Le chemin de Mariame, (fin)

dim. 13 déc. 2020, Mariame, par Bessy

Parce qu’il voudrait être un mari exemplaire et aimant et patient pour celle qu’il aimait.

C’était une sensation jusque-là inconnue qu’éprouvait le jeune homme qui, dans l’intimité de sa chambre de célibataire qu’il allait désormais quitter, était face à la glace sans réellement observer sa silhouette élancée. En fait c’était un mélange de béatitude mêlée à une pointe de stress. Il n’avait même pas ressenti ce sentiment lorsque ses oncles s’étaient rendus chez sa dulcinée pour demander sa main, ni lors du mariage religieux au cours duquel il a été très attentif au sermon que l’imam a prononcé à leur égard, Mariame et lui, leur donnant des conseils et indications à chacun sur leurs rôles respectifs au sein du couple, de leur devoirs et droits mutuels afin qu’ils bénéficient d’une vie de conjugale épanouissante, heureuse et belle. Il commençait à le sentir maintenant, ce petit stress… Maintenant qu’il savait que dans quelques heures il partagera la même demeure que sa Mariame et que leurs vies seraient liées à jamais, il ressentait cette grande joie et cet accomplissement personnel mêlés à cette petite note d’anxiété. Parce qu’il voudrait être un mari exemplaire et aimant et patient pour celle qu’il aimait Parce qu’il souhaiterait être, s’il plaît à Dieu, le père idéal pour ses enfants, attentionné, à l’écoute, communicatif et droit Il souhaiterait tout simplement faire partie des pères de famille exemplaires, de ceux qui suivent l’exemple de notre bien aimé prophète saws. Il vêtit alors son joli caftan blanc aux discrètes garnitures jaunes parfaitement amidonné et observa cette fois ci réellement son reflet qu’il apprécia, il avait une mine joviale et les traits plus détendus, dégageant cette fois ci une réelle sérénité et une paix intérieure. Au rez de chaussée les préparatifs du mariage allaient bon train, Yaye Maimouna et sa mère Anna supervisaient l’agencement et la disposition des plats sur le buffet alors que la porte principale de la maison, qui était constamment ouverte, accueillait les traiteurs et les employés de maison qui allaient et venaient avec des plats aux aspects appétissants ainsi que des seaux de jus de fruits. N’Dèye Astou, la mère de Sylvia, était également venue prêter main forte à son amie de tous les temps afin d’organiser au mieux la réception qu’elle organisait en l’honneur de son fils et de sa femme. Maman Aicha, la mère de Malal était également de la partie comme la cérémonie qui avait lieu honorait les mariages respectifs de Mariame et Aly d’une part et de Malal et Lallah d’autre part. De leur côté Lallah et Mariame se préparaient chez elles, dans leur appartement situé en banlieue dakaroise. Lallah, qui s’était déjà appétée avec l’aide de sa mère et de sa sœur, portait une magnifique robe en soie blanche et était coiffée d’un joli chignon sur le côté agrémenté d’un grande rose blanche à bordures bleues ciel et à strass par endroits comme elle voulait rappeler la couleur de l’élégant caftan de son mari Malal avec qui elle s’était entendue la veille. Elle peignait la longue chevelure noire aux reflets bruns de la sœur Mariame qu’elle dressa ensuite en chignon haut avant que cette dernière ne se coiffe d’un magnifique moussoor blanc aux bordures dorées rappelant son élégant raz de cou en or mettant en valeur la jolie ndoquette en bazin blanc qu’elle avait fait confectionner il y a une semaine. Elle se maquilla ensuite discrètement, il lui en fallait peu pour révéler sa beauté naturelle, ses jolies mains étaient décoré du hénné que sa mère leur avait posé la veille, sa sœur et elle. Elle était prête à présent, elle remercia sa sœur qu’elle observa ensuite à travers le miroir, elle affichait une mine légèrement confuse. Elle pivota alors sur son siège et prit les mains de sa sœur qu’elle serra ensuite fort