Au carrefour de la confusion, Mariame

mar. 10 nov. 2020, Mariame, par Bessy

Il ne quitta pas la télévision du regard, comme s’il n’avait même pas entendu cette remarque et prit de nouveau son verre de jus dont il but une gorgée avant de la redéposer sur la table.

Voici deux semaines que Lallah n’avait plus de nouvelles de Malal, il semblait qu’il avait changé de numéro de téléphone. Elle lui a envoyé plusieurs messages sur facebook, mais ils étaient tous restés sans réponses, elle avait à peine obtenu un retour à son dernier message, une réponse courte, brève et très différente de celles qu’il lui envoyait d’habitude. Oui Malal avait changé depuis un moment maintenant. Que se passait-t-il ? En aimait-il une autre ? Toutes ces questions sans réponses occupaient les pensées de Lallah, qui, de nature très discrète dans ses affaires, se confiait très peu… Comme on était le vendredi, elle décida de lui rendre visite chez lui le lendemain car bien qu’elle n’aimait pas se rendre chez les gens à l’improviste elle ressentait un grand besoin de tirer les choses au clair et avoir de franches explications avec lui car elle supportait mal cette situation. Sur cette pensée qui la réconforta, elle s’endormit comme un bébé avec l’espoir d’une belle réconciliation avec son amour. Le lendemain vers l’après midi, après avoir aidé sa mère à réaménager le salon avec les jolis meubles offerts ce matin par le charmant Adama, qui donnaient un nouveau souffle de modernité à leur agréable salon, elle alla se préparer pour rendre visite à Malal. Après s’être apprêtée d’une magnifique robe longue d’été verte accompagné d’un beau turban vert et de ses scintillantes créoles dorées offertes par Malal il y à peu prés un mois, elle porta ses jolies sandalettes dorées et direction chez Malal. Elle passa par la cuisine et remplit un Tupperware de bons beignets à la noix de coco et aux raisins secs cuisinés la veille par sa maman comme elle savait que son très cher raffolait de ces friandises. Quelques minutes plus tard, elle était face à l’élégante demeure de Malal. Elle salua le vigile qui surveillait les lieux et avec qui elle s’était liée d’amitié puis pénétra dans la luxueuse maison après que l’on lui ait confirmé que Malal était présent. Dans le salon, elle trouva les sœurs de Malal qui sautèrent de joie à sa vue et qui la complimentèrent sur son beau style vestimentaire, elles entamèrent la discussion toutes les trois et la belle Lallah en oublia même toute sa peine et la raison de sa visite quand des pas qui lui étaient familiers se faisaient de plus en plus proches. Elle se retourna et vit Malal, vêtu d’un beau polo noir et d’un beau jean brut, les mains dans les poches et la mine blasée les observer de l’entrebâillement de la porte du salon où il se tenait. « Salut » lui fit il en la fixant d'un regard perçant et froid à la fois, avant de poursuivre son chemin et de se rendre dans la cuisine d’où il ressortit quelques minutes plus tard avec un verre de jus de fruit à la main. Il entra de nouveau dans le salon sans porter d’attention à qui que ce soit, posa son verre sur la table basse et alluma la télévision dont il fit défiler les chaînes jusqu’à tomber sur une chaîne de sport diffusant un match de basketball sans prêter attention aux protestation de ses sœurs. « Yow mi depuis quand est ce que tu te sers tout seul à boire, je te fais remarquer que tu es en présence de personnes, la moindre des choses serait d’en proposer aux autres » lui fit remarquer sa grande sœur qui le fixait d’un air mécontent. Il ne quitta pas la télévision du regard, comme s’il n’avait même pas entendu cette remarque et prit de nouveau son verre de jus dont il but une gorgée avant de la redéposer sur la table. Sa sœur le regarda d’un air