Le chemin de Mariame, Mariame (1)

mar. 8 sept. 2020, Mariame, par Bessy

Oui, Il m’a toujours encouragée, malgré mes nombreuses erreurs Il a toujours été là et m’a constamment entourée des meilleures personnes et de Ses anges.

J’ai toujours cru en la destinée, en des chemins tracés par le Tout Puissant pour un seul être et en la faculté de ce dernier d’user de son intelligence, de sa conscience et de son libre arbitre afin de choisir celui qu’il souhaitait : - Soit par ce qu’il se sentait capable d’arpenter ce chemin et que c’était un challenger qui croyait en lui et en l’aide que lui octroierait son Maître - Soit par ce qu’il a toujours nourri la volonté et le désir de prendre ce chemin là - Soit parce que ce parcours lui convenait parfaitement et correspondait à ses convictions - Soit par pure curiosité - Soit par ce qu’il souhaitait se repentir après avoir fait fausse route Mais dans tous les cas cet être devait avoir une idée de ce qui pouvait bien l’attendre au bout de ce trajet car il n’était pas totalement ignorant et il avait été motivé par un objectif lorsqu’il l’a choisi, donc il devait assumer les conséquences de son choix. Il devait tenter de surmonter intelligemment et de manière posée tous les obstacles qui se dressaient face à lui car il devait savoir que tout se méritait dans la vie et qu’il fallait suer pour obtenir ce qu’on souhaitait. Je vous parle évidemment des bons chemins, qui souvent sont jalonnés d’épreuves et d’obstacles qui nous font grandir au fur et à mesure que l’on avance. Pourtant ce n’étaient pas des chemins exclusifs réservés à une élite, non, bien au contraire ils étaient à la portée de tous car nous avons tous en nous cette volonté de progresser et d’évoluer dans le bien, sauf que certains y arrivent plus que d’autres car ils y croient fort ! Etant plus jeune, j’avais très vite remarqué : - qu’il était plus facile de blesser ,qui est un acte ponctuel que de soigner car cela prenait plus de temps et nécessitait de l’attention à l’égard du blessé. - Qu’il était plus facile de détruire que de construire pour les mêmes raisons - Qu’il était plus facile de se laisser aller plutôt que de se battre pour ses bonnes convictions Raisons pour lesquelles n’ai jamais accepté la fatalité ! Oui j’acceptais les choses qui s’imposaient à moi lorsque je n’y pouvais rien, car je savais qu’ainsi allait la vie et que c’était le Décret de Dieu, même si ça pouvait me faire mal parfois, mais je gardais toujours espoir car je me disais que je vivrais des jours meilleurs et que cela me ferait grandir. Mais je refusais totalement de me soumettre à une situation crée par l’inconscience de l’homme ! Oui, j’ai toujours été une battante dans le fond : - J’ai toujours essayé de vaincre mes peurs et mes doutes, qui étaient parfois infondés - J’ai toujours cru en moi malgré mes erreurs que parfois j’enchaînais sans savoir pourquoi - Malgré mes échecs j’ai toujours su me relever car j’ai eu confiance en moi et surtout parce que j’ai été aidée, aussi de nature réservée et discrète je ne me confiais qu’à mon Créateur dans les moments de peine, je Le remercie chaque jour qu’Il fait de m’avoir donné cette force que moi même je croyais limitée mais depuis ma tendre enfance, Il m’a appris à repousser mes limites dans la mesure de mes capacités et à persévérer dans le bien. Oui, Il m’a toujours encouragée, malgré mes nombreuses erreurs Il a toujours été là et m’a constamment entourée des meilleures personnes et de Ses anges. Tant de surprises pour un seul être ! Oui, je suis une femme qui croit, qui tient à sa foi qui est une valeur sûre car elle lui a toujours sorti des situations les plus délicates! J’en suis si fière ! Oui je crois Oui je crois Oui je suis une battante ! J ‘ai toujours tenu à garder mes principes dans un monde en constante mutation et j’ai voulu respecter mes objectifs, en fait je souhaite rester dans la constance car je préfère l’évolution positive au changement négatif. Ma mère nous a éduqués mes deux sœurs, mon frère et