dans les siennes. « Ne t’inquiètes pas ma chérie, tu es une femme mature, posée et tu as toujours été une bonne fille, tout se passera bien avec Malal. De plus j’ai eu à discuter avec sa mère et elle me semble être une bonne femme pieuse et généreuse » « Oui, c’est vrai, sa mère est géniale, son père également ainsi que ses sœurs, je ne sais pas pourquoi j’ai ce petit stress, en plus j’ai confiance en moi Dieu merci… En fait je pense que c’est par ce que vous allez me manquer, notre vie de famille, te voir tous les matins au réveil, maman, Thiaat… » à ces mots ses yeux s’embuèrent de larmes. Mariame se leva alors et la pris dans ses bras, et lui tapota le dos. « Ne t’inquiètes pas, nous nous verrons souvent, et puis maman et Thiaat vont emménager chez vous, petite chanceuse va ! » « oui, c’est vrai » répondit Lallah tout en se redressant « Et puis je sais que tu feras une bonne épouse s’il plait à Dieu, car tu as toujours été une jeune femme modèle, tu n’as jamais eu d’aventures de gauche à droite, tu es restée ainsi jusqu’à ce que Malal te trouve et tombe amoureux de toi, t’apprécie pour tes qualités que maman à cultivées en toi grâce à l’éducation qu’elle nous a inculquée et tu n’as jamais changé de voie, tu continues à cultiver ces qualités, et tu fais de moi la grande sœur la plus heureuse et la plus fière du monde! » Mariame la resserra dans ses bras, cette fois ci l’émotion se manifestait de son coté, sa sœur Lallah allait réellement lui manquer, mais elle la verra souvent vu qu’elles emménageaient dans le même quartier. Regardant l’heure qu’indiquaient les aiguilles de sa fine montre, la mère des jeunes mariées décida de les rejoindre dans leur chambre afin de voir comment progressait leur toilette. Un sourire se dessina sur ses lèvres lorsqu’elle vit ses filles enlacées nans les bras l’une de l’autre et qui se donnaient des conseils. En sentant sa présence, Lallah et Mariame se retournèrent vers leur mère à qui elles sourirent avant de la rejoindre et lui tenir chacune une main. « Je suis fière de vous mes filles et en ce jour je me sens honorée et bénie par Dieu de donner vos mains à des hommes pieux, bons et respectueux car je vois en cela que vous avez fait le bon choix chacune dans la mesure où vos critères de sélection sont les meilleurs, et c’est ce que je me suis efforcée de vous inculquer avec amour durant tout le temps que je vous ai élevées sous mon toît, aujourd’hui je vois que toutes mes prières ont été exaucées. Je suis aussi heureuse de voir que vous n’avez jamais bifurqué ni changé de chemin, vous avez choisi certes un trajet avec quelques obstacles, mais ces obstacles sont surmontables et c’est le bon chemin que vous avez choisi, le droit chemin, et sachez que vous verrez aujourd’hui le fruit de toutes ces concessions : vous avez gagné en foi, en maturité, en bonté, en stabilité et en honneur, jamais je ne me suis plainte de vous, vous auriez pu faire comme certaines filles de votre âges, mais vous ne m’avez jamais désobéi et vous n’avez jamais désobéi à Dieu lorsque j’ai été dans l’erreur et vous voyez les fruits de cette foi et de cet amour En ce jour, je sens que vous prenez plus conscience de la valeur de mes recommandations, lorsque je vous ai enseigné d’être sérieuses dans vos relations, de choisir des hommes qui vous ressemblent, c’est à dire pieux et bons, animés par la crainte de Dieu ainsi vous vous respecterez mutuellement, éviterez de transgresser, vous recommanderez mutuellement de bien, la patience, l’endurance et serez en phase totale, vous vous comprendrez mutuellement et parcourrez le reste de votre chemin dans le bonheur car vous allez DANS LA MEME DIRECTION. Demain Inch Allah, après votre nuit de noces, vous serez tellement fières de vous, fières de ne pas ressentir une seule once de gêne lorsque vous croisez le regard d’un autre homme que votre mari car