lui souriant, il avait l’air vraiment heureux de la revoir ! « Yow daal guisgua Max rek fatégnou ! » (il a fallu que tu voies Max pour nous oublier !) reprit Myrna qui salua ensuite Max. « Alors comment allez vous mes très chères belles sœurs ? » dit-il d’un ton taquin. Il est comme ça Max, jovial et dégageant la joie de vivre , ce qui faisait qu’il était d’une agréable compagnie ! Ils restaient ainsi à discuter jovialement de ce qu’ils souhaitaient faire de leur week end et Max annonça qu’il devait travailler sur un projet de groupe avec son meilleur ami qui allait les rejoindre d’un moment à un autre comme il l’attendait également pour le déposer chez lui quand le téléphone de Mariame se mit à vibrer. « Allo tonton, comment vas-tu ? » « Allo Mariame, ça va très bien, je me trouve actuellement devant ton école et j’allais te proposer de te déposer, je dois aussi discuter avec toi » « Okay, j’arrive », elle joignit le geste à la parole et pris congés de ses amis « Ah c’est dommage, moi qui voulais te présenter mon ami dont je te parlais, je lui ai souvent parlé de toi et il voulait vraiment te connaitre » dit Max. « Ce n’est que partie remise ! » répondit elle en voyant cependant se rapprocher une silhouette qui lui semblait familière. Elle se décida enfin de rejoindre tonton Moustapha et salua encore ses amis, tout en se demandant ce que ce dernier avait de si important à lui dire.


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