moi dans les valeurs morales, à savoir la foi, le respect de l’autre, l’utilisation de sa conscience en toute circonstances, le bien, l’intégrité, la vérité, la force, la patience, l’endurance, la sagesse et le courage. Merci maman, je ne te serai jamais assez reconnaissante ! A vrai dire j’ai grandi très tôt, j’ai été « précoce dans ma maturité »… Peut être était ce dû au fait que, très attachée à ma mère, je passais beaucoup de temps avec elle et qu’elle me donnait beaucoup de conseils et m’a beaucoup appris de la vie, elle m’a surtout appris à aimer, m’a enseigné les bienfaits du respect de l’autre et de soi même ainsi qu’à me surpasser dans tout ce que je fais, aussi, jusqu’en classe de troisième, j’ai toujours été première de ma classe et mon nom à toujours figuré en tête de liste du tableau d’honneur de mon école et de Dakar. Oui j’étais très brillante, j’excellais dans les études que j’adorais ! Ce qui m’a valu d’être le chouchou de tous mes professeurs ! J’ai aussi dû faire certains sacrifices dans mon adolescence… Je me rappelle encore de cette période qui a été l’une des plus dure de ma vie… Ma mère a toujours été une brave femme, une battante. Elle a toujours su se démener dans la vie pour ses enfants, malgré la situation précaire dans laquelle nous vivions mes sœurs et moi, elle a toujours tenu à ce que nous ne manquions de rien : ainsi nous avions bénéficié d’une bonne éducation de base et scolaire, nous avions un toit bien que nous vivions dans la promiscuité et nous mangions, bien qu’il arrivait des semaines où nous mangions toujours le même plat. Mais nous ne sentions par tout cela car maman a toujours tenu à instaurer un climat jovial dans la maison, aussi, les bons moments que nous passions ensemble faisaient que nous oublions nos conditions de vie qui étaient difficiles : Ma mère tirait ses maigres revenus de son commerce de légumes et fruits au marché, elle se levait très tôt le matin pour choisir les légumes les plus beaux et les plus frais chez son maraicher et passait la journée au marché Kermel où elle les revendait, l’après midi, elle se déplaçait au marché Sandiniery où elle vendait ses fruits, l’affluence étant plus forte en ce lieu, elle espérait gagner plus là bas. Ma mère… ma mère nous a toujours couvées et son bonheur dépendait du nôtre, aussi j’aimais la voir ainsi, juste heureuse… Mon père était souvent absent car ayant épousé ma mère, qui était sa deuxième femme à Matam et l’ayant ramenée ici en ville, il retournait souvent au village où il tenait son bétail qu’il revendait à Dakar, cependant il tirait l’essentiel de ses revenus de sa vente au village et y était très souvent, son activité y étant plus rentable et sa première femme, que je considérais par ailleurs comme ma mère, s’y trouvant… Il envoyait de l’argent à ma mère et nous le voyions au moins pendant une semaine chaque mois. J’aimais bien ces semaines où ils nous rendait visite ! ! J’étais tellement pressée de lui montrer mon carnet de note ainsi que mes prix… J’étais sa fierté ! J’aimais mon père, et je l’aime toujours, bien que je lui en aie voulu à cette époque. Ma mère était au début de sa grossesse et attendait mon petit frère, que j’appelle tendrement « thiaat », car il est le petit dernier de ma mère et mon père, de son coté épousait sa troisième femme, une très belle et jeune femme du village voisin. Aussi, mon père était il encore plus absent car devait subvenir aux besoins de sa troisième compagne qui était de huit ans mon aînée. Un jour, il était venu avec elle afin de nous la présenter et, étant une jeune fille de quinze ans en pleine adolescence j’étais subjuguée par sa beauté et par ses traits fins, c’était une très belle Peuhl: grande et fine. Je me rappelle de son beau visage et de ses longs cheveux noirs de jais qui lui tombaient sur les épaules, mais mon enchantement s’es vite dissipé lorsque j’ai remarquée le dédain qu’elle avait à notre égard et surtout par rapport à ma mère.


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