exaspéré avant de se rendre dans la cuisine, suivie de Lallah qui lui proposa son aide. Une fois dans la cuisine, La sœur de Malal, Thiané, secoua la tête et ouvrit le réfrigérateur d’où elle sortit une carafe de jus de bouye, elle se tourna vers Lallah « Excuses le, il est comme ça depuis un moment maintenant, il se replie sur lui-même et ne parle à personne… Vous avez des problèmes tous les deux? » Lallah secoua la tête d’un signe négatif « Non nous n’avons eu aucun problème, je suis d’ailleurs venue pour parler avec lui car depuis un certain temps il a également pris ses distances avec moi, je ne le comprends plus trop et je voulais savoir ce qui se passait » « Bienvenue au club » lui répondit Thiané, « en tout cas si tu en sais plus que nous n’hésites pas à nous le faire savoir Elles sortirent de la cuisine avec un plateau sur lequel étaient disposés les rafraîchissements et se dirigèrent à nouveau dans le salon où Malal était avachi sur le canapé, occupé à envoyer des sms. Les filles continuèrent leur discussion et ignorèrent royalement Malal qui, comme agacé par leur jovialité se leva brusquement et quitta le salon pour se rendre dans sa chambre où il s’enferma et mit ma musique à fond. « Khalé bi dafa reew, (cet enfant est malpoli) , on ne lui a pas dit ses quatre vérités, reprit sa soeur benjamine qui décidemment était exaspérée par le comportement de son grand frère, je ne l’ai jamais vu ainsi, waw mais kil ou ko diot ?(qu’est ce qui lui arrive) Thiané se contenta de hausser les épaules et de poursuivre sa conversation avec Lallah, qui se sentait très gênée d’assister à ces scènes et dont le cœur était anéanti de voir celui qu’elle aimait dans cet état , au point d’exaspérer ses sœurs avec qui il s’entend d’habitude si bien. Elle entendait les filles parler et rire mais son cœur n’était pas aux plaisanteries, elle devait parler à Malal. Elle s’excusa alors auprés des sœurs de Malal qui étaient maintenant comme ses propres sœurs et prit les escaliers direction la chambre du jeune homme d’où émanait un assourdissant son de rap galsen. Elle frappa à la porte de manière assez forte pour se faire entendre, une fois puis deux et trois et au bout d’un moment le volume de la musique baissa. « Qui est ce ? » retentit sa voix désagréable « C’est moi, Lallah, » Fit elle d’une voix mi gênée, mi agacée Elle l’entendit mettre ses sandales, se lever et lui ouvrir la porte. « Oui ? » lui demanda t il « Je souhaiterais te parler » lui fit elle en évitant son regard percant qui commencait à la gêner. « Je t’écoute » lui fit il sans même lu proposer d’entrer dans la pièce « Ca va être long et je ne pense pas que ca soit la meilleure position pour discuter « Ah oui ? Maintenant tu as des choses à me dire ?" lui dit-il d’un ton si narquois et si désagréable qu’elle crut ne pas reconnaitre son Malal, ce jeune homme doux, attentionné, prévenant, calme, souriant, simple qu’elle avait toujours aimé. Elle décida de garder son calme pendant que Malal lui proposait d’entrer dans la chambre, mais d’une manière tellement désagréable, comme s’il le faisait contre son gré, qu’elle refusa finalement l’invitation , et à ce moment là, elle ne put tempérer sa colère, elle cria pas, mais tient ces propos au jeune homme « Ecoutes Malal, je ne suis pas venue ici pour me disputer avec toi mais depuis maintenant deux semaines tu inquiètes tout le monde par ton comportement, je n’arrive pas à te joindre et lorsque tu me réponds tu m’alignes à peine deux mots et je ne comprends pas la raison de ce brusque revirement de comportement, que se passe t-il ?" Il émit un rire sarcastique et leva les yeux au plafond « elle dit qu’elle ne comprend pas.. et bien je vais te laisser le soin de résoudre ce problème toute seule car tu devrais