Coup de maître ou coup de traître ?, Mariame

ven. 4 déc. 2020, Mariame, par Bessy

Les enseignants, le directeur de l’école ainsi que les promotionnaires de Malal accompagnés de leurs familles et de leurs amis.

« Tu sais très bien que le mieux serait que tu y ailles, qu’en pensera sa famille ? » déclara la mère de Pape Aly à son adresse alors que ce denier était nonchalamment affalé sur le grand canapé du salon. « Tu ne réponds pas ? » s’écria sa mère qui commençait à s’exaspérer de son mutisme « Maman, tu sais très bien que j’ai pleins de documents à rendre lundi au bureau et les responsabilités qui me sont confiées m’empêchent toute forme de retard ou de non qualité dans mon travail, je l’ai appelé et je lui i expliqué la situation, je t’assure que tu te fais du sang d’encre pour rien ! » répondit il Yaye Maimouna déposa un regard qui en disait long sur son fils, ce regard était à la fois réprobateur et interrogateur, elle s’approcha alors doucement de son fils et s’assit sur le canapé sur lequel il était couché « Tu as des problèmes avec Sylvia, c’est ça ? » dit-elle du ton posé que son fils avait hérité d’elle Face à cette question, il se redressa et se mit face à sa mère Oui il ne s’entendait plus avec Sylvia En vérité il ne l’aimait plus, mais il n’en avait pas parlé à sa mère car il n’avait pas envie de la décevoir, il savait à quel point cette relation lui tenait à cœur, Sylvia est la file de sa meilleure amie et une éventuelle union de leurs famille qui étaient très proches en plus d’appartenir à la même caste et partageant ainsi les mêmes traditions et valeurs les souderait et les unirait davantage. Mais là elle lui offrait l’opportunité de se libérer et de lui dire la vérité sur ce qui se passait. « Maman je ne souhaiterai pas y aller car je n’aime pas ses comportement qui m’ont par ailleurs poussé à rompre avec elle… » Les yeux de Yaye Maimouna s’ouvrirent grandement lorsque ces mots sortirent de la bouche de son fils. « Lou la diot Aly ? (que t’arrive t-il Aly ?) « Dara Yaye (rien maman), je ne fais que te dire la vérité « Les comportements de Sylvia tu dis ? Cette fille qui est si respectueuse et attentionnée à notre égard ! Tu te moques de moi ou quoi ?» Voilà ce que le jeune homme redoutait, et oui sa belle avait bien joué son rôle de fille parfaite, elle savait garder cette face angélique lorsqu’elle se trouvait en compagnie de sa famille, ce qui levait tout doute qu’elle puisse éventuellement mal se comporter. « Tu as intérêt à bien réfléchir à ce que tu fais » dit sa mère qui commençait à s’emporter, elle se releva du canapé et monta bruyamment les escaliers pour rejoindre sa chambre. Pape était dépité, il savait pertinemment que tout cela allait arriver comme il savait à quel point sa mère appréciait Sylvia. De son côté Yaye Maimouna tempêtait de colère, elle prit alors son chapelet qu’elle commença à égrener machinalement afin de dissiper la colère qui montait en elle, elle respira profondément et fit les cents tours dans sa chambre Au bout de quelques instants elle arriva à recouvrer une certaine sérénité « Ce sont des jeunes gens et les choses finiront par s’arranger » Elle prit une pause et inspira profondément, les pensées lointaines : elle connaissait trop bien son fils et par le ton ferme qu’il avait prit lorsqu’il lui avait annoncé sa rupture avec Sylvia et par cette absence d’expression dans son regard, qui révélait sa flamme qui s’était éteinte, elle était persuadée que les sentiments de son fils étaient vrais et qu’il ne s’agissait pas là d’un simple caprice. « Quel intérêt aurait-il à me mentir sur Sylvia ? Peut- être dit- il vrai, il faudra que je commence à observer davantage ces deux jeunes gens et que je mette de côté mon désir d’unir nos familles, après tout c’est sa vie et c’est lui qui est amené à se marier…» Sur ces sages paroles elle redescendit les escaliers et rejoignit son fils qui n’avait pas bougé du salon, affichant une mine pensive. « Lane la da gua diakhlé, tell na dé ! » ( il est bien tôt pour toi pour te mettre dans cet état) le taquina sa mère qui savait à quel point sa colère pouvait affecter son fils « Ce n’est rien, ce sont tes sentiments et si tu ne l’aimes plus ma foi je n’y peux rien, wayé défal lou rafet nak (agis avec courtoisie) rends toi au moins à sa cérémonie de remise de diplôme » Pape Aly enlaça vivement sa mère, et déposa sur elle un regard débordant d’amour « Waw kegn, je préfère te voir comme ça » déclara sa mère tout sourire avant de se lever et de rejoindre sa chambre pour se changer, Pape Aly alla joyeusement en faire de même Lallah se pomponnait dans la salle de bains, elle voulait être radieuse pour son Malal, il le méritait bien : il avait décroché son diplôme de manager en télécoms lui ouvrant les portes du monde professionnel, elle avait sorti pour l’occasion sa superbe robe en soie dorée et ses jolies mules assorties. « Ah sa Malal di na contane dé !» (Malal sera content) la taquina Mariame qui s’activait à la maquiller « Merci Mariame » Tu es toute