il ne sait rien de vous et vous respecte, fières de votre réputation inspirant le respect, vos enfants auront une bonne référence en vous et ne seront jamais sujets de causeries futiles sur leur mère et surtout, Dieu vous récompensera de votre comportement, n’ayez crainte. » Les yeux de Mariame et de sa sœur s’embuèrent de larmes après ce discours de leur mère qui les avait énormément touchées, elles la serrèrent chacune fort dans leur bras et remercièrent intérieurement Dieu pour tout ce bonheur qu’elles vivaient. La résidence de la famille Diop commençait à se remplir des invités, essentiellement des membres de leur grande famille et leurs amis proches. Malal rejoignait Pape Aly et ils étaient maintenant dans l’intimité du salon familial en compagnie de leurs parents qui leur donnaient des recommandations afin de les aider à réussir leur vie de couple, le père de Malal avait beaucoup insisté sur le fait qu’ils devaient chacun aimer et respecter leur femme, car avant eux, beaucoup d’hommes avaient frappé à leur porte, des hommes bons dont certains étaient peut être meilleurs qu’eux sur certains points, mais elles ont refusé et les ont accepté, eux, car il y avait cette chose appelée amour que Le Tout Puissant avait établis entre eux et qu’ils se devaient d’entretenir aussi en respectant leurs épouses, en les aimant, en les épaulant et en étant toujours bons et patients avec elles à tout moment. « Seey diamou Yalla la, bou lenn ko fowé »(Le mariage est une forme d’adorer Dieu, ne vous amusez pas avec » tel fut le conseil ultime qui clôtura la série de recommandations des pères. Pape Aly regarda avec admiration ses parents, ça faisait maintenant trente ans qu’ils étaient mariés et ils ne s’étaient jamais disputés devant ses frères et lui, il n’avait jamais senti une moindre once de tension entre eux car même lorsqu’ils rencontraient des problèmes au sein de leur couple, Yaye Maimouna sa mère et son père Mayacine épargnaient toujours leurs enfants de leurs scènes de ménage, ils ne parlaient jamais fort, n’exprimaient jamais leurs différends, ne serais ce que par un regard ou par un geste. Ils s’efforçaient toujours d’offrir à leurs enfants cette stabilité car ils savaient bien que s’ils laissaient éclater leurs problèmes au grand jour, cela pourrait laisser des séquelles sur eux qui, après tout n’étaient pas concernés, cela pourrait même impacter leur vie sentimentale dans l’avenir, comme les enfants ont toujours comme référence leurs parents. Pape Aly était fier d’eux et de tout ce qu’ils avaient fait pour lui et ses frères, il les remercia ouvertement et leur promit de suivre leur exemple, Malal en fit de même avec ses parents. Son père était polygame et n’avait jamais été injuste, inattentif ou mauvais avec sa mère, il pense même que son père n’avait jamais été aussi amoureux de cette dernière que depuis qu’il eut prit une seconde épouse. Sa mère ne s’était quant à elle jamais opposée à son second mariage et lui a même donné son accord comme son père, qui ne souhaitait pas surprendre ni blesser sa femme, le lui avait demandé, et avec le temps des liens d’amitié s’étaient tissés entre la second épouse de son mari, qui avait très bon cœur. Après cette discussion avec les parents, Aly et Malal se retirèrent pour discuter entre eux. « Félicitations cousin, tu as choisi une bonne épouse » dit Malal à Pape Aly en lui tapant l’épaule amicalement « Toi aussi mon frère » il faut dire que nous avons été liés à deux femmes formidables ! » « Je te le concède, et dire que j’ai failli la perdre, mais Dieu fait bien les choses… » dit Malal en se rappelant le jour ou Lallah l’avait trompée sur son lieu de résidence, craignant que si elle lui disait la vérité sur sa situation modeste, il ne serait plus intéressé par elle. A cet instant la porte s’ouvrit sur les femmes qui firent leur apparition accompagnées de