le savoir » Sur ces paroles intrigantes, Malal ferma la porte et ralluma la musique plus fort, laissant une Lallah mi perplexe, mi vexée sur le pas de la porte, qui ne comprenait toujours pas ce qui se passait autour d’elle. « Le problème viendrait donc de moi ?...Pourtant je ne me rappelle pas l’avoir offensé pour qu’il puisse réagir de la sorte, notre relation a toujours été basée sur le respect mutuel… " Après quelques minutes où elle resta pensive, essayant tant bien que mal de trouver la cause de ce comportement maussade, elle en arriva à la conclusion que Malal lui faisait des caprices et qu’il y avait un réel malentendu entre eux. Elle osa alors frapper à nouveau à sa porte pour lui demander une fois de plus de l’éclairer sur la situation. Malal ouvrit la porte, le téléphone à la main, il ne lui prêta même pas attention et dévala les escaliers pendant que la sonnette de chez eux retentit. Ne comprenant pas, elle le suivit dans les escaliers et quelle ne fut pas sa surprise lorsqu’elle aperçut Fafa sur le pas de la porte, vête d’une affriolante minirobe, vulgaire à son goût crier de sa voix stridente : « Bébééééééééééééé, comment tu vas ? » en faisant la bise à Malal « Bien, on y va ?» lui dit-il en refermant la porte derrière lui, sans même dire au revoir à ses sœurs qui étaient témoin de la scène et qui n’ont pu placer un mot, tellement elles étaient sidérées par cette jeune filles qu’elles n’aimaient guère. En effet elles savaient que Fafa a toujours été la soit disant « amie » de leur cher frère qui, semble-t-il, ne réalisait pas une seule seconde que cette dernière pourrait ne s’intéresser qu’a son matériel à sa position sociale. Elles avaient tenté de le lui faire reconnaitre à plusieurs reprises mais il faut dire qu’il semblait aveuglé, il faut dire que Fafa était plutôt habille et manipulatrice et tirait bien son épingle du jeu. Ce genre de femme était si dangereuse et sans scrupules, elle vivait comme bon lui semblait et n’hésitait pas à briser des relations fraternelles. C’était ce genre de femmes qui ne méritaient rien et qui étaient sans valeur. Quelques instants après, elles entendirent le rugissement du moteur de la voiture de Malal qui démarrait. Anéantie et totalement déçue, Lallah retrouva ses chères amies, ne comprenant toujours pas ce qui se passait, elle était au bord des larmes Il la trompait, c’était flagrant et il voulait lui en attribuer la responsabilité Il lui faisait du mal du mal de manière effrontée Il l’humiliait ainsi devant ses sœurs Mais quel genre d’homme était ce Malal ? Totalement déçue et chagrinée, Lallah tenta de dissimuler sa tristesse par un sourire qu’elle voulait rassurant et prit congé de ses « belles sœurs » en leur donnant les friandises qu’elle avait à la base destinées à Malal. Ces dernières l’observèrent d’un air compatissant comme elles voyaient très bien que le comportement de Malal la blessait davantage. Elles lui proposèrent de rester un moment discuter avec, mais elle déclina gentiment leur proposition prétextant qu’elle devait aider sa mère à préparer le diner. Une fois au dehors de la maison, elle arrêta un taxi et ne put s’empêcher de retenir davantage son chagrin, des larmes coulèrent sur son visage et elle les essuya rapidement, elle était très confuse et en voulait terriblement à Malal « je ne chercherai même pas à te comprendre, reste avec ta sale attitude, je t’ai déjà oublié » se dit elle intérieurement Hello mes princesses, j’espère que vous allez toutes bien, juste pour m'excuser du retard mais j’étais très prise par le travail ces derniers temps, big up à Mouni, Annette, Lashuana , Ciela, Bellad, Yayoupa, ID, Medina, et toutes les autres ! Take care et bon dimanche !!


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