Adama, Mariame (12)

lun. 5 oct. 2020, Mariame, par Bessy

Mariame lui fit un timide sourire pendant que sa mère continuait à discuter avec tonton Moustapha qui observait les deux jeunes gens avec attendrissement, l’air satisfait.

Un silence bien pesant s’était installé dans la voiture entre Mariame et tonton Moustapha, en effet ce dernier s’était contenté de lui dire bonjour et de démarrer la voiture, tout en affichant une mine bien maussade. Après un très long moment de silence, pendant lequel il semblait ruminer une idée dans sa tête, se demandant probablement s’il était nécessaire qu’il lui en parle ou pas, il adressa enfin la parole à Mariame : « Qui sont ces jeunes gens avec qui tu étais tout à l’heure ? » « Ce sont mes amis » « Ah oui ? Je ne les ai jamais vus » « C’est tout à fait normal car nous ne nous voyons qu’occasionnellement, Max est le fiancé d’une amie je ne le vois que lorsqu’il vient la chercher » Bizarrement, un petit sourire se redessina sur le visage de tonton Moustapha qui semblait rassuré et soulagé par les derniers propos de Mariame. « Ah comme ça c’est le fiancé de ton amie… » Il osa enfin se retourner vers Mariame qui le regardait d’un air posé, bien qu’elle se demandait à quoi était dû ce brutal revirement d’humeur. « Tu sais Mariame », reprit il « Tu es une personne précieuse à mes yeux et je n’aimerai pas savoir que tu fréquentes n’importe qui… Tu sais les jeunes hommes d’aujourd’hui sont parfois peu responsables et ne pensent qu’à jouer avec les sentiments des jeunes femmes comme toi » Il marqua une courte pause, puis enchaîna. « J’aimerai te savoir en sécurité à tout moments, vois-tu ? Tu es une jeune femme bien éduquée et tu mérites le meilleur » Mariame répondit par un timide merci, n’osant même pas lever les yeux vers tonton Moustapha. Le reste du trajet se déroula bien calmement, tonton Moustapha donnait de temps en temps des conseils à Mariame sur la vie et l’incitait à faire attention à elle. Une fois devant l’immeuble de Mariame, tonton Moustapha pris congés d’elle et l’informa qu’il rendrait visite à sa mère demain et lui demanda de transmettre le message à cette dernière. Arrivée chez elle, il n’y avait personne, Mariame se dirigea alors directement vers sa chambre et se jeta sur le lit. « Que peut-il bien me vouloir, tonton Moustapha ? J’ai vraiment l’impression qu’il me surveille constamment…Et pourquoi souhaite-t-il obtenir tous ces renseignements sur ma vie sentimentale ? Il faudra que j’en parle à maman aujourd’hui ! » Mariame s’endormit sur ces pensées et fut réveillée quelques heures plus tard par Lallah qui affichait une mine bien joyeuse, en effet cette dernière, pensant être la première arrivée à la maison, s’était mise à chanter haut et fort une chanson d’amour en mentionnant un certain «Malal»… Thiey, sa petite sœur l’étonnera toujours, elle ne lui avait pas encore parlé de cette personne à qui elle semblait bien attachée. Mariame se leva donc avec l’intention de questionner sa petite sœur sur la raison de sa joie et sur ce « Malal » qu’elle mentionnait quand la porte du salon s’ouvrit de nouveau, cette fois ci c’était sa maman qui venait d’arriver du travail, elle avait apparemment fait des courses pour la semaine comme le témoignaient les nombreux sacs remplis de légumes et viandes qu’elle tenait, elle se précipita alors vers elle et l’aida à se débarrasser de ses affaires. Elle l’aida ensuite à rationner la viande qu’elles rangeaient ensuite dans des petits sachets de congélation pendant que sa mère lui donnait des nouvelles du marché « Tu as le bonjour d’Aida » A l’évocation du prénom de son amie un sourire se dessina sur le visage de Mariame « Elle me manque beaucoup ! Quand est ce qu’elle viendra nous rendre visite ? » Répondit elle « Je le lui ai proposé, elle viendra passer la journée demain » reprit sa mère, sous le regard satisfait de Mariame, qui pensait déjà à l’énergie débordante de son amie qui lui racontera sans doute toutes les nouvelles du marché. « Autrement j’ai croisé Moustapha tout à l’heure et il m’a dit qu’il passerait demain pour discuter » annonça sa mère « Discuter diame ? » (Discuter ?) de quoi ? » Se demanda intérieurement Mariame qui commençait, bien malgré elle, à avoir des suspicions sur les intentions de tonton Moustapha… en plus de la surveiller de très prés, il voulait maintenant avoir une sérieuse conversation avec sa mère, c’est bien bizarre. Mariame s’efforça de garder son calme, bien que sa tête fût ailleurs, sa mère reprit alors : « J’ai aussi un de mes fidèles clientes qui dit très bien te connaitre et qui te passe d’ailleurs le bonjour qui est à la