leur mère et de Thiaat, le bruit joyeux des tambourins africains résonnait alors que d’autres femmes faisaient des bruits avec leur langue comme savent si bien le faire les femmes orientales tandis que d’autres tapaient des mains en cadence avec le son du tambourin. Pape Aly ne pouvait détacher ses yeux de sa femme, elle était si belle, et paraissait si timide et innocente, juste charmante et belle, elle se dirigea vers lui, lui fit une accolade et elle alla ensuite saluer ses beaux-parents qui étaient venus les accueillir sa sœur, sa mère, son petit frère et elle. Lallah en fit de même. Elles restèrent un moment discuter avec leurs beaux parents. Leur mère, maman Khadija avait déjà fait la connaissance de ces derniers et avait sympathisé avec Maman Aicha, la mère de Malal, en effet il se trouvait qu’elles étaient du même village. Quelques instants plus tard, les parents des mariés se retirèrent dans le salon afin de discuter entre eux et mieux se connaître. Et de fil en aiguille, ils se rendaient compte qu’ils avaient des liens communs qui les liaient sans qu’ils l’aient su, des ancêtre en communs, des parents communs, et à ce moment-là, Mayacine ne regretta pas une seule seconde d’avoir donné l’accord à son fils pour qu’il puisse se marier avec Maryame qui était pétrie des qualités qu’il voyait en sa mère, et là, il se demanda ce qu’était réellement une caste, juste un élément séparant des êtres qui ne sont pourtant pas si différents que ça, vu qu’en somme, ils appartenaient tous à une même grande famille. Pendant ce temps, Mariame était lovée dans bras de son époux, elle connaissait enfin cette liberté de mouvement qu’elle pouvait avoir avec celui qu’elle aimait, car avant bien qu’elle l’aimait de tout son cœur, elle s’efforçait de ne pas trop l’approcher comme elle ne voulait pas provoquer en lui certains désirs. Aujourd’hui elle se sentait plus libre car il était son époux, elle était madame Diop, elle était juste heureuse. Il en était de même pour Pape Aly, il était fier de sa femme et la respectait davantage pour beaucoup de choses, sa personnalités, son comportement, se qualités, sa pudeur. Lallah aussi filait le parfait amour avec son gentlemen de Malal, elle était désormais madame Ba, et dans les bras de Malal, elle repensait à leur première rencontre, et dire qu’elle l’avait connu par l’intermédiaire de ses copines de fac là, comment s’appellent-elles déjà ? Raïssa, Fafa et Binta… Ces jeunes femmes excentriques, que sont-elles devenues ? Raïssa venait toujours à la fac, elle avait changé et était devenue une jeune fille normale et respectueuse, elle avait juste été influencée par Fafa et Binta qui étaient les stars de la fac, Raïssa avait fini par être une bonne amie, elle l’avait informé de son mariage avec Malal, mais cette dernière ne pouvait venir comme elle était partie en voyage à l’étranger, mais elle l’avait appelé la veille pour lui souhaiter ses meilleurs vœux de bonheur et leur a promis une visite à son retour, à Malal et elle. Et Fafa dans tout ça ? Cela faisait un moment qu’elle ne venait plus à la fac, à vrai dire, elle était absente pendant tout le dernier semestre, Lallah s’était renseignée auprès de Raïssa pour avoir des nouvelles et savoir si tout allait bien et cette dernière l’informa qu’elle était enceinte de leur professeur de droit des affaires, sa grossesse ayant atteint état avancé, elle préférait ne plus venir à l’université pour ne pas avoir à subir le regard des autres, elle qui était la star de l’université, qui sortait avec tous les garçons riches et à la mode, qui l’eut cru ? Binta ? Binta s’était envolée en Amérique avec un riche jet setteur sénégalais qui devait avoir l’âge de son père, il paraît qu’il lui arrivait d’être très jaloux et impulsif lorsqu’il était saoul, aux dernières nouvelles elle l’avait le quitté et envisageait de revenir au Sénégal, elle