belle fit Mariame en contemplant le résultat du travail qu’elle avait réalisé sur sa sœur : elle l’avait légèrement maquillée juste pour révéler sa beauté naturelle, elle était magnifique ! « Merci ma belle, mais tu aurais dû venir à la cérémonie, ça aurait fait plaisir à Malal» répondit sa sœur toute joyeuse. « Bayil ma tok wétali maman rek » (ce n’est pas grave, je tiendrais compagnie à maman) fit Mariame le sourire aux lèvres A ce moment-là, les vrombissements du moteur de la voiture de Malal qui venait de se garer se firent entendre, suscitant toute l’attention de Lallah qui accourut à la fenêtre qui donnait sur la rue, elle sourit et agita les mains à Malal qui lui envoya un bisou. Quelques minutes après, Malal sonna chez eux tout en dissimulant un grand paquet derrière lui. Mariame alla lui ouvrir tout en lui prévenant que Lallah finissait de s’apprêter dans la chambre. Il en profita pour saluer la maman de Lallah qui le félicita de l’obtention de son diplôme, quand Thiaat le prenant au dépourvu courut pour se blottir tout contre ses jambes qu’il enlaça, en effet le petit dernier avait rapidement adopté le jeune homme qui se rendait régulièrement chez eux. Ce dernier le souleva et le fit tournoyer sous le regard attendri de Lallah qui s’approchait d’eux. Lorsqu’il la vit Malal déposa le petit garçon et alla à sa rencontre « Tu es splendide ! » lui dit t-il sans pouvoir quitter des yeux son beau visage. « Merci » répondit-elle timidement « On y va ? » « Attends, j’ai un secret à confier à mon futur beau -frère d’abord », lui fit il d’un air taquin avant de s’éloigner du salon pour aller dans le vestibule où il appela Thiaat qui accourut tout de suite. Malal, de son air joueur tendit alors le grand paquet cadeau dissimulant une grosse voiture télécommandée à monter au petit garçon qui se mit à sautiller de joie comme il savait que le petit garçon aimait tout ce qui se rapprochait de la mécanique. Thiaat l’enlaça puis courut tout heureux vers le salon afin de chercher sa mère pour lui montrer son nouveau jouet, Malal rejoignit alors Lallah qui avait vu son petit frère et le remercia de son geste, ils prient ensuite congés de Mariame comme la mère faisait sa prière. La cérémonie battait son plein dans le grand jardin où elle se déroulait lorsque le jeune couple arriva, il y avait tout le monde : les enseignants, le directeur de l’école ainsi que les promotionnaires de Malal accompagnés de leurs familles et de leurs amis. Dans un coin du jardin, Pape Aly dont la mère discutait avec celle de Sylvia, sirotait seul son coca tout en observant le spectacle qu’offraient les jeunes diplômés tout joyeux, cela le renvoya quelques années en arrière, lorsqu’il était à leur place, un sourire se dessina alors sur ses lèvres et il n’entendit pas les pas de Sylvia qui se rapprochaient avant que cette dernière, se trouvant derrière elle ne l’enlace. Il se retourna et la salua avant de la féliciter. « Rien que ça, c’est comme ça que tu me félicites ?» lui fit elle en affichant une moue enfantine « Ecoutes, on en a déjà discuté et j’ai été clair là-dessus, et si ce n’était ma mère je ne serais venue » lui répondit- il froidement « Ah oui ? Je n’avais pas compris cela comme ça » fit elle avant que Pape Aly ne s’éloigne « Au fait…En parlant de ta mère, je pense qu’elle aura une heureuse nouvelle à t’annoncer à votre retour » fit elle d’un ton sarcastique Pape Aly ne l’écouta même pas et s’éloigna quand il fût interpellé par Malal « Big Pape ! » lui fit il en s’avançant joyeusement vers lui, Lallah à son bras « Malal ! si ce n’est pas une belle surprise ça ! » lui fit il tout en dissimilant la colère qui avait commencé à naître en lui du fait des propos de Sylvia « Ca fait un bail mec ! » fit Malal tout en lui tapant le dos, « comment vas-tu ? je te présente Lallah, l’élue de mon cœur » fit il tout en désignant Lallah Pape Aly la regarda, il reconnut immédiatement les traits de Mariame « Bonjour » lui fit Lallah en lui tendant la main avec un grand sourire qui avait fini de dissiper tout doute d’une éventuelle parenté avec Mariame pour les transformer en certitudes « Bonjour, lui fit –il, tu ressembles à quelqu’un que je connais et qui m’est chère, connais tu Mariame ? » Lallah sourit et fit un lien entre le Pape Aly dont Mariame lui parlait souvent et lui « Bien sûr, c’est ma… » Elle n’eut même pas le temps de terminer sa phrase que Sylvia accourut, prenant Aly par le bras « Sylvia, alors heureuse d’avoir obtenu ce diplôme hein » fit Malal à son adresse « Trooop, comment j’ai galéré pour l’avoir ! Je suis trop heureuse ! vous vous connaissez ? » dit elle en regardant tour à tour Malal et Aly « Et comment ? On est cousins ! » s’exclama Malal « Ah comme le monde est petit », dit elle tout en souriant « donc tu peux faire partie du groupe privilégié auquel je vais annoncer la bonne nouvelle ! N’est ce pas Pape ? Aly et moi nous nous marions bientôt » fit elle en regardant Aly d’un air victorieux


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