recherche d’une employée de maison, j’ai examiné tout mon répertoire mais je ne connais personne de disponible…Connais tu quelqu’un, toi ? » C’est à peine si Mariame avait entendu sa mère, c’est la douce main de cette dernière qui venait tapoter son épaule qui la sortit de ses pensées. « Tu es ailleurs ma chérie » « Excuse-moi maman, je me renseignerai auprès de mes amies pour voir s’il y en a une qui pourrait faire l’affaire reprit elle ». La soirée passa très lentement pour Mariame qui n’arrêtait pas de se poser des questions sur les raisons de la visite de tonton Moustapha quand elle reçut un appel de Meryem. « Salut Merry, comment vas-tu ? » « Hello ma biche, ça va bien et toi ? Oulaa, c’est quoi cette voix tristounette là ? » « Je dormais c’est pour cela » fit Mariame, qui n’aimait pas trop embêter ses amis avec ses petits soucis. « Tu peux la faire à d’autres mais pas à moi ! » reprit Meryem, qui, comme à son habitude, était perspicace et ne démordait jamais lorsqu’elle pensait voir juste. « Je te promets Merry, n’insiste pas » « Tu n’étais pas ainsi tout à l’heure et je te connais bien ma jolie, lorsque je t’appelle c’est toujours la joie, mais aujourd’hui tu es différente…Tu as eu des soucis avec quelqu’un ? » « Non » Après un court moment de réflexion, elle lança « tonton Moustapha, c’est ça ? » Le silence qui s’en suivit conforta Meryem dans sa position. « J’en était sûre ! » Ayant besoin d’une oreille attentive à qui se confier comme elle savait que ruminer une idée en elle-même lui faisait parfois du mal, Mariame se décida à faire part de ses doutes à son amie qui l’écouta très attentivement. « Tu verras bien ce qu’il te veut demain s’il plaît à Dieu, peut être que tu te trompes, mais si c’est pour demander ta main, saches que ta mère ne le laissera sûrement pas faire, les mariages forcés c’est fini tout ça là ! » Mariame sourit à la remarque de son amie, et lui dit qu’elle l’en informera le lendemain. Meryem, en bonne amie, remua ciel et terre pour obtenir un rire de son amie avant de raccrocher en lui rappelant une anecdote qui avait le don de la faire rire que leur avait raconté un de leur professeur. Après cela, Mariame raccrocha et s’endormit à l’instant même, tellement soulagée d’avoir été écoutée et d’avoir sorti cette peine qu’elle avait intériorisée. Le lendemain, la journée débuta joyeusement avec l’arrivée de Aida qui avait le don de mettre l’ambiance partout où elle pouvait se trouver, ainsi, elle tint compagnie à Mariame et sa sœur. Après le déjeuner, les jeunes filles décidaient de faire un « ataya » dans le salon, à ce moment même le portable de Lallah sonna et après avoir jeté un rapide coup d’œil à l’écran et avoir affiché un large sourire, cette dernière alla s’enfermer dans sa chambre pour répondre, sous le regard malicieux de Aida. Mariame pensa que ce Malal devait y être pour quelque chose. Peu après, pendant que Mariame et Aida étaient en pleine discussion, la sonnette de l’appartement retentit. « Ce doit être Moustapha, va ouvrir la porte Mariame » lui demanda sa mère. Mariame se leva alors pendant que Aida lui faisait une grimace du genre « iii donc legui tonton Moustapha se rend chez toi ? », Mariame, dont le cœur battait à tout rompre se dirigeait maintenant vers la porte qu’elle ouvrit, mais quelle ne fut pas sa surprise lorsqu’elle aperçut tonton Mustapha accompagné d’un jeune homme qui lui ressemblait terriblement. « Bonjour Mariame, je te présente mon fils » lui fit-il alors que le jeune homme plongeait son regard perçant dans celui de Mariame. Elle les salua et les invita à entrer, elle les installa dans le salon auprès de sa mère, qui elle, semblait bien connaitre le jeune homme qu’elle appelait par son prénom. « Adama ! Que tu as grandi jeune homme, ça fait bien longtemps que je ne t’ai pas revu ? Quand est tu revenus ? » « Depuis bientôt un mois, j’aurais dû venir vous rendre visite mais je voulais régler quelques affaires avant cela, comment vas-tu maman ? » « Je vais très bien mon fils, tu n’as pas changé, toujours aussi charmant et courtois, et ta mère, comment va-t-elle ? » « Très bien, elle te transmet le bonjour » « Je te présente ma fille, Mariame, tu l’as croisé à quelques reprises lorsque vous étiez plus jeunes » « Je ne l’ai pas oubliée, fit il en adressant à Mariame un charmant sourire, par contre je pense qu’elle m’a oublié » Mariame lui fit un timide sourire pendant que sa mère continuait à discuter avec tonton Moustapha qui observait les deux jeunes gens avec attendrissement, l’air satisfait. Bisous yenn gneup ! prenez soin de vous:)!!!


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