s’était rendue compte que ce milieu était pourri et que l’argent seul ne faisait pas le bonheur. Elle entreprend d’ouvrir une maison de couture avec les économies qu’elle a pu réaliser comme elle a gardé cet amour pour la mode. Elle souhaiterait commencer un nouveau départ, il parait même qu’elle serait devenue plus religieuse et respectueuse, cette expérience lui aurait ouvert les yeux sur vie et les priorités de ce bas monde! A ce moment-là Lallah se demanda ce qu’elle serait devenue si elle avait suivi ce groupe de filles dans leurs plaisirs éphémères ? Peut-être Malal ne s’intéresserait pas à elle comme il l’avait choisie parmi elles et l’a appréciée dès la première fois pour son éducation et sa piété. Peut-être ne serait-elle pas dans cette salle à lire le bonheur dans les yeux de sa mère qui lui est si chère Peut- être ne se rendrait-elle pas compte qu’il y avait des hommes exceptionnels sur cette terre, qui recherchent des femmes exceptionnelles afin de les rendre heureuses. Peut-être n’aurait-elle pas tout simplement trouvé son autre partie, dont elle aimait lire cet océan d’amour dans les yeux. A ce moment elle fut bien heureuse d’avoir suivi le chemin que leur avait recommandé sa mère et elle, le chemin de Mariame et le chemin de Lallah et le chemin des femmes qui savent leur valeur et qui aiment le bien, et qui, tôt ou tard, seront récompensées par Dieu pour leurs efforts. A ce moment-là la porte s’ouvrit sur Sylvia qui était resplendissante dans son grand boubou vert d’eau agrémenté d’un joli sautoir en or, elle était accompagnée de son amie Rosie qui était vêtue d’une élégante marinière rose, en les voyant, Mariame eut peur que Sylvia fut venue pour créer un scandale, elle regarda alors Pape Aly d’un air interrogateur, ce dernier en fit de même comme pour lui dire « moi non plus je ne sais pas » et c’est à ce moment-là que Sylvia se dirigea d’un pas gracieux et assuré vers les nouveaux mariés afin de féliciter Mariame en lui serrant la main, avec un large sourire. Mariame ne s’y attendait pas, elle la regarda d’un air ahuri tandis qu’une délégation venue l’accompagner faisait son apparition avec de nombreux cadeaux qu’ils offrirent plus tard aux nouveaux mariés, elle offrit une parure complète en or à Mariame dans la discrétion, sans que personne ne le voie, elle n’aimait pas étaler les cadeaux qu’elle offrait, tous les cadeaux furent offerts dans la discrétion, en intimité avec les seuls nouveaux mariés, la délégation qui était venue était composée des amis de Pape Aly et n’avait pour but que d’honorer les nouveaux mariés dont chaque personne témoigna des bons caractères de Pape Aly et le félicitèrent de son choix. Sylvia avait lâché prise et cela lui allait à merveille, voilà quelques mois qu’elle filait le parfait amour avec son ex fiancé avec qui elle s’était remise et ils envisageaient même de se marier bientôt, les sentiments que Sylvia pensait perdus à jamais envers Henry le bel ivoirien étaient réapparus à sa grande surprise et ce denier la rendait tout simplement heureuse. Aussi Sylvia s’était éloignée de ses deux soit disant amies dont elle s’était aperçu qu’elles ne lui préconisaient pas de bons conseils et s’était davantage rapprochée de Rosie qui était sincère et qui a toujours été là pour elle, dans les moments difficiles et dans les moments heureux, qui a essuyé ses affronts et sa colère alors qu’elle ne cherchait que son bien en la conseillant de laisser Pape Aly vivre sa vie s’il avait trouvé son bonheur ailleurs, et de se concentrer sur elle car tôt ou tard un homme qui lui conviendra mieux frappera à sa porte, et cet homme était Henry, l’homme qui la comblait de joie au point où elle avait oublié Aly qu’elle considérait aujourd’hui comme un frère. A ce moment-là, lorsque Rosie lui conseillait sagement de patienter et de ne pas harceler Aly alors que ses autres copines amies l’incitaient à ne pas laisser Aly qui ne l’aimait plus, à « defar bamou bakh ak défanté » (rivaliser , faire la guerre) à Mariame, elle avait du mal à comprendre et pensait que Rosie était une jalouse qui tentait de semer la zizanie dans son couple, mais avec le recul elle se rendit compte que Rosie était une vraie amie dans la mesure où elle avait d’abord essayé de recoller les morceaux avec Pape , et voyant qu’il n’était plus amoureux, et que les sentiments ne se forcent pas, elle conseilla bien son amie qu’elle ne voulait pas voir se donner en spectacle pour un homme qui ne partageait plus ses sentiments, se rabaisser et épuiser ses forces pour rien. Si elle avait emprunté le chemin de la vengeance et du non lâcher prise, aujourd’hui elle n’aurait pas cette dignité qui lui permettait de pouvoir se rendre la tête haute au mariage de son ex dont elle commençait à lire dans les yeux beaucoup de respect, elle n’aurait pas cette possibilité de connaitre réellement Mariame qui, avec le recul était une femme dotée d’une grande générosité, elle se blesserait dans son amour propre et dans son orgueil, et le pire est qu’elle n’allait pas gagner dans tout cela. Rosie, par le bon conseil et par l’amitié sincère qu’elle lui vouait, ne le lui souhaitait pas et voulait l’en épargner car la blessure que cela lui aurait causé aurait pu la rendre aigrie, méfiante envers les hommes ou tout simplement moins bonne qu’avant. Et Rosie alors ? En ce moment c’est Sylvia qui était en train de la coacher, en tant que meilleure amie vu qu’elles étaient devenues inséparables! En effet Rosie avait toujours du mal à digérer la pilule, elle avait toujours du mal à pardonner Franck qui avait rompu pour aller travailler à l’étranger alors qu’ils avaient vécu une belle histoire ensemble, pourtant ce dernier était très amoureux d’elle et le lui manifestait toujours malgré sa grande réticence, comme elle ne voulait pas avoir mal à nouveau bien que la flamme ne se soit jamais réellement éteinte, en fait elle lui en voulait beaucoup et avait du mal à lui pardonner tout le mal qu’il avait causé en elle. Sylvia lui recommandait d’essayer de le comprendre, il était jeune et faisait une priorité sur sa carrière à l’époque, maintenant qu’il a eu ce qu’il voulait et souhaitait se poser, elle pouvait lui donner une seconde chance d’autant plus qu’il était sincère et n’avait jamais aimé une femme comme il aimait Rosie. Elle lui conseillait de ne pas chercher à se venger, à lui parler et lui exprimer la peine qu’il lui a causé, et elle lui garantit qu’en se lâchant et en s’exprimant ouvertement à lui, en lui expliquant clairement le mal qu’il avait causé et qu’elle lui avait caché, il allait mieux comprendre sa réaction et être plus patient pour elle et la comprendre. De plus en lui cachant la raison de toute cette colère, elle risquait de se faire du mal elle-même et subir ce qu’elle voulait éviter à Sylvia, à savoir finir par développer une méfiance par rapport aux hommes qui ne sont pas tous pareils, et cela, Sylvia le lui avait rappelé. Elle risquait aussi, en plus de se faire du mal à elle-même passer pour une femme hautaine aux yeux de Franck qui ne comprendrait pas les raisons de ce comportement et donc finir par mal la juger, ce qui ne ferait qu’envenimer la situation. Depuis, Rosie apprenait à ouvrir son cœur à Franck, à s’exprimer, à lui parler franchement et elle voyait que ça allait mieux à son niveau, elle sentait un changement intérieur et sentait qu’elle se libérait d’un fardeau, cela se voyait même sur son visage qui semblait être de jour en jour toujours plus resplendissant, ce qui la rendait heureuse pour elle-même et qui semblait rendre Franck encore plus amoureux d’elle. Il lui fallait du temps et il lui en laisserait, ils se redécouvraient l’un et l’autre.


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